Archives de catégorie : Travel

Tokyo vu par - Neon magazine

Tokyo vu par… Karyn Poupée, journaliste et Jean-Paul Nishi, mangaka

Deux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.
En cadeau de Noël pour Neon magazine, Karyn Poupée et Jean-Paul Nishi ont généreusement créé ce dessin.
Neon magazine en profite pour vous souhaiter un excellent Noël à vous tous qui nous lisez.

Karyn Poupée (vrai nom) est journaliste, correspondante permanente de l’Agence France-Presse (AFP) à Tokyo depuis 2005, ainsi que du magazine Le Point et de Radio Canada. Installée au Japon depuis une dizaine d’années après cinq ans de navette entre Paris et Tokyo, elle est aussi l’auteur de deux essais socio-historiques: Les Japonais (éditions Tallandier, prix Shibusawa Claudel 2009) et Histoire du manga (Tallandier). Cette « éternelle étudiante » ne songe pas une seconde retourner habiter en France, mais ne prétend pas non plus être devenue japonaise.

Jean-Paul Nishi : sous cet étrange nom de plume, ce dessinateur de manga japonais croque des anecdotes rapportées de séjours à Paris où il a notamment vécu en 2005, après avoir hésité plusieurs années avant de devenir mangaka professionnel. Il est l’auteur d’une série sur la vie (pas facile) d’un Japonais dans la capitale française, initialement publiée dans un magazine de manga féminin (Office you), puis en recueils (Paris no mayoikata, Paris aishiteruze). De nouveaux épisodes, résultats de plusieurs autres brefs séjours, sont en préparation, à paraître en 2012. Parallèlement, Jean-Paul Nishi illustre chaque semaine de façon personnelle et décalée la chronique socio-technologique « Live Japon » publiée par Karyn Poupée sur le site français Clubic.
Neon magazine

Tokyo vu par - Neon magazine

Tokyo vu par… Bruno Quinquet, photographe

Deux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.

Bruno Quinquet n’a pas toujours été photographe. A Paris, c’est comme ingenieur du son qu’il travaillait. Dans son fondement même, sa pratique de la photographie est donc indissociable de Tokyo, la ville qui l’a vue naître. Avec son Bureau d’études japonaises, il y photographie le réel, rien de plus mais rien de moins : Tokyo et ses intérieurs, Tokyo et ses salarymen dont les silhouettes dessinent la ville. Pour NEON Magazine, il a accepté de mettre en mots « son » Tokyo.

Neon magazineBruno Quinquet : « À ma première venue au Japon fin 2001, je ne me doutais pas que le bric-à-brac urbain que je voyais du train qui m’amenait de Narita à Tokyo deviendrait mon terrain de jeu dans une vie future. À l’époque, j’étais ingénieur du son parisien. Dix ans plus tard, me voila photographe Tokyoïte, à la tête d’un improbable « bureau d’études japonaises », atelier de recherches poétiques et photographiques.

Lorsque je me sens à cours d’inspiration pendant mes longues expéditions dans Tokyo, un passage au parc d’Hibiya s’impose. Cet écrin de verdure coincé entre ministères et quartiers d’affaires est pour moi un lieu de prédilection. J’y trouve le parfait cocktail business/nature qui forme la charpente de ma série « salaryman project ». Présenté sous forme d’agenda professionnel illustré, ce travail est une étude de la masculinité dans le monde de l’entreprise, doublé d’un jeu de cache-cache s’amusant de la tension entre photographie candide et vie privée. S’y exprime aussi un certain sens de la saison, perception qui s’est affinée chez moi au contact de la culture japonaise.

Un autre grand plaisir urbain est la découverte de vieux quartiers résidentiels. J’y glane des photos de boîtes aux lettres, fenêtres, plantes, tous ces signes extérieurs qui donnent une identité à chaque habitation et renseignent discrètement sur le style de vie de leurs résidents. De cette collecte est née la série 2LDK (appartement F3), photo collage ou j’installe des fenêtres inconnues dans des vues de mon propre appartement.

On reproche souvent aux villes tentaculaires de générer un certain anonymat. Personnellement, j’adore le sentiment d’isolement dans la foule et je me sens à l’aise avec la retenue japonaise. Je pense que ma découverte de la photographie au Japon m’a permis d’exprimer mon approche contemplative et intériorisée de la ville. »

Photos Bruno Quinquet

Tokyo vu par - Neon magazine

Tokyo vu par… Silvin Barreda, mannequin

Deux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.

