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Pleq – La mélancolie du son

Au début, avouons-le, on a cru qu’il était japonais. Autant d’amis ici, ça ne pouvait pas s’expliquer autrement. Tout faux. Pleq – de son vrai nom Bartosz Diadoz – est polonais, ce qui ne l’empêche pas de sortir certaines de ses productions sur des labels nippons, l’excellent Progressive fOrm notamment. Il est aujourd’hui dans NEON avec en bonus track exclusif le magnifique One night in Tokyo, un morceau signé Pleq et Aki Tomita.

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NEON Magazine : Pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?
Pleq : Je m’appelle Bartosz Dziadosz. J’ai 28 ans, je suis philosophe et je travaille comme musicien expérimental.

NM : Lorsque vous parlez de votre musique, vous utilisez souvent les mots « glitch » et « mélancolie », est-ce que vous pouvez expliquer ces deux mots, et pourquoi ils sont si importants pour vous ?
Pleq : Ce sont deux mots qui correspondent parfaitement à ma musique même si elle ne se réduit pas à cela. Je n’ai pas la prétention de créer une musique d’un genre complètement nouveau, ou que la musique que je produis nécessite un nom à part. En fait, je crois que la plupart de mon travail a à voir avec la mélancolie, une mélancolie dans laquelle viennent s’introduite des éléments de glitch,les boucles par exemple.

NM : Vous semblez avoir beaucoup d’amis au Japon : Aki Tomita, Shintaro Aoki, Fraqsea, Hajimeinoue, etc. Comment expliquez-vous cette proximité ? Est-ce que cela signifie que votre musique a quelque chose en commun avec la sensibilité japonaise, ou quelque chose comme ça ?
Pleq : Je crois que ma musique se rapproche beaucoup de ce que peuvent faire tous ces artistes, mais ce ne sont pas les seuls et il y en a d’autres dans de nombreux pays. Je pense par exemple à Ametsub, qui a masterisé mon CD « Good Night Two » sorti en février 2011 chez Progressive Form. Il y a aussi mon ami manager du label mAtter (NDLR: Yukitomo Hamasaki) à Tokyo. Nous avons eu l’occasion de jouer ensemble à Wroclaw, en Pologne. Ça a été une expérience incroyable. Et pour ce qui est de la sensibilité, ça vient peut-être du fait que je suis fasciné par la culture japonaise. J’ai d’ailleurs l’impression que ma musique y est plus appréciée, mieux comprise que n’importe quel autre pays.

NM : J’aime tout particulièrement votre morceau One night in Tokyo, enregistré avec Aki Tomita, et j’ai été vraiment surpris en découvrant que vous n’étiez jamais allé à Tokyo. Comment avez-vous composé ce morceau ? Est-ce que vous aviez des images de Tokyo en tête ? Des sons ?
Pleq : Merci. Oui, c’est quelque chose d’étrange parce que je n’y suis encore jamais allé mais je travaille beaucoup avec Tokyo, mes CD sont vendus là-bas. En tout cas, oui c’est comme ça que j’imagine une nuit à Tokyo.

NM : Quelques mots sur vos projets à venir ? Des sorties prévues ?
Pleq : Ah, c’est une des mes questions préférées. À Noël dernier, j’ai sorti mon premier vinyl sur le label Berliner. Pour ce vinyl, j’ai collaboré avec Hiroki Sasajima et Harry Towell (Spheruleus). Un autre projet est une collaboration avec Jason (Offthesky) à partir de musiques de films mais je ne sais pas encore exactement quand ça va sortir. Je suis aussi en discussion avec Low Point, Experimedia et Spekk.
Un autre projet est un CD avec Hakobune qui devrait sortir en juin mais je ne sais pas encore sur quel label. Il y aussi des EP avec LUUP, un artiste grec qui joue de la flûte, ça devrait sortir sur le label islandais Wist Rec. Il y a aussi un double Box Cdr avec Spheruleus qui sortira sur Time Released Sound. Et enfin quelques complilations CD sur les labels Progressive FOrM et Mille Plateaux.

Tokyo vu par - Neon magazine

Tokyo vu par… Bruno Quinquet, photographe

Deux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.

