Mayuri, itinéraire d’une techno-addict

NM : C’est à cette époque qu’ont commencé les soirées Reboot ?

M : Oui, c’est durant cette période, oui. Mais autour de moi, les amis, les gens que je croisais, tout le monde me disait qu’il fallait refaire un évènement comme la rave que j’avais organisée. Et c’est comme ça qu’a commencé Metamorphose en 2000.

NM : Au départ, est-ce que vous étiez seule pour créer le festival ?

M : Au début, nous étions trois mais l’un des fondateurs est parti après la première édition, ça avait vraiment été trop compliqué. Depuis nous organisons le festival à deux.

NM : Vous avez encore sûrement des souvenirs de cette première édition ?

M : La première fois, ça a vraiment été terrible. Quand on organise un festival en plein air comme celui-ci, il y a des tas de difficultés auxquelles on ne pense pas vraiment : la direction du vent, la reverbération du son par les nuages… Quand on a monté la première édition on ne savait pas tout ça et on a reçu des centaines de coups de fil. Mais bon, tant bien que mal le festival a continué jusqu’à la fin du programme.

NM : Et les éditions précédentes, quels sont les souvenirs que vous en gardez ?

M : Il y en a beaucoup… Les premières années, le festival avait lieu à Nihonland, une sorte de parc d’attractions au pied du Mont Fuji. Et en 2003, comme il a fait un temps magnifique, il s’est produit ce qu’on appelle le « akafuji ». Avec la chaleur, le Mont Fuji nous est apparu complètement rouge, avec des nuages roses au-dessus. Ça a créé une atmosphère vraiment… spirituelle. C’était vraiment super.

NM : Et au niveau musical ?

M : Au niveau musical… En 2005, nous avons eu Underground Resistance, un groupe de Detroit. En fait, cela nous avait pris quatre ans pour les convaincre de venir, nous sommes allés deux ou trois fois à Detroit pour les rencontrer. Ils étaient vraiment durs et ils nous faisaient même un peu peur mais finalement, une fois que la confiance a été établie, ils ont été adorables. Et surtout leur concert a été à la hauteur de nos espérances, c’était vraiment très, très bien.

NM : Et cette année, quelles sont les têtes d’affiche du festival ?

M : Alors cette année nous avons les Flaming Lips, c’est un groupe américain. Leurs concerts sont vraiment impressionnants, ce sont de vrais spectacles, et je crois que leur musique se prête bien au plein air, elle a quelque chose d’un peu organique. Et puis il y a aussi Leftfield, ce sera d’ailleurs leur première venue au Japon (NDLR : le concert de Leftfield a finalement dû être annulé en raison des problèmes de santé d’un des membres).

NM : Parmi les artistes peut-être moins connus, est-ce qu’il y en a que vous attendez particulièrement ?

M : Peut-être Gold Panda, un jeune Anglais qui fait de l’electronica. Il y a quelque chose d’un peu nostalgique dans sa musique. Evidemment, il n’est pas encore très connu mais c’est vraiment bien. Et puis il y a aussi des artistes japonais très intéressants, par exemple Rei Harakami (NDLR : le musicien japonais est décédé quelques jours après l’interview) ou Nisennenmondai, un groupe de filles assez expérimental.

NM : Et parmi les artistes que vous voudriez faire venir ?

M : Kraftwerk ! D’ailleurs cette année nous allons avoir un des anciens membres de Kraftwerk, Karl Bartos. Malheureusement, il paraît qu’il n’est pas en très bons termes avec les autres membres du groupe alors… Il y a beaucoup d’artistes que je voudrais faire venir, Daft Punk aussi par exemple, mais là je crois que ça va être compliqué…

NM : La dernière question. Est-ce que vous auriez des lieux ou des soirées à conseiller à nos lecteurs qui sont à Tokyo ?

M : Hmm… Le Eleven, sans doute. Et pour les soirées Real Grooves, je crois que c’est là que ça se passe en ce moment.

Sans oublier les deux soirées régulières auxquelles participe Mayuri : Reboot au Eleven et Fierce Sounds au Amate-raxi ! Et en bonus, un morceau live du groupe nisennenmondai, à l’affiche de Metamorphose 2011.

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