Archives par étiquette : Photographie

Bruce

31/3/12 – Clash @ Ageha

Ce samedi 31 mars 2012, à Ageha, a eu lieu la soirée CLASH.
Un tel plateau a bien sûr fait salle comble et il va sans dire que la qualité musicale était au rendez-vous. On a eu aussi un gros coup de cœur pendant le set de Planetary Assault System, le saxophoniste présent sur scène a donné un peu plus de couleur à une performance qui était déjà excellente. Et aussi, les animations sur écran géant ont décoiffé.
Vivement la prochaine !

Programmation
[ARENA]
GUEST LIVE : Planetary Assault Systems a.k.a LUKE SLATER(UK)
LINE UP : Joel Mull(SWE), Takky Ishino, DJ Sodeyama, VJ : VJ Nakaichi
[ISLAND]
LIVE : dsitb
LINE UP : Shigeto Takahashi, Tadashi Oda, Aki Yoshioka, chivarhythm, Dazy a.k.a W.T.R, AGB
LIGHTING ART DIRECTION : KEVIN 8
[WATER]
GUEST : Masanori Morita
LINE UP : Dantz, TakuyaTokyo, DJ Ayumi and more
[BOX]
LINE UP : colorcolumn, sayuka, Masahiro Sato, ayabe, Rosso
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Neon magazine

3/3/12 – 06S @ Womb

Le samedi 3 mars 2012, le club WOMB à Shibuya a présenté des artistes du label EXIT RECORDS qui ont ravi ce soir-là tous les amateurs de drum and bass venus pour l’occasion.

dBridge et SP:MC, les invités de cet événement ainsi que dj aki des soirées 06S, ont tenu en haleine une salle comble pendant la majeure partie de la soirée. On s’y est rendu pour vous rapporter quelques images images de l’ambiance.
Photos : Bruce
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Bruce Mennel

Music & Visual @ M Daikanyama

Retour des party snaps sur Neon magazine et retour au M en ce début d’année 2012.
Pré-event du mois du numérique qui commence la semaine prochaine, nous étions au M ce samedi soir pour voir Amano Takeru, Pokara de l’équipe « Seed » et écouter quelques lives au programme avec notre ami hajimeinoue et Artlism.jp et un show de Coppe de Mango Sweet Rice ou encore des créations de Glmn.
Neon profite aussi de cette occasion pour débuter une nouvelle collaboration avec Bruce, notre party reporter.

Petit aperçu de la soirée. Photos by Bruce.
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Aguri Sagimori et Mote Sinabel

Rencontre avec Aguri Sagimori et Mote Sinabel

Très intrigué par les clichés de la dernière collection d’Aguri Sagimori, Neon magazine est allé à la rencontre des deux artistes pour en savoir un peu plus sur leur collaboration. Ils nous ont reçu dans un showroom à Ebisu où nous avons pu discuter autour d’une table, des guimauves enrobées de chocolat et les photos de la collection devant nous.
Cedric Riveau

Sur son site, Aguri Sagimori présente sa collection Animisic ainsi :

Animisic est animal, animé, animation, musique.
Les images de la situation dansent avec un animal en étant mélangé. Je veux créer des choses que je peux ressentir directement en moi. Des choses qui ne nécessitent pas d’explications avec de longues phrases et non des choses auxquelles je pense de façon désordonnée.
Excepté la critique, la colère ou ce qui y ressemble, je rejoins tout ce qui m’est cher.
Ce que je fais est centré à partir de la communication avec les êtres humains puis je crée. Cependant, je l’ai mélangé avec l’existence contre laquelle je me blottis de manière plus plate cette fois-ci.
Vous êtes dominé par les mots si vous les admirez trop.

Vous trouverez des photos de la collection en bas d’article.

Neon magazine : Animisic mélange « animal », « animation », « musique »…
Aguri Sagimori : Oui, c’est ça.

