Archives par étiquette : Architecture

Cedric Riveau

Apollo Architects & Associates : VISTA

Apollo architects & associatesLe cabinet d’architectes de Kurosaki san nous a contacté pour nous présenter son nouveau projet de maison individuelle dans le quartier d’Itabashi à Tokyo.

Bâtie dans un quartier résidentiel, cette construction a été pensée pour une famille avec un enfant.
Construite sur une colline, le terrain fait face à un large panorama en contrebas de la façade nord. Équipée de grandes baies vitrées pour profiter de la vue, la maison est très lumineuse. Le rez-de-chaussée comprend une chambre avec des tatamis et une salle de bain. Au premier étage, se trouve un immense espace qui sert de cuisine, salle à manger et salon avec de longues étagères pour aménager un mur de livres. Au deuxième étage, il y a la chambre pour l’enfant et une terrasse. La lumière peut aussi entrer du côté de l’escalier du 1er au 2e étage ainsi que d’une partie du plafond du 1er étage car ils sont creux. (Voir les schémas en bas de cet article)
À l’extérieur, le renfoncement dans la structure sert de parking pour la voiture et juste à côté, un garage fermé peut abriter la moto, une passion du propriétaire. Le blanc immaculé de ce bâtiment posé à cet endroit de la colline donne l’impression d’un vaisseau flottant sur une mer de constructions.

Informations :
Lieu : Nishidai quartier d’Itabashi à Tokyo
Terminé en octobre 2011
Utilisation : maison principale
Structure : bois
Surface du terrain : 54,86m²
Surface habitable : 111.78m²
RDC : 42,02m²
1er étage : 47,41m²
2e étage : 22.35m²
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Apollo architects & associates

Kunihiko Matsuba

Brasserie de saké Hirozakari

Kunihiko MatsubaA glass of water with a single drop of ink. C’est la devise du cabinet d’architectes Tyrant Kunihiko Matsuba, cabinet qui vient de signer à Gunma, une province au nord de Tokyo, la rénovation d’une ancienne brasserie de saké. Kunihiro Matsuba et Ksuke Fukushima l’ont reconstruite sur le terrain originel, espace qui servait d’exposition déjà auparavant pour la biennale de Nakanojo où se trouvait des tambours du folklore local.

Des bâtiments d’origine, il reste les bureaux dont la structure est en acier, la salle de stockage dont la structure est en pierre et enfin l’entrepôt dont la structure est en bois. L’espace public, la salle d’exposition ainsi que le jardin ont été ajouté par la suite. Le travail a été pensé pour chaque particularité des bâtiments plutôt que pour l’ensemble du site.

La visite de la nouvelle salle d’exposition se fait via un tunnel avec l’entrée et la sortie pour seules ouvertures. Le sol des toilettes avec leur grand miroir servira de terrain d’expression pour les artistes locaux. Le vieil entrepôt avec son sol légèrement incliné servira lui de salle d’exposition pour des artistes invités.
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Surface du site : 1184.14m2
Salle d’exposition (stockage) : 71.4m2
Salle d’exposition (ancien entrepôt) : 82.72m2
Toilettes : 16.98m2
Le cabinet Tyrant Kunihiko Matsuba
Site officiel de la Biennale de Nakanojo

Daichi Ano

Tokyo Metabolizing : Rencontre avec Koh Kitayama

Pour terminer avec l’expo de Tokyo Opera City, Tokyo metabolizing, nous avons posé quatre questions à l’architecte Koh Kitayama d’Architecture Workshop.
Interview.

NEON Magazine : Comment s’est passé le travail de sélection des architectes et de leurs travaux présentés à Venise ?

Koh Kitayama : Le concept de l’exposition, c’est de partir non pas d’une construction particulière pour raconter la ville, mais de s’intéresser aux habitations sans nom qui en recouvrent la plus grande part. Ces quartiers d’habitation n’ont pas cessé d’évoluer, et depuis l’entrée dans le 21e siècle, de nouvelles formes, une nouvelle façon de penser les choses même, a commencé à voir le jour. Ça donne des habitations ouvertes sur le voisinage, une architecture centrée sur l’idée de voisinage et des relations entre les habitants. House et Atelier Bow-Wow et la Moriyama House (ndlr : voir notre article précédent) en donnent de parfaites illustrations. Nishizawa et Tsukamoto sont pour moi deux des architectes les plus importants de leur génération, la génération de ceux qui ont dépassé la quarantaine. Pour moi, ce sont eux qui représenteront l’architecture japonaise dans les années à venir.

