Archives de catégorie : Inspiration

NEON NIGHT Vol.1 : Gutevolk

10 ans bientôt que Hirono Nishiyama a créé Gutevolk, 10 ans et une place bien à elle sur la scène musicale japonaise, quelque part entre l’electronica la plus pointue et la chanson pop d’une Kimura Kaela. Aujourd’hui, avec quatre albums à son actif, Gutevolk est un nom qui compte et NEON Magazine est d’autant plus heureux de l’accueillir pour souffler sa première bougie que ses concerts sont rares. Interview gourmande et cinéphile, à 24 heures de la NEON NIGHT Vol.1.

NEON MAGAZINE : Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Hirono Nishiyama : Je m’appelle Hirono Nishiyama. Depuis 2002, je fais de la musique sous le nom de Gutevolk.

Je compose, j’écris et je chante. Parfois aussi je travaille sur l’image. Mon dernier album, le quatrième, est sorti il y a tout juste un nom, il s’intitule Taiyo no chandelier, en anglais Sun chandelier.

A côté de ça, j’écris aussi des musiques pour des publicités TV, des sites web, des spectacles, des défilés de mode… Et je remixe des morceaux d’autres musiciens.

NM : Pouvez-nous nous parler de ce qui intéresse le plus actuellement, vos passions du moment ?

HN : Alors il y a plusieurs choses qui me passionnent en ce moment, et la première c’est la cuisine. Ces derniers temps je m’intéresse tout spécialement à la cuisine macrobiotique. Je trouve que la façon qu’on y a d’assortir les ingrédients est vraiment originale. Souvent, les plats ont l’air bon rien qu’en les regardant. Et puis réfléchir à la façon de disposer les aliments nous amène aussi à nous intéresser à la nature, aux plats que l’on utilise.

Ce qu’il y a de reseemblant entre la musique et la cuisine, c’est la concentration que ça demande quand on fait ça seul, on en arrive à ne plus pouvoir penser à autre chose. Nos mains s’agitent mais notre cerveau lui est complètement occupé ailleurs. Un peu comme dans le yoga, peut-être. Alors que quand on fait la cuisine à plusieurs c’est complètement différent. J’ai deux filles et elles veulent toujours cuisiner avec moi. Comme elles sont petites elles ne peuvent pas encore tout faire. Couper par exemple reste difficile mais je leur demande souvent de passer quelque chose au mixer, ou de le hacher. En général il se passe plein de choses plus ou moins prévues. C’est une sorte de collaboration, et quelque part ça ressemble à ce qui se passe pendant un concert.

Ensuite il y a la lecture. J’ai toujours un livre dans mon sac. Parfois c’est un livre de cuisine mais ce que je lis le plus quand même ce sont les romans. Je lis un peu de tout mais il y a un écrivain que j’aime par dessus tout depuis l’adolescence, c’est Tatsuhiko Shibusawa. Au mois d’octobre d’ailleurs, le label noble va sortir une compilation autour de l’univers de Shibusawa, et j’ai moi-même composé un morceau pour cette compilation.

Et puis il y a le cinéma. J’ai beaucoup Seijun Suzuki, sa trilogie Taisho notamment. Dans ses films il y a beaucoup de scènes de repas et les personnages donnent vraiment l’impression de se régaler quand ils mangent de la cuisine japonaise. J’aime aussi les films avec Yujiro Ishihara, et de façon générale les vieux films : les images, les vêtements, les bâtiments aussi et leur décoration, je trouve ça terriblement moderne et « cool ». Je regarde aussi des films tchèques.

NM : Dernière question, est-ce que l’on peut vous demander ce que vous avez prévu pour la soirée NEON le 16 septembre ?

J’ai l’intention de faire une sorte de « mini karaoke live » avec à la fois des chansons que j’ai écrites et des images que j’ai créées. Ce sera mon premier concert depuis 1 an ! En fait je n’avais pas vraiment envie de faire des concerts depuis un petit moment mais comme les artistes qui vont jouer le 16 ont tous l’air intéressants j’ai eu envie de participer moi aussi.