Silvin BerredaSi vous ne connaissez pas son nom, son visage, lui, vous est peut-être familier. Silvin Barreda est mannequin, de ceux que l’on voit dans les magazines et sur les affiches 3×4. New-York hier, Paris, Londres ou Berlin demain : les mégapoles sont son terrain de jeu, lui le globe-trotter toujours entre deux avions, deux fuseaux horaires. L’une de ces villes pourtant l’a marqué plus qu’aucune autre : Tokyo vu par Silvin Barreda c’est ici même, en exclusivité pour NEON Magazine.

Silvin Barreda : « Tokyo c’est pour moi comme une deuxième maison. Lors de mon premier séjour, pour mon boulot de mannequin en janvier 2011, j’ai réalisé mon rêve : Tokyo était la ville qui me fascinait le plus. J’en suis tombé amoureux tout de suite, d’elle et de tout ce qui la compose. C’est à Tokyo aussi que j’ai commencé la photo. La ville me donne beaucoup, elle me rend créatif et c’est pour ça que je suis revenu début juillet. J’y ai passé deux mois et demi, prenant toujours le même plaisir à redécouvrir la ville, comme si elle me parlait. C’est sans doute elle d’ailleurs qui m’a soufflé l’idée d’orienter mon travail photo sur l’architecture et la nature. À Tokyo, l’une et l’autre se mêlent jusqu’à parfois ne faire plus qu’un.

Mon Tokyo, c’est Roppongi. C’est là où je viens vivre à chaque fois, tous mes repères sont ici, j’aime ce quartier pour y faire la fête.

Shibuya aussi, pour le coté « j’en prends plein les yeux » avec aussi de très bon clubs comme le Womb, entre autres.

Shinjuku enfin, pour ses buildings au look futuriste et son quartier coréen. »

Photo Silvin Barreda

Tokyo vu par - Neon magazine

Tokyo vu par… Émilie Sarnel, designer graphique et illustratrice

Deux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.

Il y a des personnes comme ça, on ne les a jamais rencontrées mais on sait d’instinct que le courant passerait. Amis communs, centres d’intérêt, tout converge. Quelque chose comme une communauté de cœur, de connivence presque. L’idée aussi que quelqu’un qui aime la même ville que nous ne peut pas nous être complètement étranger… NEON Magazine ouvre aujourd’hui ses colonnes à Émilie Sarnel. Elle est designer graphique, illustratrice aussi, et son blog est épatant, vraiment.

Émilie Sarnel : « Il m’est un peu difficile de parler de Tokyo alors que je n’y vis plus depuis quelques mois. Ce qui en resurgit ces derniers temps ressemble à une forme de douce nostalgie où ne reviennent que les meilleurs souvenirs.

Il m’est aussi difficile de parler d’une ville qui, de par son immensité, affiche plusieurs visages, contradictions que l’on ressent intensément lorsque l’on y vit. Cette conception de la ville, à l’opposé de nos perceptions occidentales, est tout d’abord autant perturbante qu’elle est attractive. Pas de centre, pas de noms de rues, un mélange d’architectures hétéroclites, modernes et anciennes, que le regard européen a du mal à qualifier de beau. Et puis il y a la société, insondable au premier abord.

M’installer à Tokyo, seule, il y a 3 ans, à la recherche d’un travail, relevait pour moi du défi, un défi que j’ai accompli avec beaucoup de patience. Je voulais vivre au cœur de cette ville, je voulais m’imprégner de son énergie, m’épanouir créativement, alors que la ville de Shanghai où j’habitais ne répondait plus à mes attentes. Des designers japonais, comme Kenya Hara, Yugo Nakamura, m’avaient largement inspirée lors de mes études à l’ENSAD en France. Je rêvais de travailler avec eux. Pourtant j’ai réalisé en arrivant à Tokyo que ces agences prestigieuses n’avaient pas forcément besoin de graphistes étrangers ne parlant pas japonais…

Dans une ville comme Tokyo, hélas, la langue est une barrière réelle. Je dis ça et en même temps mes souvenirs les plus forts sont ceux que j’ai passés avec les Japonais, de Tokyo ou d’ailleurs, surtout lors de ma première année. J’ai pu découvrir des lieux insolites, des bars minuscules, des restaurants, des clubs cachés, ou des quartiers, vers Nezu par exemple, plus traditionnels. Un autre Tokyo, que j’ai hâte de retrouver lors de mon prochain passage.