NM : À travers ce pavillon, c’est l’architecture japonaise contemporaine qui a été représentée. Comment la définiriez-vous ? Et d’ailleurs, croyez-vous à l’idée d’une architecture nationale, avec des caractéristiques, une identité communes ?

KK : Alors ce serait le pavillon du Japon de Takamasa Yoshizaka qui date de 1956. C’est un bâtiment qui porte la marque de son époque, qui est celle des architectes du mouvement métaboliste. C’est aussi une réalisation importante en ce qu’elle est l’une des premières à avoir marqué l’émergence du Japon dans le monde de l’architecture.

NM : Vous le dites dans le catalogue, c’est la société qui produit architecture. On le voit par exemple dans les façons dont Ryue Nishizawa et Bow-Wow pensent l’habitat dans une ville où le foyer moyen compte moins de 2 personnes. Mais pensez-vous que l’architecture puisse influer sur la société et sur le mode de vie ?

KK : La structure de la société japonaise est en train d’évoluer. On est sortis de l’époque où la famille occupait une place centrale pour entrer dans une époque nouvelle, marquée par de nouvelles formes de vie en communauté. Chez Atelier Bow-Wow, cela apparaît dans la manière de mêler habitat et lieu de travail. Le couple d’architectes et les employés de leur agence cohabitent dans un même espace. Les « unités » de la Moriyama House sont elles trop petites pour que des familles y habitent. Y vivent des personnes qui elles-mêmes, parce qu’elles sont réunies ainsi, forment une sorte de nouvelle famille.

Avec l’émergence d’une architecture comme celle-ci, c’est l’idée qu’il y a d’autres façons de vivre ensemble qui prend de l’importance. Et de cette façon, avec toutes les personnes qui adoptent cette manière de vivre et cette architecture nouvelles, c’est la ville elle-même et les paysages de Tokyo qui se transforment, comme le fait la mode.

NM : Comment imaginez-vous Tokyo dans 100 ans ?

KK : Tokyo, lorsque l’on sort de son centre, est certainement d’un point de vue urbanistique, la ville la plus démocratique au monde. La ville et la façon dont elle change échappe à toute sorte de contrôle, que ce soit celui d’un parti politique, comme en Chine, ou celui de la puissance économique, comme à Dubai par exemple. La ville appartient complètement à ses habitants, à sa population. Si c’est ce que veulent les gens, alors on peut imaginer que la ville ressemblera à ce que nous propose la Moriyama House, des sortes de villages où tout le monde se connaît, qui laissent une place prépondérante aux relations entre les gens : des lieux d’habitation et de travail proches les uns des autres, des voisins qui se connaissent et se saluent toujours. Des quartiers agréables à vivre, où l’on profite aussi des espaces extérieurs et de la végétation. C’est comme ça que j’imagine les choses, des habitants qui vivent dans ce que l’on pourrait appeler des communautés.

L’expo se termine le 2 octobre. Si vous ne l’avez pas encore vue, courez !
Tokyo Metabolizing
Tokyo Opera City Art Gallery