Je connais déjà Masato Tsutsui et Moskitoo mais pour les autres par contre ce sera la première fois. Je suis très impatiente de faire leur connaissance !

NEON Magazine présente la NEON NIGHT Vol. 1
Vendredi 16 septembre @ M Event Space & Bar
21:00-05:00

Musique « picnic » by Gutevolk, vidéo by Yuichi Kodama

NEON NIGHT Vol. 1 : Nao Tokui

S’il n’était pas aussi gentil, Nao Tokui aurait tout pour énerver : étudiant brillant diplômé de l’Université de Tokyo, musicien respecté signé sur deux des plus intéressants labels de musique électronique japonais, op. disc et PROGRESSIVE FOrM, il est aussi l’un des fondateurs de Qosmo, start-up à la terrasse aussi grande que les bureaux qui parvient à faire le grand écart entre les multinationales et la création musicale la plus pointue

A un peu plus d’une semaine de la NEON NIGHT Vol. 1 le 16 septembre au M Event Space & Bar à Daikanyama, rencontre avec celui qui en sera une des têtes d’affiche.

NEON MAGAZINE : Bonjour ! Pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?

Nao TOKUI : Je suis DJ, producteur, codeur et surfeur.

Au début, j’ai commencé à mixer comme DJ tout en poursuivant mes travaux de recherches à l’université. Et puis à un moment, vers l’année 2000, j’ai voulu réunir ces deux activités et c’est comme ça que j’ai commencé à imaginer des programmes pour faire de la musique.

Ces programmes ont été utilisés de manière expérimentale sur des titres de dance musique sortis sur le label PROGRESSIVE FOrM.

Plus récemment, je mixe et organise moi-même des soirées, le plus souvent près de là où j’habite, à Fujisawa.

NM : Vous travaillez sur quoi en ce moment ?

NT : Depuis 2008, je m’occupe surtout de la société que j’ai créée, Qosmo. Je l’ai créée avec Taeji Sawai, un musicien, et Alexander Reeder, qui lui est un spécialiste de ce qu’on appelle le « interaction design ». Avec nos parcours différents les uns des autres, nous créons des applications pour Iphone ou Android (NDLR : l’une d’entre elles, N Building, vient d’ailleurs d’être présenté au MOMA, à New-York). Nous travaillons aussi dans des domaines aussi divers que le design intérieur ou la musique et les performances live.

NM : Qu’avez-vous prévu pour la soirée NEON Magazine ?

NT : En ce moment, j’ai tendance à jouer des choses minimales, une musique simple mais qui reste dansante. Pour la soirée du 16, je pense rester dans ce style-là, avec quelques morceaux plus disco aussi.

Si mon mix peut rappeler quelque chose de l’impression que l’on a au bord de la mer, avec le vent qui souffle, comme là où j’habite, à Fujisawa, alors ce sera réussi !

A écouter : Pan Pacific, extrait de son album Mind the gap

NEON Magazine présente la NEON NIGHT Vol. 1
Vendredi 16 septembre @ M Event Space & Bar
21:00-05:00

Tokyo vu par - Neon magazine

Tokyo vu par… Émilie Sarnel, designer graphique et illustratrice

Deux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.

Il y a des personnes comme ça, on ne les a jamais rencontrées mais on sait d’instinct que le courant passerait. Amis communs, centres d’intérêt, tout converge. Quelque chose comme une communauté de cœur, de connivence presque. L’idée aussi que quelqu’un qui aime la même ville que nous ne peut pas nous être complètement étranger… NEON Magazine ouvre aujourd’hui ses colonnes à Émilie Sarnel. Elle est designer graphique, illustratrice aussi, et son blog est épatant, vraiment.

Émilie Sarnel : « Il m’est un peu difficile de parler de Tokyo alors que je n’y vis plus depuis quelques mois. Ce qui en resurgit ces derniers temps ressemble à une forme de douce nostalgie où ne reviennent que les meilleurs souvenirs.