Et puis enfin, mon meilleur moyen pour découvrir cette ville immense a été de me déplacer à vélo, constamment. Désormais basée à Hong Kong où il me paraît impensable de faire du vélo, je pense que Tokyo est l’une des meilleure villes au monde pour pratiquer ce sport !

Il me reste encore beaucoup d’autres villes à découvrir, chacune m’apporte quelque chose de nouveau, de différent. C’est ainsi que je travaille, sur des projets propres aux villes dans lesquelles je vis, au quotidien. »

www.emilieinlove.com
www.emiliesarnel.com

Tokyo Realtime, balades sonores dans la ville

white rabbitLa première fois que l’on a entendu parler d’audio-guide c’était avec Soundwalk, collectif basé à New-York autour du Français Stephane Crasneanscki. Paris, Pékin, Shangai, Hong-Kong, New-York aussi bien sûr…

Pour Tokyo, il aura fallu attendre Tokyo Realtime, parcours quasi initiatiques au cœur de deux quartiers emblématiques de la ville, Akihabara et le Kabukicho. Rencontre avec Max Hodges, le créateur de ses balades pas comme les autres.

NEON MAGAZINE : Pouvez-vous vous présenter ?
Max Hodges : Ouh là, c’est une question difficile. Pour la faire courte, je suis le fondateur et directeur de White Rabbit, une compagnie basée à Tokyo dont la philosophie est de rendre la langue japonaise et sa culture plus accessibles à tous. Notre set de carte mémoire pour ceux qui apprennent le japonais est un best seller, nous avons aussi une série de guides audio pour des quartiers de Tokyo et nous faisons de la vente de produits japonais difficiles à trouver à l’étranger. Je suis aussi passionné par le documentaire photographique.

NM : Comment est né le projet des guides audio ? Avez-vous entendu parler d’autres projets de ce type comme ceux de Soundwalk ou vous êtes parti de zéro ?
MH : L’inspiration vient de Soundwalk. Un ami à New-York m’en a parlé et je me suis dit que c’était un bon exemple marketing à mettre en place pour le Japon. Je suis allé à NYC et j’ai testé quelques uns de leurs guides audio. Je me suis dit que le guide sur Wall street procurait une super expérience mais que Soundwalk, dans sa démarche, se concentrait sur le forme plutôt que le fond. Dès fois, vous finissez un tour et vous n’avez pas vraiment l’impression d’avoir appris quelque chose sur le quartier. Notre création artistique est différente.

NM : Nous, on a l’impression que les guides « classiques » fonctionnent moins à Tokyo. Quel est votre sentiment sur cette ville ? Que diriez-vous à quelqu’un qui visite la ville pour la première fois ?
MH : Quand quelqu’un veut se promener et sentir Tokyo pour la découvrir, il ne sait pas vraiment où aller et il ne comprend pas toujours ce qu’il voit. Personne ne veut être planté comme un piquet au milieu de la rue à lire un guide touristique. Dans l’idéal, il est bien d’avoir un bon connaisseur qui vous fait faire un tour mais tout le monde ne peut pas se le payer. Nous avons donc créé ce qui s’en rapproche le plus : interviewer des spécialistes tout en mêlant la narration à l’ambiance de l’endroit, de la musique et des effets sonores pour créer une expérience qui vous plonge dans le quartier que vous visitez tout en gardant la tête en l’air et les yeux disponibles.

NM : Avez-vous d’autres projets sous le coude ? Pour le moment, il existe les guides audio d’Akihabara et de Kabukicho, comptez-vous faire Shibuya, Nakameguro ou d’autres endroits ?
MH : J’ai fait beaucoup de travail de terrain pour Harajuku, avec des interviews d’une douzaine de personnes mais c’est en pause pour le moment parce que nous nous concentrons sur White rabbit express, la vente en ligne de produits japonais. Les guides audio sont un bonheur à faire mais ils coûtent assez chers à produire donc je réfléchis sérieusement à réunir les fonds nécessaires pour un nouveau projet avec kickstarter.com.