Cedric Riveau

Apollo Architects & Associates : MUR

Apollo ArchitectsApollo Architects & Associates nous a invités pour visiter une habitation juste terminée à Hodogaya dans la préfecture de Yokohama.
Il s’agit d’une maison individuelle pour une femme seule d’environ 40 ans. Sur un terrain de 130m², elle a commandé un deux pièces de plain pied, 80m² habitables sans quasiment aucune fenêtre extérieure. L’idée est d’avoir une intimité tout en ayant un grand espace lumineux ouvert. La source de lumière principale vient de la baie vitrée donnant sur la cour intérieure (orientée au sud) ainsi que de petites ouvertures en haut des murs sur 360°. Le tout sans aucun vis-à-vis.
La propriétaire a voulu recréer l’atmosphère – selon elle – des appartements parisiens avec des couleurs simples et discrètes : noir, bois et blanc, ayant elle-même du mobilier noir, et disposer d’un espace de tranquillité et de repos.
La porte a été pensée par le cabinet d’architectes : un peu basse, coulissante afin de recréer un ambiance japonaise. Une fois passée, la cour intérieure s’ouvre et un couloir à gauche mène à l’entrée de l’habitation. Couloir qui part ensuite vers la droite et donne accès au salon et à la salle de bain, elle-même donnant sur la deuxième petite cour intérieure à l’ouest.
Surface du terrain : 130m²
Surface habitable : 80m²
Salon/Salle à manger : 23m²
Cour intérieure : 24m²
Petite cour : 16m²
Chambre et balcon au-dessus : 12m²
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Tokyo vu par - Neon magazine

Tokyo vu par… Satoshi Kurosaki, architecte

Kurosaki sanDeux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.

Après le Tokyo gourmand de Jean-Paul Hévin, Tokyo vu par… vous invite cette fois à une balade à travers l’histoire de l’architecture japonaise en compagnie de Satoshi Kurosaki, fondateur de l’agence Apollo Architects & Associates. Suivez le guide !

Satoshi Kurosaki : « Pour l’architecture moderne, à Tokyo, alors quand même ce que je conseillerais c’est le bâtiment construit par Yoshio Taniguchi à Ueno, la Galerie des trésors de Horyuji. Des bâtiments comme celui-ci sont, je trouve, vraiment intéressants. Ueno est un quartier très riche au niveau architectural, il y a beaucoup de constructions intéressantes.

Sinon, pour ce qui est de l’architecture plus ancienne, alors je conseillerais le quartier où nous nous trouvons, le quartier de Jinbocho. C’est un quartier qui a conservé son style d’autrefois, il y a plein de choses partout, c’est assez bordélique. Comme c’est le quartier des bouquinistes on y trouve un grand nombre de professions et commerces liés à l’industrie du livre. Et en même temps, quand on s’enfonce un peu derrière les grandes avenues, c’est aussi un quartier d’habitation. C’est ce mélange, ce désordre qui fait tout l’intérêt du quartier.

Et pour finir, je choisirais le quartier de Kagurazaka. C’est le quartier où j’habitais jusqu’à il y a 3 ans. On y croise beaucoup de Français, ils sont partout. L’atmosphère du quartier est je trouve très amusante, avec toutes ces ruelles étroites. Et ça ressemble un peu à ma ville natale, Kanazawa, où il y a aussi beaucoup de chemins étroits. »

Dominique Perrault - Université féminine d'Ewha

Exposition Dominique Perrault

Dominique Perrault - Cour de Justice des Communautés EuropéennesL’exposition qui a commencé à Beaubourg en 2009 continue son tour du monde. Après Barcelone, la voici à Tokyo jusqu’au 26 décembre. Nous avons rencontré Shinobu Nomura, commissaire d’exposition à Art Gallery de Tokyo Opera City à Shinjuku pour qu’elle nous parle de son rapport avec l’architecte français et de la préparation de l’exposition dans ses murs. Interview.

Interview also available in English
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NEON Magazine : Pourriez-vous vous présenter ?

Shinobu Nomura : Enchantée… je m’appelle Shinobu Nomura… (NDLR : en français) et je suis commissaire d’exposition à la galerie d’art de Tokyo Opera City où je m’occupe principalement des expositions d’architecture. Ici, nous avons 4 expositions par an et l’une d’elle est dédiée à l’architecture. Cette année, nous avons donc organisé une exposition sur Dominique Perrault.
Tout a commencé en 2001. La première exposition sur l’architecture était dédiée à Jean Nouvel. Le succès fut important et cela nous a encouragés à continuer une fois par an. Depuis, nous travaillons avec des architectes et nous devons en être à la septième ou huitième exposition.
Dominique Perrault est donc un architecte français et nous avons commencé la préparation il y a un moment. Il est venu visiter la galerie et la réflexion ainsi que la préparation ont pris deux ans. Pendant ce temps-là, il préparait aussi l’exposition de Beaubourg de 2009. Le concept de ces deux expositions est quasiment le même. Nous sommes comme des frères et sœurs. L’exposition a aussi voyagé à Barcelone en Espagne avant de venir au Japon. Chaque exposition est légèrement différente avec quelques adaptations mais le projet de départ est le même.