Il m’est aussi difficile de parler d’une ville qui, de par son immensité, affiche plusieurs visages, contradictions que l’on ressent intensément lorsque l’on y vit. Cette conception de la ville, à l’opposé de nos perceptions occidentales, est tout d’abord autant perturbante qu’elle est attractive. Pas de centre, pas de noms de rues, un mélange d’architectures hétéroclites, modernes et anciennes, que le regard européen a du mal à qualifier de beau. Et puis il y a la société, insondable au premier abord.

M’installer à Tokyo, seule, il y a 3 ans, à la recherche d’un travail, relevait pour moi du défi, un défi que j’ai accompli avec beaucoup de patience. Je voulais vivre au cœur de cette ville, je voulais m’imprégner de son énergie, m’épanouir créativement, alors que la ville de Shanghai où j’habitais ne répondait plus à mes attentes. Des designers japonais, comme Kenya Hara, Yugo Nakamura, m’avaient largement inspirée lors de mes études à l’ENSAD en France. Je rêvais de travailler avec eux. Pourtant j’ai réalisé en arrivant à Tokyo que ces agences prestigieuses n’avaient pas forcément besoin de graphistes étrangers ne parlant pas japonais…

Dans une ville comme Tokyo, hélas, la langue est une barrière réelle. Je dis ça et en même temps mes souvenirs les plus forts sont ceux que j’ai passés avec les Japonais, de Tokyo ou d’ailleurs, surtout lors de ma première année. J’ai pu découvrir des lieux insolites, des bars minuscules, des restaurants, des clubs cachés, ou des quartiers, vers Nezu par exemple, plus traditionnels. Un autre Tokyo, que j’ai hâte de retrouver lors de mon prochain passage.

Et puis enfin, mon meilleur moyen pour découvrir cette ville immense a été de me déplacer à vélo, constamment. Désormais basée à Hong Kong où il me paraît impensable de faire du vélo, je pense que Tokyo est l’une des meilleure villes au monde pour pratiquer ce sport !

Il me reste encore beaucoup d’autres villes à découvrir, chacune m’apporte quelque chose de nouveau, de différent. C’est ainsi que je travaille, sur des projets propres aux villes dans lesquelles je vis, au quotidien. »

www.emilieinlove.com
www.emiliesarnel.com

Mayuri, itinéraire d’une techno-addict

C’est l’une des figures de la scène électronique japonaise, l’une de celles par qui la techno est arrivée à Tokyo, il y a près de 20 ans. Infatigable derrière les platines, Mayuri est aussi à l’origine de l’un des plus importants festivals de musique électronique du Japon, Metamorphose. Interview à deux semaines de l’édition 2011.

NEON Magazine : Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Mayuri : Je suis DJ, tendance techno/techno-house. Et aussi productrice du festival Metamorphose.

NM : Vous mixez depuis déjà longtemps je crois, est-ce que vous pouvez nous parler de votre parcours ?

M : Oui, en fait ça fait près de 20 ans que je mixe. J’ai habité pendant quatre ans à Londres. À l’époque, l’acid-house venait d’apparaître, ce devait être en 1987. Mais je n’ai commencé à mixer moi-même qu’une fois rentrée au Japon. J’adorais la techno mais à l’époque cela n’existait pas encore à Tokyo. Et donc j’ai voulu faire connaître cette musique ici, puisque personne d’autre ne s’en chargeait.

NM : Quels étaient les clubs à la mode à Tokyo à l’époque ?

M : À l’époque à Tokyo il y avait surtout le Gold, un très grand club vers Shibaura beaucoup plus grand que le Womb aujourd’hui par exemple. On y passait toujours de la house. Le club faisait cinq étages, avec la piste principale au 2è étage. Il y avait une autre piste au-dessous, une au-dessus et un bar au dernier étage.

NM : Vous organisiez des soirées là-bas ?

M : Oui, j’ai commencé en même temps à en organiser et à mixer. La soirée s’appelait Odyssey et j’y mixais moi-même. Odyssey comme la découverte d’un nouveau monde, d’un nouveau monde musical.

NM : Depuis cette époque avez-vous l’impression que le Tokyo des clubs et de la nuit a beaucoup changé ?