En écoute dans NEON Magazine, les bande-annonces des balades sonores :

Tokyo Realtime – Kabukicho

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Tokyo Realtime – Akihabara

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Photos Max Hodges – Tokyo Realtime

Neon magazine

NEON Magazine, bientôt un an…

Tokyo Realtime - Kabukicho par Max Hodges.jpgFin des vacances pour NEON Magazine et un planning déjà bien chargé… Ça commence dès cette semaine avec au programme les audio guides de Max Hodges et une interview de Mayuri, DJ et organisatrice du festival Métamorphose.

La suite vous la découvrirez ici-même, semaine après semaine. Une info quand même : si vous êtes à Tokyo le 16 septembre vous feriez bien de réserver votre soirée… Promis, on vous en reparle très vite.

Restez connectés !

Photo Max Hodges, Tokyo Realtime

Cedric Riveau

Un été à Tokyo

Vous restez à Tokyo pendant les vacances ? Serez de passage durant l’été ? NEON Magazine a pensé à vous. Programme de rêve en perspective mais attention, les journées risquent de vous paraître courtes !

Le printemps a ses cerisiers en fleurs, l’automne ses feuilles rouges… et l’été ses feux d’artifices ! S’il y a un événement qui caractérise l’été au Japon, ce sont bien ses grands rassemblements populaires où l’on se presse – et ce n’est pas qu’une façon de parler – par centaines de milliers.

La faute au 11 mars, le plus important d’entre eux, le feu d’artifices de la Baie de Tokyo, n’aura pas lieu cette année. Tant pis, on se consolera avec celui du fleuve Sumida, tout aussi célèbre et impressionnant. D’autres feux d’artifices ont lieu tout au long de l’été aux quatre coins du Kanto.

Autres rendez-vous incontournables de l’été, les matsuri sont ces festivals qui l’espace d’un jour ou deux rassemblent les habitants d’une ville ou d’un quartier. Deux importants matsuri ont lieu au mois d’août : celui de la très chic Azabu-Juban et, plus populaire, celui du Tomioka Hachimangu, dans l’est de la ville. C’est l’un des plus renommés de Tokyo et les concerts de taiko et de gamelan qui viennent clôturer les trois jours de fête y sont juste fantastiques.

L’été est aussi la saison des grands festivals musicaux. C’est trop tard pour le Fuji Rock, il s’est achevé hier, mais pas de panique, il y en a d’autres. Parmi ceux qui valent le déplacement, on citera Summer Sonic, les 13 et 14 août à Tokyo et Osaka, Metamorphose, festival consacré à la musique électronique, et Labyrinth, sorte de grande rave-party organisée cette année du côté de Niigata.

Tokyo vu par - Neon magazine

Tokyo vu par… Yasuyuki Kubota, réalisateur-producteur

Deux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.

Yasuyuki Kubota fait des films. Toutes sortes de films. Des pubs, des vidéos clips, des fictions qu’il produit lui-même, qu’il emporte aussi sous son bras pour les présenter un peu partout dans le monde. Pour NEON Magazine, il nous parle de Tokyo, la ville où il est né et où il vit aujourd’hui. Au programme : Comme des garçons, Koenji et… les soba !

Yasuyuki Kubota : « Je suis né dans la partie sud de Tokyo qu’on appelle Omori. Je suis allé aux États-Unis pour faire des études de cinéma et je suis revenu il y a 15 ans. Cela signifie que Tokyo est pour moi ma ville natale, la ville où je vis plus que la « capitale » du Japon comme on dit.

Pendant la semaine, je dirais que mes aléas m’amènent généralement autour de Shibuya. Où que j’aille, je passe toujours par Shibuya. Mais je vais aussi souvent à Shinjuku, Harajuku, Omotesando, Ebisu…

En ce qui concerne les restaurants, la première chose qui me vient à l’esprit sont les « soba ». J’adore les soba. Je pense que je suis un malade des soba. Mes endroits préférés à Shibuya sont Sarashina et Shinki qui sont très traditionnels. Pas du tout à la mode ou stylisé. À Shinjuku, je mange souvent des tempura à Tsunahachi quand on peut entrer. Leur tempura sont excellentes.

Pour les achats, même si je fais la plupart de mes achats sur Internet désormais, je vais acheter des vêtements chez Junya Watanabe Comme des garçons MAN, ma marque préférée. On trouve ses vêtements à Shinjuku Isetan ou à eYe à Shibuya Parco et de temps en temps à 10 corso como à Omotesando.

