Archives de catégorie : Fashion

Nozomi Ishiguro – Taboo

Cedric Riveau
En dehors de la Japan Fashion Week de la semaine dernière, Nozomi Ishiguro a présenté sa collection automne-hiver 2012 dans le kitschissime club New Japan à Kabukicho ce 28 mars.
Sous le nom de « Taboo », Ishuguro san a composé des patchworks dans les tons gris et beige sous l’inspiration de Paul Celan et son poème de 1967 Ein Dröhnen.

Ein Dröhnen: es ist die Wahrheit,
selbst unter die Menschen getreten,
mitten ins Metapherngestöber.

Cliquez sur la photo suivante pour voir quelques exemples. Une fois ouverte, déplacez-vous de gauche à droite pour voir l’ensemble de la photo.
Cedric Riveau
La collection complète sur Fashion press.

Aguri Sagimori et Mote Sinabel

Rencontre avec Aguri Sagimori et Mote Sinabel

Très intrigué par les clichés de la dernière collection d’Aguri Sagimori, Neon magazine est allé à la rencontre des deux artistes pour en savoir un peu plus sur leur collaboration. Ils nous ont reçu dans un showroom à Ebisu où nous avons pu discuter autour d’une table, des guimauves enrobées de chocolat et les photos de la collection devant nous.
Cedric Riveau

Sur son site, Aguri Sagimori présente sa collection Animisic ainsi :

Animisic est animal, animé, animation, musique.
Les images de la situation dansent avec un animal en étant mélangé. Je veux créer des choses que je peux ressentir directement en moi. Des choses qui ne nécessitent pas d’explications avec de longues phrases et non des choses auxquelles je pense de façon désordonnée.
Excepté la critique, la colère ou ce qui y ressemble, je rejoins tout ce qui m’est cher.
Ce que je fais est centré à partir de la communication avec les êtres humains puis je crée. Cependant, je l’ai mélangé avec l’existence contre laquelle je me blottis de manière plus plate cette fois-ci.
Vous êtes dominé par les mots si vous les admirez trop.

Vous trouverez des photos de la collection en bas d’article.

Neon magazine : Animisic mélange « animal », « animation », « musique »…
Aguri Sagimori : Oui, c’est ça.

NM : Pourquoi des photos cette fois-ci ? (NDLR : la dernière collaboration entre eux avait conduit à la vidéo naquid.)
Mote Sinabel : Nous n’avons pas eu assez de temps. Et le budget était plus limité aussi. Nous voulions faire une vidéo et c’est d’abord à la vidéo que nous pensions en fait.

NM : Comment votre collaboration a-t-elle commencé ?
AS : Au départ, je voulais faire une vidéo. Et il y a trois ou quatre saisons, Etsuko Meaux m’a montré plusieurs travaux dont celui de Mote. Je suis devenue fan !
MS : Oui, c’est Eiko Saeki et Etsuko Meaux qui nous ont présenté l’un à l’autre puisqu’elles travaillaient chacune avec l’un de nous. (NDLR : Saeki san et Meaux san travaillent comme relations publiques pour la mode.) Aguri et moi nous sommes rencontrés longuement à Paris. Aguri avait donc déjà vu mon travail avant ce premier rendez-vous.

NM : Et vous, connaissiez-vous le travail d’Aguri auparavant ?
MS : Non. Comme je suis basé à Paris, je ne connaissais pas encore son travail.

NM : Comment s’est passée la collaboration pour Animisic ?
MS : Aguri et moi, on se comprend très bien. Il y a une excellente connexion entre nous.
AS : Mote peut faire beaucoup de choses : de la vidéo, de la photo… mais l’idée de départ était de revenir à des ustensiles moins sophistiqués, des techniques non numériques, ce qu’il a accepté sans problème. Et nous nous sommes stimulés l’un et l’autre. Les dessins sont vraiment beaux et il a fait cela en deux heures !
NM : Vous avez peint sur un mur ?
MS : Non, non, sur un papier noir posé sur le sol. Comme elle mentionne les animaux dans le nom de sa collection, j’ai fait des dessins qui se rapprochent des animaux avec un contraste noir et blanc.
AS : Ensuite, nous avons fait les photos ici à Tokyo, avant la présentation de la collection à Paris.
MS : J’ai fait les dessins et les photos le matin même et je suis rentré sur Paris ce jour-là !