M : Oh oui, ça a beaucoup changé. Les soirées Odyssey ont d’ailleurs changé elles aussi, en se rapprochant de plus en plus de la trance psychédélique. Cette musique a d’ailleurs connu un grand boom dans tout le Japon et le nombre de soirées a explosé.

NM : Mais le Gold a fermé ?

M : Oui, il a fermé. Il restait alors le Yellow (NDLR : actuel Eleven). Les soirées Odyssey ont elles disparu en 1995 et à cette occasion, j’ai organisé une sorte de rave-party sur 3 jours avec mon ex-mari. Mais ça a vraiment été terrible…

NM : C’était organisé où ?

M : À Izu, comme Metamorphose d’ailleurs, un peu plus du côté des montagnes. Nous avions toutes les autorisations mais il a fait mauvais, il a plu et ça a vraiment été quelque chose… En plus, avec les préparatifs je n’avais pas dormi de la semaine. J’adore les soirées comme ça, sur plusieurs jours. À Londres j’allais à des rave-party chaque semaine et je voulais en organiser une moi-même. Mais ça a été plus terrible encore que ce que j’avais imaginé. Et j’ai décidé d’arrêter les soirées pour un moment tout en continuant à mixer. Ça devait être entre 1995 et 2000.

Neon magazine

NEON Magazine, bientôt un an…

Tokyo Realtime - Kabukicho par Max Hodges.jpgFin des vacances pour NEON Magazine et un planning déjà bien chargé… Ça commence dès cette semaine avec au programme les audio guides de Max Hodges et une interview de Mayuri, DJ et organisatrice du festival Métamorphose.

La suite vous la découvrirez ici-même, semaine après semaine. Une info quand même : si vous êtes à Tokyo le 16 septembre vous feriez bien de réserver votre soirée… Promis, on vous en reparle très vite.

Restez connectés !

Photo Max Hodges, Tokyo Realtime

Cedric Riveau

NEON Mix Vol.2

Songs for Japan, Japanease, Japon mon amour… Depuis le séisme du 11 mars, on ne compte plus les compilations sorties pour venir en aide aux sinistrés, excellentes parfois comme la Compilation for Japan du label Kompakt ou Pray for Japan du label japonais Rallye.

A NEON, notre préférée s’appelle For Nihon et elle est signée du label Unseen Records. Conçue par Keith Kenniff, For Nihon réunit une quarantaine de figures de la musique électronique parmi lesquelles Ryuicho Sakamoto, Alva Noto, Taylor Deupree ou encore Sawako, artiste japonaise installée à New-York. C’est elle qui ouvre ce Mix Vol.2 avec Lightlit et c’est en exclusivité dans NEON Magazine.

Autre coup de coeur, Atelier Pink Noise est l’un des membres de ArtLism.JP, collectif de musiciens qui diffusent leurs créations sur des compilations en téléchargement libre. Et pour ceux qui préferent la musique live, Atelier Pink Noise sera ce dimanche au M Event Space & Bar à Daikanyama pour une soirée spéciale ArtLism.JP.

Le NEON Mix Vol.2 c’est aussi Capsule et Yelle, la pop pyjama de Lullatone et la disco moite de Discodéine et Matias Aguayo. 11 titres au total pour un mix que, on l’espère, vous aimerez autant que nous !

Compilation For Nihon - Unseen Records

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Playlist :

  • Sawako – Lightlit
  • SebastiAn – Embody – Original Mix
  • Atelier Pink Noise – Fact is repeated. (short)
  • Capsule – Keep Hope Alive
  • Lullatone – Music for apartments
  • Agoria – Panta Rei
  • Yelle – Que Veux-Tu – Album version
  • Discodeine with Matias Aguaya – Singular – Original Mix
  • Takeshi Arai – For re-build
  • Is Tropical – The Greeks
  • Yoshinori Sunahara – liminal

For Nihon, disponible ici et chez HMV, Disk Union…

Party of ArtLism.JP
Dimanche 10 juillet de 17H à 23H
M Event Space & Bar à Daikanyama

Photo For Nihon

Logo Hors Piste Tokyo

Interview de Géraldine Gomez, fondatrice de Hors Pistes

C’est Madame Hors Pistes. Elle s’appelle Géraldine Gomez et c’est elle qui, il y a 7 ans déjà, a eu l’idée d’un festival dédié aux nouvelles images et aux nouveaux modes de narration, sans barrières de genres ni de formats, au Centre Pompidou. A 10 jours de l’ouverture de Hors Pistes Tokyo, nous lui avons posé quelques questions sur la genèse du festival, son histoire, ses coups de coeur aussi.