Les week-ends, je préfère aller dans des coins plus « vivants » comme Kichijoji, Shimokitazawa ou juste autour de chez moi. J’habite à côté du parc Zenfukujigawa qui est assez grand, qui est très bien pour faire un jogging, une balade ou admirer les cerisiers au printemps.

Quand je veux boire jusqu’à plus soif, je vais à Koenji, un endroit bien connu où vivent de nombreux artistes comme des musiciens, des acteurs, des comédiens, des peintres et des poètes… Dans les petites rues qui longent la ligne de train Chuo, il y a plein de petits bars caractéristiques de l’endroit. Si vous allez dans n’importe lequel, je suis sûr que vous pourrez vous faire des amis, discuter à bâtons rompus et quand vous sortirez, le soleil sera déjà là sans que vous vous en soyez aperçu.

Pour le plaisir, j’aime visiter les temples, ces lieux où je peux me retrouver, me calmer et me changer les idées. Je me souviens que je faisais la même choses à Los Angeles en allant au parc Joshua Tree à chaque fois que j’en ressentais le besoin. S’il me faut choisir des temples en particulier, je choisirai le temple Meiji ou le temple Omiya Hachimangu à côté de chez moi, qui se trouve en fait au centre de la province de Tokyo. Bien sûr, il y a aussi le temple Yakuoin sur le Mont Takao. Le lieu est bien évidemment unique mais il y a surtout un fantastique restaurant de soba et de magnifiques promenades. C’est vraiment à faire. Sur une journée. Le restaurant de soba est Takahashiya, au pied du mont Takao. »

Le site de Yasuyuki Kubota
Son dernier clip :

Son film New world :

Tokyo vu par - Neon magazine

Tokyo vu par… Christine Vendredi-Auzanneau, Directrice de l’Espace Louis Vuitton Tokyo

Deux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.

Christine Vendredi-Auzanneau est une femme très affairée. Toujours entre deux avions, deux univers aussi, l’art et l’architecture, ses deux passions. Curatrice, chercheuse et enseignante, elle dirige aujourd’hui l’Espace Louis Vuitton, galerie d’art située dans les hauteurs de la boutique LV sur Omotesando. Le Tokyo d’une tête chercheuse, en exclusivité pour NEON Magazine.

Cedric RiveauChristine Vendredi-Auzanneau : « À la différence de nombreux Français installés au Japon, je ne suis pas venue ici poussée par une indéfectible passion pour le pays ou ses habitants. Celle-ci est venue par la suite, fruit d’une découverte progressive et fragmentée, encore augmentée à chacun de mes séjours.
C’est un projet de recherche en forme d’expérimentation quasi-ethnographique qui m’a amenée au Japon il y a douze ans maintenant. Me transportant littéralement de Prague à Tokyo, je me mettais dans les conditions de l’architecte sur lequel je faisais alors des recherches. La poursuite du fantôme d’Antonin Raymond m’a mis, en quelque sorte, le pied à l’étrier…et a déposé en moi les premières graines de la passion. C’est avec ses yeux et ceux de ses émules directs – Kunio Maekawa, Kenzo Tange – et indirects – comme Tadao Ando, qui en a repris le béton laissé brut – que j’ai abordé Tokyo.
C’était au début un peu une chasse au trésor, émaillée de pépites découvertes au milieu de quartiers que l’on qualifie, selon sa sensibilité, de banals ou laids. Je penche personnellement plutôt pour la première interprétation ; le mélange urbain étant pour moi l’une des principales richesses de cette ville. Mélange urbain autant que social où employés, étudiants et directeurs sont coude à coude au comptoir des robataya où les asperges vertes se grillent à l’unité.
Tokyo cristallise ainsi une forme de regard – qui peut parfois passer pour de la myopie en Occident – qui se concentre sur le beau et ignore volontairement une large partie du reste, un peu comme au Kabuki où tout ce qui est noir ne se voit pas. Parfois agaçante cette ultra-sélection visuelle a pour corollaire une forte attention au détail, une quête de beauté qui court le long de deux lignes opposées : celle de la maîtrise totale du geste et l’exploration du défaut.
J’aime cette ambiguïté et l’univers des possibles qu’elle ouvre dans tous les champs de la création. Daikanyama, dont le développement a longtemps été mené par Fumihiko Maki est un exemple des variations/répétitions/expérimentations qui sont possibles à Tokyo. La petite échelle de ce quartier en fait par ailleurs un lieu de promenade intimiste et humain. J’aime y flâner, tout comme le long de la rivière Meguro où j’habitais autrefois.
J’ai depuis troqué ses restaurants de grillade contre Canal Café qui offre un refuge ombrage et semi-aquatique au pied de la Kagurazaka. Le parc de Yoyogi – attenant au Meiji Jingu – et celui de Kitanomaru – un sous-ensemble du jardin du Palais Imperial – ont la faveur de mes deux fils qui préfèrent de loin leur étendue herbeuse (quelque peu sèche à mon goût !!!) aux murs blancs des galeries que je fréquente pourtant avec plaisir. Scai, Taro Naru, Koyama ou Koyanagi, pour n’en citer que quelques-unes. Il faut dire qu’on trouve à proximité tout ce qu’il faut à une après-midi parfaite : taiyaki pour les goûters d’hiver et kakigori pour se rafraîchir l’été. »