NM : Pourquoi des photos cette fois-ci ? (NDLR : la dernière collaboration entre eux avait conduit à la vidéo naquid.)
Mote Sinabel : Nous n’avons pas eu assez de temps. Et le budget était plus limité aussi. Nous voulions faire une vidéo et c’est d’abord à la vidéo que nous pensions en fait.

NM : Comment votre collaboration a-t-elle commencé ?
AS : Au départ, je voulais faire une vidéo. Et il y a trois ou quatre saisons, Etsuko Meaux m’a montré plusieurs travaux dont celui de Mote. Je suis devenue fan !
MS : Oui, c’est Eiko Saeki et Etsuko Meaux qui nous ont présenté l’un à l’autre puisqu’elles travaillaient chacune avec l’un de nous. (NDLR : Saeki san et Meaux san travaillent comme relations publiques pour la mode.) Aguri et moi nous sommes rencontrés longuement à Paris. Aguri avait donc déjà vu mon travail avant ce premier rendez-vous.

NM : Et vous, connaissiez-vous le travail d’Aguri auparavant ?
MS : Non. Comme je suis basé à Paris, je ne connaissais pas encore son travail.

NM : Comment s’est passée la collaboration pour Animisic ?
MS : Aguri et moi, on se comprend très bien. Il y a une excellente connexion entre nous.
AS : Mote peut faire beaucoup de choses : de la vidéo, de la photo… mais l’idée de départ était de revenir à des ustensiles moins sophistiqués, des techniques non numériques, ce qu’il a accepté sans problème. Et nous nous sommes stimulés l’un et l’autre. Les dessins sont vraiment beaux et il a fait cela en deux heures !
NM : Vous avez peint sur un mur ?
MS : Non, non, sur un papier noir posé sur le sol. Comme elle mentionne les animaux dans le nom de sa collection, j’ai fait des dessins qui se rapprochent des animaux avec un contraste noir et blanc.
AS : Ensuite, nous avons fait les photos ici à Tokyo, avant la présentation de la collection à Paris.
MS : J’ai fait les dessins et les photos le matin même et je suis rentré sur Paris ce jour-là !

NM : Aguri, qu’est-ce que vous aimez dans le travail de Mote ?
AS : Il y a plein de choses en fait… (elle réfléchit) J’aime tout en fait ! (rires) Le côté sombre qui me correspond… mais c’est plutôt notre travail ensemble. Il suffit que je dise vaguement ce que je veux et Mote comprend tout de suite. Ca marche tout de suite. De plus, on se complète. Des choses auxquelles je n’ai pas pensé viennent de Mote parce qu’il comprend très bien mon travail. Quand il prend les modèles en main, ce qu’il produit correspond exactement à ce que je voulais faire sans même que j’ai à l’expliquer longuement.
MS : Sur mon site internet, on voit que mes premiers travaux sont effectivement assez sombres. Mais pour moi, c’est plus du zen, plus pointu. Et c’est justement cela qu’on partage tous les deux. Dès qu’elle dit quelque chose, paf, je comprends aussitôt et je peux le développer pour elle. Quand je travaille avec quelqu’un, je suis inspiré par ce qu’il ou elle fait et je peux me projeter dans ce que souhaite cette personne. Pour moi, la sensibilité est importante pour obtenir un résultat final intéressant. Et pour Aguri et moi, nos sensibilités sont justement très semblables.
NM : Et vous Mote, comment définissez-vous le travail d’Aguri ?
MS : (il réfléchit) De l’obscurité tordue. (rires) Même si pour moi, comme je le disais, ce n’est pas sombre, ce n’est pas négatif. Pour moi, c’est une image de tranquillité dans laquelle je peux sentir ce qui m’entoure.

NM : Quand on regarde naquid et quand on regarde animisic, on pense aux contraires comme par exemple les anges et les démons.
MS : Oui, oui. Noir et blanc. L’ombre et la lumière. C’est une combinaison dans laquelle nous nous exprimons. Les deux vont ensemble.
AS : Oui et le nom de la collection mélange aussi les genres. Je pense qu’on aime bien ça tous les deux.
NM : Nous, ce qu’on aime, c’est la force qui se dégage des clichés et aussi, il ne s’agit pas de clichés de mode traditionnels.