NEON Magazine : Et d’abord pour commencer, comment est né Hors Pistes ?

Géraldine Gomez : Hors Pistes est pensé depuis 2004 et a été mise en oeuvre réellement en 2006. Il s’agissait de partir de l’absurde constat qu’au Centre Pompidou tous les cinémas sont représentés : documentaire, fiction, animation, cinéma expérimental, art vidéo ou encore videodanse, mais de manière très cloisonnée dans un même lieu. Cloisonnement de la programmation et du public. avec Hors Pistes l’idée est de rassembler l’image en mouvement dans tous les territoires et sous toutes les formes (projection, installation ou encore performance).

NM : Aujourd’hui le festival semble installé, est-ce que c’est quelque chose qui a été simple à mettre en place, cette continuité dans le temps ?

GG : Oui, Hors Pistes a pris sa place au centre Pompidou mais aussi à l’international où l’idée du décloisonnement fait son chemin dans les autres propositions de programmation. Il semble que l’idée d’une manifestation uniquement dédiée à l’image en mouvement manquait au centre Pompidou et a donc pu se développer facilement, modestement les premières années et aujourd’hui Hors Pistes occupe à la fois les salles et l’espace d’exposition du Forum -1.

NM : Hors Pistes sort du Centre Pompidou pour venir passer 10 jours ou presque à Tokyo début juin. Pourquoi le Japon ?

GG : Hors Pistes est comme je le disais, une manifestation qui se déplace – New York, Sao Paolo, Istanbul, Venise, Barcelone etc…- sous différentes formes et dans différents lieux. L’idée est que ce ne soit pas une simple reprise mais une vraie collaboration et donc presque une nouvelle manifestation. Le Japon ? Grâce à ma rencontre avec Camille Delahaye, alors programmateur à l’Institut franco-japonais, qui a accueilli une version très légère d’Hors Pistes en 2009 et aujourd’hui Isabelle Olivier, qui s’est occupée de la version japonaise d’Hors Pistes. Une merveilleuse collaboration avec des artistes programmés à Hors Pistes Paris et des artistes japonais.

NM : Vue de Paris, quelle impression vous fait la scène artistique japonaise actuelle ?

GG : Si Hors Pistes a été possible au Japon c’est justement parce que la scène artistique japonaise est dense et …hors pistes, dans le sens où les propositions artistiques sont singulières et de grande qualité. D’ailleurs la scène artistique japonaise est méconnue en Europe ce qui a nous a conduit avec Isabelle a décidé d’en faire une programmation au prochain Hors Pistes Paris en 2012.

NM : Dernière question : Est-ce que l’on peut vous demander de choisir deux ou trois événements, vos coups de coeur dans la programmation Hors Pistes Tokyo de cette année ?

GG : J’aime tout ! Je suis évidemment ravie de la performance de Andrea Crews, qui était notre artiste en résidence à Hors Pistes 2010, performance qui va prendre toute sa dimension japonaise à Tokyo. J’aime les programmations de la création japonaise, programmes de grande qualité, un vrai état des lieux de la création japonaise. Isabelle Olivier et son équipe ont su construire une programmation riche, originale et surtout dans ce vrai défi de croiser les disciplines. Un conseil : tout voir !

Hors Pistes Tokyo
Du 4 au 12 juin

SuperDeluxe / Uplink / Daikanyama M

Tokyo vu par - Neon magazine

Tokyo vu par… Marie-Min Berthuin, Directrice artistique

Deux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.