NM : Aguri, qu’est-ce que vous aimez dans le travail de Mote ?
AS : Il y a plein de choses en fait… (elle réfléchit) J’aime tout en fait ! (rires) Le côté sombre qui me correspond… mais c’est plutôt notre travail ensemble. Il suffit que je dise vaguement ce que je veux et Mote comprend tout de suite. Ca marche tout de suite. De plus, on se complète. Des choses auxquelles je n’ai pas pensé viennent de Mote parce qu’il comprend très bien mon travail. Quand il prend les modèles en main, ce qu’il produit correspond exactement à ce que je voulais faire sans même que j’ai à l’expliquer longuement.
MS : Sur mon site internet, on voit que mes premiers travaux sont effectivement assez sombres. Mais pour moi, c’est plus du zen, plus pointu. Et c’est justement cela qu’on partage tous les deux. Dès qu’elle dit quelque chose, paf, je comprends aussitôt et je peux le développer pour elle. Quand je travaille avec quelqu’un, je suis inspiré par ce qu’il ou elle fait et je peux me projeter dans ce que souhaite cette personne. Pour moi, la sensibilité est importante pour obtenir un résultat final intéressant. Et pour Aguri et moi, nos sensibilités sont justement très semblables.
NM : Et vous Mote, comment définissez-vous le travail d’Aguri ?
MS : (il réfléchit) De l’obscurité tordue. (rires) Même si pour moi, comme je le disais, ce n’est pas sombre, ce n’est pas négatif. Pour moi, c’est une image de tranquillité dans laquelle je peux sentir ce qui m’entoure.

NM : Quand on regarde naquid et quand on regarde animisic, on pense aux contraires comme par exemple les anges et les démons.
MS : Oui, oui. Noir et blanc. L’ombre et la lumière. C’est une combinaison dans laquelle nous nous exprimons. Les deux vont ensemble.
AS : Oui et le nom de la collection mélange aussi les genres. Je pense qu’on aime bien ça tous les deux.
NM : Nous, ce qu’on aime, c’est la force qui se dégage des clichés et aussi, il ne s’agit pas de clichés de mode traditionnels.

NM : Alors Aguri, vous avez réussi votre rêve : faire un défilé à Paris. (NDLR : voir notre article précédent) Comment ça s’est passé ?
AS : Je suis très heureuse bien sûr, le nombres de magasins a augmenté aussi mais pour les affaires, c’est plus dur. Qui plus est, le yen est très haut en ce moment. Donc pour le business, c’est dur mais faire un défilé à Paris, c’était un rêve.
Cedric Riveau
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Site d’Aguri Sagimori
Site de Mote Sinabel

Japanese streets

Style de la semaine

Chaque lundi, retrouvez le meilleur de la mode depuis les rues de Tokyo. Une collaboration neon.color-lounge.com x http://www.japanesestreets.com

Nihei
35 ans
entre deux boulots

Bonnet – SUPER LOVERS
Manteau – SUPER LOVERS
T-shirt – SUPER LOVERS
Pantalon – non communiqué
Chaussures – mimjuuka
Sac – tutuHA

Photo Kjeld Duits
http://www.japanesestreets.com/

Expos, la sélection de l’automne

Neon magazineConsidérée comme l’une des créatrices les plus influentes de sa génération, Nagi Noda s’en est allée brutalement à l’âge de 34 ans. Le temps quand même de laisser derrière elle une oeuvre reconnue et récompensée, à l’étranger comme au Japon. Réalisatrice de films publicitaires, directrice artistique et artiste tout court, son univers fait de pandas, de coiffures hirsutes et de créatures fantastiques intrigue, amuse et interroge. Immanquable.

Nagi Noda Exhibition
Creation Gallery G8
Jusq’uau 18 novembre

Moins connu que Daido Moriyama, moins sulfureux que Nobuyoshi Araki, Naoya Hatakeyama n’en est pas moins l’un des grands noms de la photographie japonaise contemporaine. Souvent exposé à l’étranger, il est à l’honneur au Musée de la Photographie à Ebisu avec une rétrospective de ses « histoires naturelles ». À (re)découvrir absolument.

Naoya Hatakeyama, Natural Stories
Tokyo Metropolitan Museum of Photography
Jusqu’au 4 décembre

Déjà présentée en Suède, en Allemagne et en France, au Mac Créteil en 2009, au Yamaguchi Center for Arts and Media ensuite en 2010, l’installation Desire of codes de Seiko Mikami explore le système de nos codes sociaux. Conçue de manière interactive, elle se compose de structures mobiles qui s’enclenchent en fonction des mouvements des spectateurs. Une expérience passionnante et un artiste à suivre.

Seiko Mikami, Desire of Codes
NTT ICC Inter Communication Center
Jusqu’au 18 décembre

Hussein Chalayan au MOT l’an dernier, Chic and Luxury : The Age of Fashion en ce moment même au Pola Museum Annex : on ne compte plus les expositions consacrées à la mode et à ses créateurs. Celle-ci a le mérite de mettre en lumière quelques-uns des couturiers japonais les plus prometteurs dans une scénographie imaginée par Ryuji Nakamura. Avec comme souvent à la Tokyo Opera City Art Gallery un impressionnant programme de rencontres et de discussions.

Feel and Think : A new era of Tokyo Fashion
Tokyo Opera City Art Gallery
Jusqu’au 25 décembre