NM : Alors Aguri, vous avez réussi votre rêve : faire un défilé à Paris. (NDLR : voir notre article précédent) Comment ça s’est passé ?
AS : Je suis très heureuse bien sûr, le nombres de magasins a augmenté aussi mais pour les affaires, c’est plus dur. Qui plus est, le yen est très haut en ce moment. Donc pour le business, c’est dur mais faire un défilé à Paris, c’était un rêve.
Cedric Riveau
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Site d’Aguri Sagimori
Site de Mote Sinabel

Mami Tanabe

MAMI’s SNAPS


MAMI’s SNAP, un regard sincère et tendre sur l’actualité de la mode, de la nuit, et bien d’autres choses encore. C’est avec Mami Tanabe et c’est deux dimanches par mois dans NEON Magazine !

when /// 2011/12/16
where /// M DAIKANYAMA

2011/12/16 あなたは何をしていた? 私はdaikanyama M のPARTY[[M2-M DAIKANYAMA 2ND ANNIVERSARY PARTY]]に行ってきたよ。
Le 16 décembre, tu faisais quoi ? Moi, j’étais à la soirée des 2 ans du M à Daikanyama.

Mami’s Snapでもよく登場するM、行くたびに 毎回違う顔を見せてくれる。
Même si je vais souvent au M pour y prendre mes snaps, j’y trouve une ambiance différente à chaque fois.

今回も私たちゲストを楽しませてくれた。
Cette fois-ci aussi, les gens se sont bien éclatés.

このvideoは去年のANNIVERSARY PARTYのものhttp://vimeo.com/18551987撮影したのはKITSUNEY
Voici la vidéo de la soirée de l’année dernière, tournée par Kitsuney.

M DAIKANYAMA お誕生日おめでとう!これからもmugenkaiに私たちを楽しませてください!!
Bon anniversaire au M Daikanyama ! Continuez à nous proposer des super soirées.
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Tokyo vu par - Neon magazine

Tokyo vu par… Bruno Quinquet, photographe

Deux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.

Bruno Quinquet n’a pas toujours été photographe. A Paris, c’est comme ingenieur du son qu’il travaillait. Dans son fondement même, sa pratique de la photographie est donc indissociable de Tokyo, la ville qui l’a vue naître. Avec son Bureau d’études japonaises, il y photographie le réel, rien de plus mais rien de moins : Tokyo et ses intérieurs, Tokyo et ses salarymen dont les silhouettes dessinent la ville. Pour NEON Magazine, il a accepté de mettre en mots « son » Tokyo.

Neon magazineBruno Quinquet : « À ma première venue au Japon fin 2001, je ne me doutais pas que le bric-à-brac urbain que je voyais du train qui m’amenait de Narita à Tokyo deviendrait mon terrain de jeu dans une vie future. À l’époque, j’étais ingénieur du son parisien. Dix ans plus tard, me voila photographe Tokyoïte, à la tête d’un improbable « bureau d’études japonaises », atelier de recherches poétiques et photographiques.

Lorsque je me sens à cours d’inspiration pendant mes longues expéditions dans Tokyo, un passage au parc d’Hibiya s’impose. Cet écrin de verdure coincé entre ministères et quartiers d’affaires est pour moi un lieu de prédilection. J’y trouve le parfait cocktail business/nature qui forme la charpente de ma série « salaryman project ». Présenté sous forme d’agenda professionnel illustré, ce travail est une étude de la masculinité dans le monde de l’entreprise, doublé d’un jeu de cache-cache s’amusant de la tension entre photographie candide et vie privée. S’y exprime aussi un certain sens de la saison, perception qui s’est affinée chez moi au contact de la culture japonaise.