La vie de Marie-Min, c’est une histoire de déménagements qui n’en finiraient jamais : née à Séoul, elle grandit dans le Vercors avant de filer à Paris pour des études à l’ENSAAMA. Vient ensuite le Royaume-Uni, 4 ans. Et puisque la concurrence est décidément très rude entre les mégapoles asiatiques, c’est Shanghai qui vient de nous la prendre après ses 4 années à Tokyo. C’est de là-bas qu’elle nous a envoyé ces quelques lignes, son Tokyo à elle. Et ça commence avec un livre…

Marie Min BerthuinMarie-Min Berthuin : Tokyo Nobody est un de mes livres de photos de Tokyo favoris, un des premiers que j’ai mis dans mes cartons lorsque j’ai quitté mon appartement de Namikibashi. Je l’ai choisi pour NEON parce qu’il y a quelques mois, après le tremblement de terre, j’ai eu l’occasion particulière de vivre ce « Tokyo Nobody », dans d’autres circonstances mais avec une intensité qui m’a liée a cette ville encore plus profondément.

En général au contraire, Tokyo c’est plutôt des rues pleines de gens, des lieux incroyables. Une ville unique avec ses endroits et ses personnalités uniques.

Parmi mes adresses favorites, il y a le Piano Bar, à Shibuya. Les serveurs sont juste les Japonais les plus accueillants que j’ai rencontrés lorsque je suis arrivée à Tokyo, le shochu y est excellent et le décor : vous comprendrez lorsque vous y serez. Ensuite, il y a la rue du Bunkamura avec tous ses petits restos dont le Mayu Cocoon Bar, une sorte de bistrot qui tient une place spéciale dans mon cœur. Mais il n’y a pas de mots pour décrire ce Mayu Cocoon Bar, sorte d’izakaya très spécial où on déguste du fois gras.

Dans la série des bars il y a aussi le M à Daikanyama, comme une seconde famille pour moi ; l’izakaya Let it rock, en face du unit en sous-sol ; le Kinfolk, où l’on sert les meilleurs whisky sour de Tokyo, et le Berry Bar où j’ai fait ma sayonara party, à Nakameguro. C’était de loin mon endroit favori avant de quitter Tokyo, ne serait-ce que pour LA table de ping pong à côté du bar tapissé.

Et pour en finir avec le Tokyo de la nuit, en vrac toujours : le Trump Room pour les soirées de Trent S. (Sniff Sniff) et les soirées Control de Jake H., le Liquid Room lorsque dj Nobu nous fait l’honneur de se mettre aux platines… et d’autres, tellement d’autres.

Et puis parce que mon travail est lié a la mode, en shopping j’aime tout particulièrement Loveless, Tsumori Chisato à Aoyama, APC et Beams à Daikanyama. Et puis Harajuku et Shimokitazawa pour les friperies.

Côté galeries, je conseillerais Rocket Gallery à Meiji Jingumae, Vacant à Harajuku, la Galerie Happa à Yutenji, 21_21 à Midtown, le musée au 52ème étage de la Mori Tower… Et puisque l’on parle d’art, j’ai participé a l’organisation du festival Hors Pistes Tokyo, qui aura lieu au Superdeluxe, M et Uplink, grâce a l’initiative d’Isabelle Olivier. A voir absolument !

La liste est longue de lieux et des gens que j’aimerais citer. J’ai des souvenirs incroyables dans cette ville et je souhaite à tous ceux qui découvrent Tokyo d’avoir la même expérience fantastique que moi.

Tokyo, je reviendrai bientôt.

Photo (haut) : Mami Tanabe

Logo Hors Piste Tokyo

Spécial Hors Pistes Tokyo 2011

Flyer Hors piste TokyoC’est un nom que les habitués du Centre Pompidou connaissent bien. Créé en 2006, Hors Pistes est le festival de l’image, sous toutes ses formes : projections, performances, installations, images en réseau ou images éphémères, projection mentale ou images en devenir. Un festival pluridusciplinaire donc, qui ne se gêne pas pour mêler l’art contemporain à la mode, la musique, l’architecture et à bien d’autres choses encore.