Bruno Quinquet n’a pas toujours été photographe. A Paris, c’est comme ingenieur du son qu’il travaillait. Dans son fondement même, sa pratique de la photographie est donc indissociable de Tokyo, la ville qui l’a vue naître. Avec son Bureau d’études japonaises, il y photographie le réel, rien de plus mais rien de moins : Tokyo et ses intérieurs, Tokyo et ses salarymen dont les silhouettes dessinent la ville. Pour NEON Magazine, il a accepté de mettre en mots « son » Tokyo.

Neon magazineBruno Quinquet : « À ma première venue au Japon fin 2001, je ne me doutais pas que le bric-à-brac urbain que je voyais du train qui m’amenait de Narita à Tokyo deviendrait mon terrain de jeu dans une vie future. À l’époque, j’étais ingénieur du son parisien. Dix ans plus tard, me voila photographe Tokyoïte, à la tête d’un improbable « bureau d’études japonaises », atelier de recherches poétiques et photographiques.

Lorsque je me sens à cours d’inspiration pendant mes longues expéditions dans Tokyo, un passage au parc d’Hibiya s’impose. Cet écrin de verdure coincé entre ministères et quartiers d’affaires est pour moi un lieu de prédilection. J’y trouve le parfait cocktail business/nature qui forme la charpente de ma série « salaryman project ». Présenté sous forme d’agenda professionnel illustré, ce travail est une étude de la masculinité dans le monde de l’entreprise, doublé d’un jeu de cache-cache s’amusant de la tension entre photographie candide et vie privée. S’y exprime aussi un certain sens de la saison, perception qui s’est affinée chez moi au contact de la culture japonaise.

Un autre grand plaisir urbain est la découverte de vieux quartiers résidentiels. J’y glane des photos de boîtes aux lettres, fenêtres, plantes, tous ces signes extérieurs qui donnent une identité à chaque habitation et renseignent discrètement sur le style de vie de leurs résidents. De cette collecte est née la série 2LDK (appartement F3), photo collage ou j’installe des fenêtres inconnues dans des vues de mon propre appartement.

On reproche souvent aux villes tentaculaires de générer un certain anonymat. Personnellement, j’adore le sentiment d’isolement dans la foule et je me sens à l’aise avec la retenue japonaise. Je pense que ma découverte de la photographie au Japon m’a permis d’exprimer mon approche contemplative et intériorisée de la ville. »

Photos Bruno Quinquet

Expos, la sélection de l’automne

Neon magazineConsidérée comme l’une des créatrices les plus influentes de sa génération, Nagi Noda s’en est allée brutalement à l’âge de 34 ans. Le temps quand même de laisser derrière elle une oeuvre reconnue et récompensée, à l’étranger comme au Japon. Réalisatrice de films publicitaires, directrice artistique et artiste tout court, son univers fait de pandas, de coiffures hirsutes et de créatures fantastiques intrigue, amuse et interroge. Immanquable.

Nagi Noda Exhibition
Creation Gallery G8
Jusq’uau 18 novembre

Moins connu que Daido Moriyama, moins sulfureux que Nobuyoshi Araki, Naoya Hatakeyama n’en est pas moins l’un des grands noms de la photographie japonaise contemporaine. Souvent exposé à l’étranger, il est à l’honneur au Musée de la Photographie à Ebisu avec une rétrospective de ses « histoires naturelles ». À (re)découvrir absolument.

Naoya Hatakeyama, Natural Stories
Tokyo Metropolitan Museum of Photography
Jusqu’au 4 décembre

Déjà présentée en Suède, en Allemagne et en France, au Mac Créteil en 2009, au Yamaguchi Center for Arts and Media ensuite en 2010, l’installation Desire of codes de Seiko Mikami explore le système de nos codes sociaux. Conçue de manière interactive, elle se compose de structures mobiles qui s’enclenchent en fonction des mouvements des spectateurs. Une expérience passionnante et un artiste à suivre.

Seiko Mikami, Desire of Codes
NTT ICC Inter Communication Center
Jusqu’au 18 décembre

Hussein Chalayan au MOT l’an dernier, Chic and Luxury : The Age of Fashion en ce moment même au Pola Museum Annex : on ne compte plus les expositions consacrées à la mode et à ses créateurs. Celle-ci a le mérite de mettre en lumière quelques-uns des couturiers japonais les plus prometteurs dans une scénographie imaginée par Ryuji Nakamura. Avec comme souvent à la Tokyo Opera City Art Gallery un impressionnant programme de rencontres et de discussions.