Un autre grand plaisir urbain est la découverte de vieux quartiers résidentiels. J’y glane des photos de boîtes aux lettres, fenêtres, plantes, tous ces signes extérieurs qui donnent une identité à chaque habitation et renseignent discrètement sur le style de vie de leurs résidents. De cette collecte est née la série 2LDK (appartement F3), photo collage ou j’installe des fenêtres inconnues dans des vues de mon propre appartement.

On reproche souvent aux villes tentaculaires de générer un certain anonymat. Personnellement, j’adore le sentiment d’isolement dans la foule et je me sens à l’aise avec la retenue japonaise. Je pense que ma découverte de la photographie au Japon m’a permis d’exprimer mon approche contemplative et intériorisée de la ville. »

Photos Bruno Quinquet

Cedric Riveau

MAMI’s SNAPS

Mami Tanabe
[[11.11.11-WE ARE ONE- ]]
when 2011/11/11
where daikanyamaM

2011/11/11 あなたは何をしていた? 私はdaikanyama M のPARTY[[11.11.11-WE ARE ONE- ]]に行ってきたよ。
Et toi, tu étais où le 11/11/11 ? Moi, j’étais à la soirée 11.11.11-We are one au M à Daikanyama.

MAX GiGiによるとても印象的なpaint performance▼
Le live painting de Max Gigi était très impressionnant !

凸ぴちゃ凹によるSpecial danse performance △
凸ぴちゃ凹のdanse performanceは存在感がつよく感じられる。
La présence sur scène de Deco Picha Boco a provoqué une grande émotion dans la salle.

他にもtripを中心としたDJ たちがフロアーを盛り上げた。
Tous les DJs et surtout Trip ont bien chauffé la salle.

electors▲
ALEXANDER LEE CHANG
BakiBaki
●CHRIS and Steve from « HORSE IS NOT »
GRAHAM (FTC SF)
trip
YATT (YOSHIROTTEN)
凸ぴちゃ凹 (deco picha boco)
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Izima Kaoru pour Neon magazine

Rencontre avec Izima Kaoru, photographe

Prénom : Kaoru. Nom : Izima. Profession : photographe. L’artiste a reçu Neon magazine dans son studio du sud de Tokyo. Au dernier étage d’un immeuble de la fin des années 60, avec des canapés design et quelques meubles éclairés par un magnifique lampadaire, tous de la même époque, nous avons pénétré dans ce vaisseau spatio-temporel de l’ère Showa avec ses fenêtres arrondies, ses chambranles en poutres et son véritable parquet qui craque. Un endroit entièrement rénové. De toute beauté. Assis sur le sofa, dans une atmosphère bon enfant, le photographe Izima nous a raconté son histoire, son rapport à la mode, ses magazines. Rencontre avec un touche à tout qui éclate de rire souvent mais qui cache une farouche détermination et qui poursuit le même objectif depuis des années : faire ce qu’il aime. Interview.