Après New York, Istanbul, Mexico, Londres ou Barcelone, c’est à Tokyo que Hors Pistes vient s’installer début juin dans une forme originale et ambitieuse. La programmation ne fait d’ailleurs pas les choses à moitié avec pas loin de 40 artistes et intervenants parmi lesquels Soundwalk et Rostarr, Andrea Crews et Apitchapong Weerasethakul, le tout réparti sur 3 lieux, le SuperDeluxe à Nishi-Azabu, Uplink à Shibuya et chez nos amis du M à Daikanyama. Nous c’est sûr, on y sera !

À lire dès la semaine prochaine dans NEON Magazine, partenaire de Hors Pistes Tokyo : interview de Géraldine Gomez, curatrice au Centre Pompidou et fondatrice de Hors Pistes.

Hors Pistes Tokyo
Du 4 au 12 juin 2011

Au programme : Soundwalk & Rostarr (US) | Johannes Nyholm (Sweden) | Apitchapong Weerasethakul (Thailand)| Olivia Rochette & Gerard-Jan Claes (Belgium) | Karen Mirza & Brad Butler (UK) Hito Steyerl (Austria) | Takuya Daikiri & Takashi Miura (Japan) | Pauline Julier (Switzerland) | Masayuki Kawai (Japan) | Kentaro Taki (Japan) | Takahiko Iimura (Japan) | Andrea Crews (France) | Yasunori Ikunishi (Japan) | Yoruko Banzai (Japan) | Yudaya Jazz (Japan) | Yusuke Ishida (Japan) | Akiko Nakamura (Japan) | Shuhei Nishiyama (Japan) | Ryota Hamazaki (Japan) | Aki Nakazawa (Japan) | Keiji Aiuchi (Japan) | Hajime Kawaguchi (Japan) | Yasunori Kakegawa (Japan) | Kuknacke (Japan) | Ikeda Nobu (Japan) | Momo Shimada (Japan) | Masato Tsutsui (Japan) | RDV (France) | Onnacodomo (Japan) | Nobuhiro Suwa (Japan) | Takashi Homma (Japan) |…

Tokyo vu par - Neon magazine

Tokyo vu par… Sophie Boursat, artiste plasticienne

Deux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.

Sophie Boursat est artiste plasticienne, écrivain, photo dealer. Agent aussi, de Photographer Hal notamment. De passage à Tokyo, entre un vernissage à Ginza et une fin de soirée à Shinjuku 2-Chōme, elle a accepté de nous raconter son Tokyo. Ça parle de photo, bien sûr, de beaux bouquins et de Jinbocho. Ça parle aussi de liberté, beaucoup. Clic-clac, c’est parti.

Sophie Boursat.jpgMon Tokyo

Mon Tokyo parle photographie, mange photographie, boit photographie et ses saveurs imprègnent maintenant toute ma vie. Mon Tokyo a commencé le jour où je suis devenue la première collectionneuse de Photographer Hal sur le stand Tosei-sha lors du Paris Photo 2008. Enthousiasmée, je devenais son agent. Sous les figures enchevêtrées et hilares des officionados du mouvement Tokyo decadance, je percevais clairement la vivacité de l’underground tokyoïte et son potentiel de résistance. J’en aime la liberté. Mon Tokyo est cette première fois où emboitant le pas de Kunihiro Takahashi, cher éditeur de Tosei-sha, je pénétrais dans Kodoji, bar minuscule du Kabuki-cho et haut lieu de vie de la photographie. J’y rencontrais Onaka Koji, mon Tokyo est alors devenu Tokyo candy box, la première exposition organisée à Paris, une ville photographiée comme une suite de modèles réduits, enfantine, colorée et consciente toute à la fois de sa puissance et de la vanité de ses affirmations. Mon Tokyo c’est Jimbocho et ses livres de photos. Mon coup de foudre encore pour New grains of sand de Hiromi Tsuchida, un extraordinaire travail à la fois sur la représentation des foules et sur l’artificialité d’un monde digitalisé. Mon Tokyo est un appétit infini de découvrir mille saveurs et mille photographies et aussi ces amitiés précieuses et fortes, ces engagements radicaux, passionnants car passionnés, cette chance que j’ai de pouvoir partager ces vies….

Photo Anne Garde
Sophie a écrit L’eau et l’huile publié chez Sabine Weispieser.