Tokyo vu par - Neon magazine

Tokyo vu par… Christophe Bourguedieu, photographe

Deux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.

Christophe Bourguedieu est photographe. Un pur, un dur même. Pas le genre à faire des pieds et des mains pour décrocher trois pages dans le dernier magazine à la mode. Curieux de l’ailleurs et de ceux qui l’habitent, il parcourt le monde : Etats-Unis, Finlande, Maroc. L’Australie aussi, dont il rapportera sa série Les passagers. Et le Japon bien sûr, où il a passé pas tout à fait six mois à la Villa Kujoyama, résidence d’artistes perchée sur les hauteurs, à Kyoto. De son séjour là-bas, de son passage à Tokyo aussi, il nous a envoyé une photo et un texte, sincère et trouble, impressionnant de lucidité.Tokyo par Christophe Bourguedieu

Christophe Bourguedieu : « Je suis arrivé à Tokyo, Narita en fait, le 4 janvier 2004. Après une courte escale, j’ai pris un vol pour Osaka, d’où j’ai rejoint Kyoto par la route.
Pendant les mois suivants, j’ai essayé de comprendre ce que je voyais ou pensais voir, sans vraiment y parvenir.
Tout paraissait pourtant clair. Je reconnaissais ce que j’avais déjà vu du Japon par les photos ou le cinéma, jusqu’au désordre des rues, à cet entassement de petites maisons, de distributeurs de boissons en plastique coloré et ces fils électriques qui courent partout. Mais l’impossibilité de conclure avec un minimum de certitude rendait dérisoire tout effort d’interprétation.
J’ai vite compris que c’est à cela que je devais me résoudre et que c’est sur ce sentiment que j’aurais à travailler. Sept ans plus tard, je ne sais toujours pas quoi penser des images produites durant cette période.
 
Je ne tiens pas à donner l’impression que je me sentais mal là où j’étais : cette indécision, qui m’est familière, apparaissait simplement plus pure dans cette situation, comme si j’en avais rencontré une expression rationalisée qui me permettait de la surmonter sans véritable angoisse.
J’ai appris à m’y retrouver. À mon retour à l’appartement, le soir, je m’arrêtais toujours au même kombini pour y prendre ma bouteille d’un saké légèrement trouble et un gâteau coloré à 100 yens (le vert un jour, le rose le lendemain). Quand j’étais trop fatigué pour lire, je passais une partie de la nuit devant les combats de sumo à la télévision.
 
Vers le milieu de mon séjour, j’ai pris des rendez-vous à Tokyo avec les conservateurs de plusieurs musées. Un matin, j’ai rencontré une femme charmante à qui j’ai montré mes dossiers. Elle les a feuilletés avec attention tout en me parlant des coupes budgétaires qui plombaient son moral et de la vulgarité des expositions organisées par l’institution qu’elle représentait.
Le musée était situé loin de toute station de métro. J’ai marché dans ce paysage qui, dans un drôle de raccourci, m’évoquait un quartier de Calcutta. Vers midi, je suis tombé sur cette rue et j’en ai fait une photo. C’est à un film que j’ai pensé à ce moment-là : Kairo, de Kiyoshi Kurosawa, dans lequel les gens d’une grande ville disparaissaient et se transformaient en fantômes. Il y avait aussi une femme qui se tenait droite sur le toit d’un immeuble et finissait par tomber dans le vide sans que l’on sache si son acte était volontaire ou s’il résultait de la même aliénation qui poussait ses concitoyens à se dissoudre dans le chaos. »

Photo Christophe Bourguedieu