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ILLUMINANCE Cover Design Idea foil

Rinko Kawauchi – Illuminance

Cedric RiveauLes photos de Rinko Kawauchi sont comme hors du temps. Elles nous parlent de choses simples, les objets qui nous entourent, le temps qui passe, les êtres qui nous sont chers. À l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Illuminance, elle nous a reçus pour une interview intime et délicate au café ART + EAT Bakuro-cho, à quelques pas de la galerie Foil avec laquelle elle travaille aujourd’hui.

Neon magazine : Bonjour Rinko. Pour commencer, est-ce que vous pouvez nous expliquer quand et comment vous avez commencé la photographie ?
Rinko Kawauchi : Quand j’étais à l’université. J’étudiais le graphisme à cette époque et j’avais un cours de photographie une fois par semaine. J’ai aimé de plus en plus et je me suis concentré sur la photo plus que sur le graphisme.

NM : Et le graphisme dans tout ça ?
RK : Plus rien ! À priori, je n’en ferai jamais.

Quand j’ai fini mes études, j’ai travaillé dans un studio photo, je faisais des publicités. À Osaka. En fait, je suis née à Shiga mais j’ai grandi à Osaka. Dans ce studio, je n’ai travaillé qu’un an. Après, je suis venu m’installer à Tokyo où j’ai aussi travaillé en studio pendant deux ans avant de devenir indépendante.

NM : Pourquoi venir à Tokyo ?
RK : Ben vous savez… Osaka… Vous y êtes déjà allés ? Je veux dire c’est une ville sympa, pour vivre… mais en ce qui concerne le boulot, c’est pas terrible surtout pour la photo. Il y a très peu d’éditeurs ou de boîtes… donc j’ai décidé de venir à Tokyo aussi parce que j’avais besoin de m’améliorer, d’apprendre d’autres techniques, de travailler l’éclairage, la manipulation des appareils photo… ce que je ne pouvais pas trouver à Osaka. Vous savez, mon travail consistait à prendre des objets, des choses de peu d’intérêt… ça ne m’excitait pas vraiment.

La quantité de studios dans la capitale est aussi bien plus importante et je pouvais trouver des choses plus intéressantes à faire.

NM : Vous connaissiez quelqu’un quand vous êtes arrivée ?
RK : Non.

NM : Vous pouvez nous expliquer comment vous travaillez ?
RK : (Elle réfléchit) J’aime les détails, les petites choses qui nous entourent. En fait, le quotidien me fascine. Ce qui est à des kilomètres, loin de moi, ça me parle beaucoup moins. Surtout si je ne connais pas. Mais une tasse par exemple, elle peut représenter le monde qui m’entoure. Le petit univers qui m’entoure lui m’intéresse beaucoup parce que c’est celui dans lequel je vis.

NM : On pourrait donc définir votre travail par quelque chose comme: « Voici mon univers » ?
RK : Oui, c’est ça.