NM : Quelles adaptations avez-vous apportées pour l’exposition de Tokyo ?

SN : Quand Dominique Perrault est venu pour la première fois, il a découvert ces deux grands espaces qui composent la galerie : une première grande pièce suivie d’une deuxième. À Beaubourg, il ne disposait que d’un seul grand espace carré. Comme ici nous avons deux espaces, il a voulu créer un contraste entre les deux pièces. Quand il est venu, il a d’abord pensé à avoir une pièce sombre ou noire puis une pièce claire ou blanche. Bien sûr, pour Beaubourg, il avait déjà le concept des projections vidéo et des maquettes. Mais quand il est venu dans notre galerie, il a décidé de les séparer complètement via les deux espaces. Le premier pour les projections vidéo et le second pour les maquettes. Cela constitue une grande différence avec l’exposition de Beaubourg où tout était dans ce même grand espace. Cela explique la simplicité de l’installation ici. Quand vous entrez, vous ne voyez d’abord que les vidéos projetées. Lors de nos discussions pour la préparation de l’exposition, je lui ai demandé de procurer du vécu aux visiteurs et non du concept uniquement. C’est une demande que nous avons systématiquement pour les architectes avec lesquels nous travaillons. Ils sont donc encouragés à créer des installations qui procurent une expérience aux visiteurs, de jouer avec l’espace car la hauteur sous plafond est importante et même si ce n’est pas si grand pour des expositions d’architecture, c’est important et on peut jouer avec tout ce volume facilement. Si vous placez des pièces ou des maquettes les unes après les autres, l’espace reste vide et les pièces posées là sans vie. Mais je souhaite que les architectes s’amusent avec tout ce volume et composent un espace architectural. Dominique Perrault a donc composé la première pièce avec ce rideau de maillage métallique et la deuxième avec les maquettes sur des tables basses. Comme vous l’avez vu, son intention est de créer un paysage urbain. Toute cette seconde pièce est comme une ville.
C’est comme cela qu’il a voulu présenter l’exposition de Tokyo.

Too Much, Magazine of Romantic Geography

Le magazine Too Much, petit dernier des éditions OK Fred, fêtait son lancement à la galerie Happa du côté de Nakameguro le 19 novembre dernier. Nous y étions et nous y avons rencontré Audrey Fondecave-Tsujimura, co-fondatrice et éditrice du magazine.

NEON Magazine : Pour commencer, est-ce que vous pouvez nous présenter les éditions OK Fred ? Je crois que vous éditiez un autre magazine auparavant, justement intitulé OK Fred ?

Audrey Fondecave-Tsujimura : Les éditions OK FRED ont débuté en 2001 par la publication du magazine OK FRED, un magazine d’abord tourné vers la musique, puis la culture en général avec des numéros bilingues, anglais-japonais. D’autres publications ont vu le jour comme le livre « OK FRED x Death by Basel with EYE Yamataka ». Nous avons à présent cessé la publication du magazine OK FRED. Pour lancer TOO MUCH magazine, un magazine en anglais sur les villes.

NM : Too Much est, je lis sur la couverture, un « magazine of Romantic Geography », est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que ça signifie, et aussi comment est née l’idée de ce magazine ?

AFT : L’idée est de discuter des villes, d’architecture, mais surtout de garder une approche humaine, en s’intéressant surtout à leurs habitants avec par exemple le point de vue des skaters. D’où l’appellation romantique, une approche plus organique.

NM : Ça y est, le numéro 1 est sorti, à quoi peut-on s’attendre pour la suite ? Est-ce que vous travaillez déjà sur le numéro 2 ?

AFT : Le numéro 2 est à paraître au Printemps 2011, il se présentera comme un guide de Tokyo. Pour ce qui est des interviews, pour l’instant je ne peux annoncer que l’interview d’Apichatpong Weerasethakul.

À Tokyo, Too Much Magazine est en vente chez Sakumotto, On sundays et Vacant. À l’étranger, il est distribué par Idea Books.

http://toomuchmagazine.com/