Archives par étiquette : Tokyo Opera City

M

Le 11 mars 2012

Un an donc. Personne n’a oublié et en ce moment, personne ne pourrait oublier tellement les médias s’en donne à cœur joie pour nous rabattre les oreilles sur le sujet.
Nous, à Neon, on voulait vous faire part de quelques manifestations qui se dérouleront dans la capitale histoire de faire quelque chose plutôt que de rester accroché à son écran. Sélection.

– Sélection 1 – (affiche ci-contre)
Un rassemblement anti-nucléaire par Metropolitan Coalition against Nukes commencera au parc Hibiya à 14h. Il sera suivi d’une prière à 14h46 puis d’une manifestation à partir de 15h.
集合場所:日比谷公園中幸門(日比谷公会堂裏)
日比谷公園中幸門:千代田線・日比谷線「霞ヶ関駅」C1出口より200m、丸の内線「霞ヶ関駅」B2出口より300m、都営三田線「内幸町駅」A7出口より150m
Site officiel en japonais

– Sélection 2 –
Un autre rassemblement anti-nucléaire par le Comité d’action du 11 mars aura lieu autour Shakai Bunka Kaikan à 16h. Il y aura une marche jusqu’au Parlement à partir de 16h30 avec constitution de chaîne humaine autour du bâtiment. À partir de 18h, il y aura une manifestation devant la maison officielle du Premier ministre.
16時 社会文化会館前に集合 最寄駅:有楽町線・半蔵門線「永田町駅」)
16時30分頃 出発(二手に分かれて議事堂エリアを囲みます)
★17時   「人間の鎖」(1回目)
★17時45分 「人間の鎖」(2回目)
☆18時~19時 首相官邸前アクション
Informations en français

– Sélection 3 – (couverture)
Nos partenaires et amis du M Event Space & Bar à Daikanyama organisent un événement caritatif pour les victimes du Tohoku avec Tomodachi calling. Venez faire un don pour le Tohoku et voir des artistes comme Takeru Amano, Marie-Min Berthuin, Baptiste entre autres ! La première partie se déroulera de 13h00 à 17h puis la seconde de 17h30 à 23h. Entrée 500 yens avec une boisson.
Plus d’informations sur la page Facebook du M

– Sélection 4 –
Si vous vous rendez à Art Gallery de Tokyo Opera City ce jour-là, toutes les entrées seront reversées intégralement à une fondation de conservation du patrimoine artistique de Tohoku. Informations en japonais

– Sélection 5 –
Devant le théâtre national, le gouvernement organise un dépôt de fleurs en mémoire aux victimes à partir de 14h30. Site du théâtre national

Daichi Ano

Tokyo Metabolizing : Rencontre avec Koh Kitayama

Pour terminer avec l’expo de Tokyo Opera City, Tokyo metabolizing, nous avons posé quatre questions à l’architecte Koh Kitayama d’Architecture Workshop.
Interview.

NEON Magazine : Comment s’est passé le travail de sélection des architectes et de leurs travaux présentés à Venise ?

Koh Kitayama : Le concept de l’exposition, c’est de partir non pas d’une construction particulière pour raconter la ville, mais de s’intéresser aux habitations sans nom qui en recouvrent la plus grande part. Ces quartiers d’habitation n’ont pas cessé d’évoluer, et depuis l’entrée dans le 21e siècle, de nouvelles formes, une nouvelle façon de penser les choses même, a commencé à voir le jour. Ça donne des habitations ouvertes sur le voisinage, une architecture centrée sur l’idée de voisinage et des relations entre les habitants. House et Atelier Bow-Wow et la Moriyama House (ndlr : voir notre article précédent) en donnent de parfaites illustrations. Nishizawa et Tsukamoto sont pour moi deux des architectes les plus importants de leur génération, la génération de ceux qui ont dépassé la quarantaine. Pour moi, ce sont eux qui représenteront l’architecture japonaise dans les années à venir.