Feel and Think : A new era of Tokyo Fashion
Tokyo Opera City Art Gallery
Jusqu’au 25 décembre

Kumisolo, de Paris à Tokyo

Parisienne depuis bientôt dix ans, Kumisolo est de retour au Japon pour une série de concerts. L’occasion de faire le point avec elle et de revenir sur le chemin parcouru, entre Paris et Tokyo. En attendant de la retrouver, sur scène cette fois en tête d’affiche du festival 13complex Vol. 16. dimanche prochain au Trigram, interview et morceau bonus !

NEON Magazine : D’abord, est-ce que tu peux te présenter pour les personnes qui ne te connaissent pas encore ?

Kumisolo : Bonjour les internautes de NEON Magazine ! Je m’appelle kumisolo et je fais de la musique pop à Paris.

NM : Tu es installé à Paris depuis longtemps déjà. Pourquoi Paris et pas une ville comme Londres, que l’on imagine plus ouverte musicalement parlant ?

KS : Cela fait 10 ans que j’habite à Paris. À la base j’étudiais la langue française à l’université au Japon pendant 4 ans et même avant cela, j’aimais bien la nouvelle vague, la chanson française, etc. au lycée. Donc je suis attirée naturellement par Paris. Londres est une ville musicale où il faut faire du rock j’imagine.

NM : Est-ce que trouver ta place à Paris a été facile ?

KS : Oui, je trouve que c’était relativement facile pour moi de trouver ma place car depuis Tokyo je connaissais Mehdi de shobo shobo, un illustrateur français qui a fait la pochette du disque, et il m’a dit, « Si jamais tu viens à Paris, tu peux compter sur moi ». Du coup, j’ai vraiment compté sur lui et j’ai été logée au début de mon séjour chez lui, sa copine et leur chat.

Et très vite, j’ai rencontré des musiciens qui étaient sur le label active suspension grâce au fait que je faisais déjà la musique au Japon car j’imagine qu’ils m’ont trouvé différente.

En tout cas, j’ai de la chance d’être si bien entourée à Paris !

NM : En plus de la musique, tu animes une émission sur konbini.tv, Bento box. Quels sont tes projets pour les mois à venir ?

KS : Bento Box est une émission présentée par kumisolo sur konbini.com et à chaque épisode, j’essaie d’enseigner ce que j’aime transmettre comme savoir faire. Pour l’instant, il y a eu un épisode sur le Origami, un sur le chant, un sur le sleeveface et un sur la recette des beignets aux haricots rouges.

On compte tourner d’autres épisodes fin novembre-début décembre pour pouvoir les mettre en ligne en décembre. Autrement, je vais signer avec un label pour sortir un EP normalement.

NM : Un mot enfin sur la soirée 13complex Vol. 16, est-ce que tu peux nous dire quelques mots sur la programmation ? Tu connais déjà certains artistes qui y participent ?

KS : Je connais Crystal, ils sont venus jouer plusieurs fois à Paris et je connais bien Digiki aussi, je l’avais rencontré à Paris avant qu’il parte à Tokyo. J’ai beaucoup entendu parler de Kyoka, elle a collaboré avec Hypo qui a arrangé un de mes morceaux qui s’appelle « Vodka ». Il y aura beaucoup d’autres groupes qui ont l’air chouette et je suis sûre que cette soirée va être super !

YACHT vs KUMISOLO – Danse Music (YACHT Remix)

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13complex Vol. 16
@ Trigram (Omotesando)
06/11/2011, 17H-23H

Photo Kumi solo habillée par Andrea Crews

Tokyo vu par - Neon magazine

Tokyo vu par… Silvin Barreda, mannequin

Deux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.

Silvin BerredaSi vous ne connaissez pas son nom, son visage, lui, vous est peut-être familier. Silvin Barreda est mannequin, de ceux que l’on voit dans les magazines et sur les affiches 3×4. New-York hier, Paris, Londres ou Berlin demain : les mégapoles sont son terrain de jeu, lui le globe-trotter toujours entre deux avions, deux fuseaux horaires. L’une de ces villes pourtant l’a marqué plus qu’aucune autre : Tokyo vu par Silvin Barreda c’est ici même, en exclusivité pour NEON Magazine.