Cedric Riveau pour Neon magazineNeon magazine : Izima san, nos lecteurs ne vous connaissent pas forcément. Pourriez-vous présenter votre carrière et ce que vous faites.
Izima Kaoru : Je n’aime pas bien faire ma propre présentation… (rires) En général, les Japonais n’aiment pas beaucoup ça. (rires) Comment vous dire… (il réfléchit) J’ai toujours fait de la photo. Au départ, je faisais plutôt des reportages, des documentaires. Après, comme j’avais des amis musiciens, je me suis mis à faire des photos et à l’occasion des couvertures d’album ou des vidéos clips de plusieurs musiciens. Ensuite, des photos de mode pour des magazines. Et après, des photos de publicités et aussi des publicités pour la télévision… j’ai fait beaucoup de choses qui se sont enchaînées au fur et à mesure. Ce n’est que plus tard, en regardant en arrière, que j’ai réalisé que j’avais fait tout ça. À ce moment-là, j’ai aussi créé des magazines. Le premier s’appelait Sale, c’était un magazine gratuit… quand j’avais 25 ans environ. Je n’avais pas de travail à ce moment-là et je me suis dit que si je voulais travailler, il fallait que je fasse quelque chose moi-même. On distribuait nous même la publication et on vendait des pages de publicité à des magasins pour financer la publication.
Ensuite, avec des amis, avec toutes les photos sur la musique qu’on avait, on a fait un magazine qui s’appelait Cassette magazine. Ça faisait 16 pages. On vendait le magazine accompagné d’une cassette, le tout dans un sac.
Après, en revoyant mes photos de mode, j’ai pensé à faire un autre magazine. Quand je regardais les publications de l’époque, je les trouvais ennuyeuses. J’étais content de travailler pour des magazines mais je n’ai jamais vraiment eu un grand intérêt pour la mode. Bien sûr, je travaillais dans d’excellentes conditions : des grands mannequins, des vêtements magnifiques. J’ai appris beaucoup mais petit à petit, c’est devenu moins intéressant.
On me disait aussi qu’il fallait montrer les vêtements comme ci ou comme ça, devant un mur blanc pour ci ou pour ça. C’est devenu ennuyant. J’avais envie de photographier autrement, différemment des standards visuels, ce que je faisais déjà un peu d’ailleurs. Et je me suis dit : « Tiens ça serait bien si le modèle était un « corps », même pour une photo de mode ». Aucun magazine ne m’a permis de prendre des photos de modèles comme cela. C’était regrettable pour moi parce que je savais qu’il y avait là une idée à creuser. Je voulais donc développer ça coûte que coûte et le montrer aux gens. La seule façon de pouvoir le faire était donc de créer mon propre magazine. C’est comme cela que j’ai commencé zyappu.
J’ai donc pu publier mes photos comme je voulais pendant 5 ans. Et au bout de 5 ans, l’éditeur a mis la clé sous la porte donc on a arrêté le magazine.
Pour cette série que je voulais continuer, une galerie allemande m’a demandé de faire une exposition solo. J’avais enfin un regard extérieur qui me disait de continuer parce que cela avait un intérêt. C’est ce que j’ai fait, sans avoir à publier de magazine. J’ai pu développer les photos telles quelles et commencer à les vendre.

NM : Nous sommes en quelle année là ?
IK : En 2000. C’est en 2000 que j’ai commencé à montrer et à vendre mes photos à travers des expositions. Tout en faisant cela, j’ai continué à réaliser ce que je faisais avant : des publicités, des clips…

NM : Et maintenant, vous travaillez sur quelque chose de nouveau ?
IK : En plus de ma série des corps, il y a la série One Sun (NDLR : sur des photos ronde, avec un fisheye et une pause allant jusqu’à 24h, Izima san retrace le parcours du soleil dans le ciel), il y a des travaux que je n’ai pas encore annoncés, des essais que je suis en train de faire et qui deviendront des travaux photographiques. Il y en a plusieurs pour le moment.
Il y a aussi une exposition pour l’année prochaine, en juillet (NDLR : voir la note n°1 en bas de la page 2). Je vais présenter de nouvelles photos sur ma série des corps.

NM : Bonne nouvelle ! On a hâte de voir ça !
IK : Merci ! (rires) Il s’agit d’une exposition collective au musée de la ville de Toyota sur le thème de la mort.

NM : Des photos de grandes tailles ?
IK : Oui, oui, comme celles que vous avez vues à Tokyo photo 2011.

NM : Oui, parce que quand nous avons vu cette grande photo de Maki Sakai en Jil Sander, nous avons tout de suite eu envie de faire un papier sur vous.
IK : Mais vous savez, c’est très difficile d’exposer des photos de cette taille dans les galeries. Je suis donc très content de faire cette exposition à Toyota parce qu’on pourra mettre des grands tirages. C’est en fait le premier musée japonais à m’avoir invité.

NM : Ah bon ?!
IK : Oui, il y a finalement peu de réaction de la part des musées japonais et du public.