NM : À travers ce pavillon, c’est l’architecture japonaise contemporaine qui a été représentée. Comment la définiriez-vous ? Et d’ailleurs, croyez-vous à l’idée d’une architecture nationale, avec des caractéristiques, une identité communes ?

KK : Alors ce serait le pavillon du Japon de Takamasa Yoshizaka qui date de 1956. C’est un bâtiment qui porte la marque de son époque, qui est celle des architectes du mouvement métaboliste. C’est aussi une réalisation importante en ce qu’elle est l’une des premières à avoir marqué l’émergence du Japon dans le monde de l’architecture.

NM : Vous le dites dans le catalogue, c’est la société qui produit architecture. On le voit par exemple dans les façons dont Ryue Nishizawa et Bow-Wow pensent l’habitat dans une ville où le foyer moyen compte moins de 2 personnes. Mais pensez-vous que l’architecture puisse influer sur la société et sur le mode de vie ?

KK : La structure de la société japonaise est en train d’évoluer. On est sortis de l’époque où la famille occupait une place centrale pour entrer dans une époque nouvelle, marquée par de nouvelles formes de vie en communauté. Chez Atelier Bow-Wow, cela apparaît dans la manière de mêler habitat et lieu de travail. Le couple d’architectes et les employés de leur agence cohabitent dans un même espace. Les « unités » de la Moriyama House sont elles trop petites pour que des familles y habitent. Y vivent des personnes qui elles-mêmes, parce qu’elles sont réunies ainsi, forment une sorte de nouvelle famille.

Avec l’émergence d’une architecture comme celle-ci, c’est l’idée qu’il y a d’autres façons de vivre ensemble qui prend de l’importance. Et de cette façon, avec toutes les personnes qui adoptent cette manière de vivre et cette architecture nouvelles, c’est la ville elle-même et les paysages de Tokyo qui se transforment, comme le fait la mode.

NM : Comment imaginez-vous Tokyo dans 100 ans ?

KK : Tokyo, lorsque l’on sort de son centre, est certainement d’un point de vue urbanistique, la ville la plus démocratique au monde. La ville et la façon dont elle change échappe à toute sorte de contrôle, que ce soit celui d’un parti politique, comme en Chine, ou celui de la puissance économique, comme à Dubai par exemple. La ville appartient complètement à ses habitants, à sa population. Si c’est ce que veulent les gens, alors on peut imaginer que la ville ressemblera à ce que nous propose la Moriyama House, des sortes de villages où tout le monde se connaît, qui laissent une place prépondérante aux relations entre les gens : des lieux d’habitation et de travail proches les uns des autres, des voisins qui se connaissent et se saluent toujours. Des quartiers agréables à vivre, où l’on profite aussi des espaces extérieurs et de la végétation. C’est comme ça que j’imagine les choses, des habitants qui vivent dans ce que l’on pourrait appeler des communautés.

L’expo se termine le 2 octobre. Si vous ne l’avez pas encore vue, courez !
Tokyo Metabolizing
Tokyo Opera City Art Gallery

Tokyo Metabolizing : rencontre avec Shinobu Normura, curatrice de l’exposition

Troisième fois déjà que l’on vous en parle dans NEON, c’est dire combien on a aimé l’exposition Tokyo Metabolizing, à la Tokyo Opera City Art Gallery jusqu’au 2 octobre. Pour en savoir plus, nous sommes allés à la rencontre de Shinobu Nomura, la curatrice de cette expo immanquable. Interview.