Silvin Barreda : « Tokyo c’est pour moi comme une deuxième maison. Lors de mon premier séjour, pour mon boulot de mannequin en janvier 2011, j’ai réalisé mon rêve : Tokyo était la ville qui me fascinait le plus. J’en suis tombé amoureux tout de suite, d’elle et de tout ce qui la compose. C’est à Tokyo aussi que j’ai commencé la photo. La ville me donne beaucoup, elle me rend créatif et c’est pour ça que je suis revenu début juillet. J’y ai passé deux mois et demi, prenant toujours le même plaisir à redécouvrir la ville, comme si elle me parlait. C’est sans doute elle d’ailleurs qui m’a soufflé l’idée d’orienter mon travail photo sur l’architecture et la nature. À Tokyo, l’une et l’autre se mêlent jusqu’à parfois ne faire plus qu’un.

Mon Tokyo, c’est Roppongi. C’est là où je viens vivre à chaque fois, tous mes repères sont ici, j’aime ce quartier pour y faire la fête.

Shibuya aussi, pour le coté « j’en prends plein les yeux » avec aussi de très bon clubs comme le Womb, entre autres.

Shinjuku enfin, pour ses buildings au look futuriste et son quartier coréen. »

Photo Silvin Barreda

Aguri Sagimori, créatrice de mode

Plus que trois jours avant la Japan Fashion Week nouvelle formule, rebaptisée Mercedes-Benz Fashion Week Tokyo du nom de son sponsor. L’occasion pour nous de vous présenter l’un des grands espoirs de la mode japonaise, Aguri Sagimori. « Aguri-chan », ainsi que l’appellent affectueusement ses pairs, est jeune, très jeune. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir la tête sur les épaules et des envies à revendre. Portrait.

Cedric RiveauLa première chose qui marque lorsque l’on rencontre Aguri Sagimori, c’est son regard, mystérieux mélange de détermination et de nonchalance. Comme si à 26 ans à peine, elle avait déjà fait le tour de ce tout petit monde qu’est la mode. Née à Osaka d’une mère qui elle-même travaille dans le milieu, son parcours paraît tout tracé : elle suivra le chemin de celle-ci mais à Tokyo, là où tout arrive, où tout se crée. Ensuite les choses se précipitent : elle est à peine diplômée que les premières récompenses arrivent, Grand Prix du jeune designer notamment, puis suivra le prestigieux Grand Prix de la mode du journal Mainichi.

L’année suivante, nous sommes en 2008, c’est la première participation à la Japan Fashion Week et le premier défilé : « À l’époque je ne connaissais pas grand chose, je ne savais pas comment fonctionne un défilé, et même la mode en général. Evidemment, c’était quelque chose d’un peu angoissant, d’inquiétant, et en même temps c’est peut-être grâce à ça que je m’en suis plutôt bien sortie. Enfin, je crois. »

Pour son deuxième défilé, Aguri Sagimori s’inspire du film Les oiseaux d’Alfred Hitchcock. Un choix qui surprend lorsque l’on connaît les goûts de la jeunesse japonaise, d’habitude plus adepte du shopping que des classiques du cinéma. « C’est quelque chose que j’aime, ces ambiances un peu noires, que ce soit les livres de Edogawa Rampo ou les films de Hitchcock. Plus que les choses tout simplement belles, les choses qui brillent, j’aime quand la beauté surgit de quelque chose de sombre. J’ai ça en moi. »

Viendront ensuite 3 autres défilés à la Fashion Week Tokyo jusqu’au dernier, en mars 2010. Ensuite, il y eut un film, réalisé par Mot Sinabel, et une installation présentée au Suntory Museum lors de l’édition Printemps/Été 2011. Depuis, plus de défilés mais de simples présentations en showroom. Aguri Sagimori ne sera pas non plus de cette Fashion Week Tokyo 2012 S/S. Comme si celle qui dit « avoir encore beaucoup à apprendre » était passée à autre chose.