NM : Comment considérez-vous votre travail ? Mystérieux ou ironique ?
IK : C’est une question intéressante… parce que je n’avais pas pensé à ça. (rires) Je n’ai pas l’intention de faire un travail mystérieux ou ironique. Je pense que je suis quelqu’un d’assez direct. Mais les gens qui se posent des questions sur mon travail pensent que je cherche à rendre positif un aspect des choses qui peut être négatif. Ce n’est pas histoire de changer quelque chose. C’est plutôt de dire que ce n’est pas quelque chose de négatif. Ce que les gens considèrent comme négatif, au contraire, je le vois comme positif. C’est ce que je cherche à dire avec mes photos. À propos de la mort, c’est quelque chose que les Japonais ont plutôt envie d’éviter. Les gens n’ont pas vraiment envie de parler de ça, de s’en approcher.

NM : La mort est plutôt un sujet tabou dans beaucoup de cultures.
IK : Oui, oui, les hommes en ont plutôt peur. Mais aussi, chez nous, il y a une certaine dimension esthétique de la mort avec par exemple les kamikaze, harakiri… Les gens pensent donc souvent que moi aussi, je fais un travail esthétique sur la mort. Pour moi, pas particulièrement. En fait, la mort n’est pas si différente de la naissance. Les deux sont au même niveau. La naissance est quelque chose qu’on célèbre et qui est merveilleux. Pourquoi la mort ne serait-elle pas la même chose ?

NM : Mais vous ne montrez pas de vrais morts.
IK : Exactement ! Mais aucun de nous ne peut voir sa naissance ou sa mort. Quand on voit une naissance, on pense que c’est merveilleux parce qu’on sait que nous-même on est né et que c’est fabuleux d’être de ce monde. C’est aussi ce que chacun pense de la naissance d’un autre. Mais pour son propre décès, on ne peut pas savoir comment cela va se passer. Une fois décédé, on peut se demander : « Comment je suis mort ? dans la douleur ? dans la maladie ? » Quand les gens regardent en arrière, ils devraient se dire que leur vie a été célébrée, que leur vie a été intéressante et c’est comme cela que la mort de chacun devrait se dérouler. C’est l’image que je souhaite donner. Et la personne elle-même décédée célèbre sa propre mort. C’est cela que je veux montrer. C’est pourquoi je ne cherche pas à montrer une mort réaliste mais mon image de la mort, ma philosophie sur ce moment.

Mami Tanabe

MAMI’s SNAPS

MAMI’s SNAP, un regard sincère et tendre sur l’actualité de la mode, de la nuit, et bien d’autres choses encore. C’est avec Mami Tanabe et c’est deux dimanches par mois dans NEON Magazine !

Fashion’s night Out in Tokyo
Avec, entre autres, la rédactrice en chef de Vogue Anna Wintour et le styliste Michael Kors dans les quartiers d’Omotesando et Aoyama.
5 novembre 2011

Site de Fashion’s night out

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21_21 design sight

Visual dialogue

Gallery 21_21Irving Penn et Issey Miyake se sont rencontrés, se sont appréciés et la galerie 21_21 à Midtown nous le montre jusqu’en avril 2012.
La longue histoire de cette rencontre est exposée via une série de photographies, de dessins ou croquis. À la direction, Midori Kitamura, la présidente de Issey Miyake design studio, à la muséographie Shigeru Ban, aux croquis Michael Crawford et à l’animation Pascal Roulin.
On ira se perdre dans les longs couloirs qui alignent les clichés. On ira se prendre à croire qu’on est en studio avec Irvin Penn dans l’immense salle du diaporama. On ira s’amuser de l’animation faite à partir de seulement 19 croquis…

Gallery 21_21
Tokyo Midtown jusqu’au 8 avril 2012, tous les jours de 11h à 20h sauf mardis.
Sur le site de 21_21, Interview en trois parties avec Midori Kitamura à propos de l’exposition.
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