NEON Magazine : Pourriez-vous présenter le concept de l’exposition ?
Shinobu Nomura : La première chose est que cette exposition fut montrée à la Biennale de Venise en 2010. Le commissaire Koh Kitayama et son exposition « Tokyo metabolizing » fut choisi parmi plusieurs candidats. Le concept de l’exposition est de montrer la personnalité de Tokyo, de la ville de Tokyo du côté de l’habitat, des maisons par exemple. Et dans cette exposition, à Venise, les maisons de l’atelier Bow-Wow et la maison Moriyama de Ryue Nishizawa furent présentées comme deux exemples de projets d’habitation. Deux exemples qui illustrent les problèmes auxquels sont confrontés les architectes à Tokyo maintenant. Pour l’exposition à Tokyo, nous avons pensé que les gens connaissent déjà la situation à Tokyo parce qu’ils y vivent donc nous avons voulu montrer plus que les deux exemples de la Biennale. Il fallait en voir plus, trois étant un bon nombre. Nous avons donc discuté avec les architectes et nous avons décidé d’étendre, de développer le concept de la ville et Nishizawa san et Tsukamoto san ont demandé à Kitayama san de participer. Nous avons donc inclus le projet des appartements de Yutenji.

Ce qui est commun à ses trois exemples est le thème de la communauté, le rapport public/privé et la relation entre les habitations et la ville. De plus, le mot-clé est « famille », donc la relation des personnes entre elles. L’idée de « famille » n’est pas celle de la relation sanguine entre les gens mais une relation plus ouverte. D’ailleurs, à Tokyo le nombre de personnes par foyer est passé en-dessous de 2, ce qui signifie qu’il y a beaucoup de célibataires, de personnes qui vivent seules. Le concept de famille doit donc être élargi et des personnes seules peuvent vivre « ensemble ». C’est ce que les architectes cherchent à développer dans cette exposition.

Quand vous entrez, on vous présente trois villes importantes : Tokyo, Paris et New York avec leur concept global et leur histoire expliqués de manière très simple. « City of monarchism » pour Paris – ce qui n’est probablement pas la meilleure façon d’appeler cette ville mais cela en donne une bonne idée -, « City of capitalism » pour New York et « A metabolizing city » pour Tokyo pour expliquer la situation ici.

« Metabolizing »… le mouvement métaboliste est né il y a 50 ans avec des urbanistes et architectes japonais – notamment Tange Kenzo – qui avaient cette vision des villes du futur flexibles avec une structure extensible, chaque élément architectural étant vu comme un être vivant rendant leur croissance organique. Aujourd’hui, ce n’est pas une vision commune de l’architecture mais nous avons ce passé que Kitayama san a justement voulu étudier à nouveau, particulièrement à Tokyo depuis les débuts du mouvement. Selon lui, l’ensemble de toutes ses habitations individuelles qui sont renouvelées en permanence est l’essence même du métabolisme de la ville.

NM : Pourquoi le choix des appartements de Yutenji dans tout le travail de Kitayama san ?
SN : En fait, nous avions d’abord pensé mettre « Apartment SK » au lieu de ceux de Yutenji mais nous avons choisi Yutenji pour deux raisons. La première est que les alentours de SK ne sont pas des petites maisons, c’est plus commercial et nous avions décidé de montrer son travail à l’échelle 1/20 ou 21 et les alentours sont très importants. De plus, les exemples de Nishizawa san et Atelier Bow-Wow sont construits dans un environnement de petites maisons individuelles. L’autre raison est que nous avons reconstitué les constructions avec une échelle de 1/2 – ce qui est grand – pour la maison Moriyama et l’atelier Bow-Wow mais cela aurait été trop couteux avec la résidence de Yutenji et Kitayama san n’a pas vu cette nécessité justement par rapport aux alentours qui sont plus importants qu’une reconstitution à une échelle 1/2.

NM : Les petites habitations sont elles une image de Tokyo ?
SN : Pas vraiment puisque nous avons encore les villes dans le centre de Tokyo comme les zones commerciales ou les quartiers de bureaux. Il y a de grands immeubles rutilants. De plus, il faut faire la différence entre le « centre », les coins qui jouxtent le centre et la grande banlieue. Pour tout vous dire, dans la première salle, nous montrons les centres de Paris ou New York mais pas celui de Tokyo… mais c’est aussi le concept de Tokyo : un mélange d’endroits de bureaux ou commerciaux et ses zones résidentielles, comme une mosaïque.