La suite ? Paris, peut-être, ville où elle présente ses collections depuis 2009 dans le cadre du projet Vantan Tokyo. Aguri y est allée quatre fois et visiblement elle n’a pas envie d’en rester là : « un jour, j’aimerais être considérée non plus comme encore une nouvelle maison japonaise venue présenter ses collections à Paris, mais comme une maison parisienne, tout simplement. » C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

http://www.agurisagimori.co.jp

Yayoi Kusama au Centre Pompidou

Yayoi Kusama - Infinity Nets YellowPeintre et sculpteure, performeuse, écrivaine et chanteuse, Yayoi Kusama est l’une des grandes figures de ces cinquante dernières années. L’une aussi dont l’influence a été la plus forte, d’Andy Warhol à Mike Kelley. Si elle fut proche du Pop art et du psychédélisme, son art reste inclassable. Il surprend, amuse ou éblouit parfois, inquiète aussi par sa dimension obsessionnelle : Kusama voit des pois partout. « Ma vie qui est un pois (…) c’est-à-dire un point au milieu de ces millions de particules qui sont les pois« . Une vie de mal être, longtemps tournée vers l’autodestruction et le chaos.

Née dans un Japon en marche vers la guerre, elle s’expatrie en 1957 pour aller chez l’ennemi, les Etats-Unis, plus ouvert à l’art et aux expérimentations. Elle ne connaît personne mais il ne lui faudra pas plus de deux ans pour s’imposer dans le bouillant milieu artistique new-yorkais. Photos, installations, happening, elle crée à tout va et expose avec Jasper Johns, Piero Manzoni, Yves Klein. En 1973, usée, elle retrouve Tokyo dans un état de grande fragilité psychique. À sa demande, elle est alors internée dans l’institution psychiatrique où elle continue à vivre aujourd’hui, près de son atelier.

Conçue de manière chronologique, l’exposition permet de mesurer combien fut déterminant pour Kusama le séjour à New-York. Elle laisse voir aussi la place que prennent les « dots », les fameux pois, dans son oeuvre. Pas vraiment surprenant donc qu’on les retrouve dans l’une pièces les plus fascinantes de l’exposition : suspendues à des fils, de minuscules ampoules de couleur se répondent en clignotant dans ce qui ressemble à un cosmos en miniature : « Je suis arrivée à un moment de mon parcours artistique où il faut que je crée un art pour le repos de mon âme, un art qui tiendra compte de ce que signifie la mort, de la beauté de ses couleurs et de ses espaces, de la tranquillité de ses pas, du « Néant » qui vient après elle. »

Après son passage au Centre Pompidou, l’exposition, déjà présentée au Musée National Reina Sofia de Madrid, ira à la Tate Modern, à Londres, avant de finir son voyage au Whitney Museum of American Art de New-York.

Yayoi Kusama
Centre Georges Pompidou
10 octobre 2011-9 janvier 2012

Crédits photos

En Une : Dots Obsession, Infinity Mirrored Room, 1998
Installation. Peinture, miroirs, ballons, adhésifs, hélium. 280 x 600 x 600 cm
Les Abattoirs Toulouse
©Jean-Luc Auriol

Ci-dessus : Infinity Nets Yellow, 1960
Huile sur toile, 240 x 294,6 cm
Coll. National Gallery of Art, Washington
©National Gallery of Art, Washington

NEON NIGHT Vol.1 : Gutevolk

10 ans bientôt que Hirono Nishiyama a créé Gutevolk, 10 ans et une place bien à elle sur la scène musicale japonaise, quelque part entre l’electronica la plus pointue et la chanson pop d’une Kimura Kaela. Aujourd’hui, avec quatre albums à son actif, Gutevolk est un nom qui compte et NEON Magazine est d’autant plus heureux de l’accueillir pour souffler sa première bougie que ses concerts sont rares. Interview gourmande et cinéphile, à 24 heures de la NEON NIGHT Vol.1.

NEON MAGAZINE : Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Hirono Nishiyama : Je m’appelle Hirono Nishiyama. Depuis 2002, je fais de la musique sous le nom de Gutevolk.

Je compose, j’écris et je chante. Parfois aussi je travaille sur l’image. Mon dernier album, le quatrième, est sorti il y a tout juste un nom, il s’intitule Taiyo no chandelier, en anglais Sun chandelier.

A côté de ça, j’écris aussi des musiques pour des publicités TV, des sites web, des spectacles, des défilés de mode… Et je remixe des morceaux d’autres musiciens.

NM : Pouvez-nous nous parler de ce qui intéresse le plus actuellement, vos passions du moment ?

HN : Alors il y a plusieurs choses qui me passionnent en ce moment, et la première c’est la cuisine. Ces derniers temps je m’intéresse tout spécialement à la cuisine macrobiotique. Je trouve que la façon qu’on y a d’assortir les ingrédients est vraiment originale. Souvent, les plats ont l’air bon rien qu’en les regardant. Et puis réfléchir à la façon de disposer les aliments nous amène aussi à nous intéresser à la nature, aux plats que l’on utilise.