Takashi Homma - New Documentary"

Takashi Homma, « New Documentary »

Takashi Homma - PortraitTakashi Homma est un chroniqueur.
Avec ses photos, il nous montre un Tokyo loin des paillettes, un album de famille, une chaîne de restauration rapide, la vie de tous les jours d’une petite fille ou encore des traces de sang sur la neige. Son bonnet en coton vissé sur la tête, il se balance sur sa chaise tout en répondant aux questions pour parler du choix du titre de sa rétrospective. Il parle de son travail sans vraiment en parler parce que ça ne l’intéresse pas d’en faire une analyse. Il parle avec son cœur, signe son œuvre de son sang justement. Lui, il veut juste que les gens voient ce qu’ils ont envie de voir devant ses photos. Comme si ce n’était pas déterminé. Une chose est sûre pourtant, New Documentary montre bien à quel point il ne veut pas qu’on le rattache au photo-journalisme. Ce nouveau documentaire se différencie de l’uniformité des images qu’on nous balance tous les jours, surtout en cette période de catastrophe nationale après le séisme du 11 mars, parce qu’il souhaite montrer des points de vue différents. D’ailleurs, l’organisation de l’exposition a été revue jusqu’à la dernière minute. On entre par la sortie habituelle, l’emplacement des photos a été finalement décidé vers 5 heures, le matin du vernissage.
On navigue donc dans le grand cœur de cet homme modeste avec cette rétrospective qui n’en est pas tout à fait une. Interview.

 

Neon Magazine : Pourriez-vous vous présenter s’il vous plaît ?
Takashi Homma : Je suis un photographe qui s’intéresse à l’art contemporain et à la photographie. En fait, au Japon, la plupart des gens pensent que la photographie est juste de la photographie, que ce n’est pas un art contemporain. Mais je dirais que la photographie est en rapport avec l’art contemporain. C’est pour cette raison que je fais des expositions dans des musées d’art contemporain.

NM : Vous voulez dire que vous ne voudriez pas exposer au musée de la photographie à Ebisu par exemple ?
TH : Oui, en fait, il y a plusieurs années, ils m’ont contacté mais j’ai refusé pour cette raison précise. Le musée de la photographie d’Ebisu n’est pas un musée d’art contemporain. Dans quelques temps, je n’exclus pas la possibilité d’exposer là-bas mais d’abord, pour une grande exposition comme celle-ci, je tiens à le faire dans un musée d’art contemporain. Comme à Kanazawa au musée du XXIe siècle où cette rétrospective a commencé.

NM : Comment définissez-vous votre travail ?
TH : Avec cette exposition, j’avais la possibilité de montrer tout mon travail mais je n’ai pas souhaité cela. J’ai voulu montrer mes travaux récents, mes travaux en cours. En fait, l’idée de faire une rétrospective qui montre tout ne m’intéresse pas en soi. Donc j’ai décidé de changer le concept de cette exposition avec mes travaux en cours. C’est ce qu’on peut voir réparti ici dans les différentes pièces.

NM : Selon vous, quelle est la constante dans votre travail ?
TH : Les gens me disent souvent que ce que je fais est très disparate, que mes travaux sont très disparates. Mais pour moi, il n’y a pas de différence. Je choisis toujours le concept et le sujet n’est pas si important. Je recherche une façon de prendre des photos, une façon de faire en tant que photographe. Ici, j’ai mis New Documentary (NDLR : titre de l’exposition) parce que les gens pensent au documentaire comme une partie intégrante du journalisme, comme dans les reportages photo des magazines par exemple. Pour moi, ce n’est vraiment qu’un aspect… je réfléchis à d’autres façons, des chemins alternatifs parce que je pense qu’il y a beaucoup de manières d’approcher un thème ou un fait de société. Je veux ainsi proposer plusieurs chemins pour voir un documentaire. Par exemple, avec Tokyo and my daughter, j’ai fait un album photo. L’album photo de famille est un type de documentaire très important. Surtout avec le séisme du 11 mars, beaucoup de gens ont perdu leur famille et l’album de famille est un devenu un objet précieux pour eux quand ils le regardent. C’est un souvenir, une chose très importante et la photographie leur rappelle ce qui est perdu par exemple.

NM : Votre travail est-il objectif alors ?
TH : Les gens font ce qu’ils veulent de mes photos. Je propose une façon de voir ce qui m’entoure mais l’audience est libre de le voir comme elle le veut. Pour moi, un bon travail ou une bonne photo se trouve dans la combinaison de toutes les façons avec lesquelles on peut la regarder. Par exemple dans Trails (NDLR : son dernier travail), les gens voient ce qui apparait devant leurs yeux comme bon leur semble. « Oh, c’est du sang de cerf » pour l’un ou « Tiens des taches de peinture ! » pour l’autre et ça c’est ok. Justement, tout à l’heure, une femme qui m’interviewait me demandait : « Mais comment vous avez fait pour mettre du sang à cet endroit ? » (rires) Mais je trouve ça super, ça me fait plaisir. Une personne va voir du sang, une autre de la peinture ou autre chose et c’est ce que je veux !
À l’opposé, le documentaire photographique typique ne propose qu’une lecture : « Oh, regardez cet enfant qui meurt de faim ! » ou quelque chose comme cela. C’est très triste parce qu’il y a plein de possibilités dans chaque photo et que c’est ainsi qu’il faut les montrer.

Expos, la sélection de l’hiver

ExpositionsA venir ou en cours, une sélection forcément subjective des meilleures expositions du moment.

S’il reste assez méconnu du grand public, Yutaka Sone n’a pourtant rien du débutant. Ses sculptures comme ses installations ont fait le tour du monde, à la Biennale de Venise par exemple en 2003, et l’artiste aujourd’hui installé à Los Angeles compte parmi les figures de l’art contemporain japonais. Deux expositions lui sont consacrées en ce début d’année. Perfect moment, large rétrospective reprenant ses derniers travaux à la Tokyo Opera City Art Gallery, et Snow, au Forum de la Maison Hermés. A découvrir.

Perfect moment, du 15 janvier au 27 mars à Tokyo Opera City Art Gallery
Snow, du 10 décembre au 28 février au Forum de la Maison Hermés
Pour en savoir plus sur Yutaka Sone

A quelques mois de sa première grande rétrospective, au Guggenheim de New-York en juin prochain, c’est au SCAI The Bathhouse que Lee Ufan expose les dernières pièces de son oeuvre minimaliste. A Naoshima, un musée entier est depuis l’an dernier consacré à cet artiste né en Corée du Sud et qui partage aujourd’hui son temps entre Paris et Kamakura. En plus d’être une excellente galerie, le SCAI Bathhouse a l’avantage d’être incomparablement plus proche et accessible. Pourqui bouder son plaisir ?

Lee Ufan
Du 14 janvier au 5 mars
SCAI The Bathhouse

11ème de la série « I Love Art », Heartbeat réunit quelques-uns des plus grands noms de l’art contemporain : Andy Warhol, John Cage, Nam June Paik… Au total, ils sont 14 pour une expo qui se divise en 3 sections, 3 chapitres : « Heartbeat of the Times », « Poems for the Age » et « Infinite Rhythm ». Les 96 oeuvres exposées font partie des collections du musée et c’est Ryuichi Sakamoto qui signe la bande-son de l’ensemble. Rien que ça.

Heartbeat
Du 22 janvier au 17 avril
Watari-Um

Photo (haut) Courtesy the artist and David Zwirner