Ce qu’il y a de reseemblant entre la musique et la cuisine, c’est la concentration que ça demande quand on fait ça seul, on en arrive à ne plus pouvoir penser à autre chose. Nos mains s’agitent mais notre cerveau lui est complètement occupé ailleurs. Un peu comme dans le yoga, peut-être. Alors que quand on fait la cuisine à plusieurs c’est complètement différent. J’ai deux filles et elles veulent toujours cuisiner avec moi. Comme elles sont petites elles ne peuvent pas encore tout faire. Couper par exemple reste difficile mais je leur demande souvent de passer quelque chose au mixer, ou de le hacher. En général il se passe plein de choses plus ou moins prévues. C’est une sorte de collaboration, et quelque part ça ressemble à ce qui se passe pendant un concert.

Ensuite il y a la lecture. J’ai toujours un livre dans mon sac. Parfois c’est un livre de cuisine mais ce que je lis le plus quand même ce sont les romans. Je lis un peu de tout mais il y a un écrivain que j’aime par dessus tout depuis l’adolescence, c’est Tatsuhiko Shibusawa. Au mois d’octobre d’ailleurs, le label noble va sortir une compilation autour de l’univers de Shibusawa, et j’ai moi-même composé un morceau pour cette compilation.

Et puis il y a le cinéma. J’ai beaucoup Seijun Suzuki, sa trilogie Taisho notamment. Dans ses films il y a beaucoup de scènes de repas et les personnages donnent vraiment l’impression de se régaler quand ils mangent de la cuisine japonaise. J’aime aussi les films avec Yujiro Ishihara, et de façon générale les vieux films : les images, les vêtements, les bâtiments aussi et leur décoration, je trouve ça terriblement moderne et « cool ». Je regarde aussi des films tchèques.

NM : Dernière question, est-ce que l’on peut vous demander ce que vous avez prévu pour la soirée NEON le 16 septembre ?

J’ai l’intention de faire une sorte de « mini karaoke live » avec à la fois des chansons que j’ai écrites et des images que j’ai créées. Ce sera mon premier concert depuis 1 an ! En fait je n’avais pas vraiment envie de faire des concerts depuis un petit moment mais comme les artistes qui vont jouer le 16 ont tous l’air intéressants j’ai eu envie de participer moi aussi.

Je connais déjà Masato Tsutsui et Moskitoo mais pour les autres par contre ce sera la première fois. Je suis très impatiente de faire leur connaissance !

NEON Magazine présente la NEON NIGHT Vol. 1
Vendredi 16 septembre @ M Event Space & Bar
21:00-05:00

Musique « picnic » by Gutevolk, vidéo by Yuichi Kodama

NEON NIGHT : J-2 !

Plus que deux jours avant la soirée anniversaire de NEON Magazine au M Event Space & Bar à Daikanyama avec un line-up qui s’allonge encore et encore : Gutevolk d’abord qui pour son premier live de l’année nous a préparé un « karaoké mini-live » forcément exceptionnel. Les Français de Alt+Shift ensuite. À l’affiche au Womb le lendemain avec Beataucue (Kitsuné) ils seront là en amis et ceux qui ne les connaissent pas encore risquent d’adorer. Attention à l’addiction…

Sans oublier Nao Tokui, Moskitoo, Fantasista Utamaro (photo ci-contre) et tous les autres déjà au programme : plus que jamais, c’est la soirée à ne pas rater !

NEON Magazine présente la NEON NIGHT Vol. 1
Vendredi 16 septembre @ M Event Space & Bar
21:00-05:00

DJs/
Nao TOKUI (PROGRESSIVE FOrM/op.disc)
David DICEMBRE (Combine)
Julien Sato (MGKC)
Alt+Shift (Bombyx)

… And a very special secret guest !

VJs/
Masato TSUTSUI
Yousuke FUYAMA

LIVEs/
hajimeinoue
Moskitoo
Gutevolk

PERFORMANCEs/
Live painting by Fantasista Utamaro
Photo by Photographer Hal

M Event Space And Bar
Daikanyama Court B1, Ebisu Nishi 1-33-18, Shibuya-ku