Mayuri, itinéraire d’une techno-addict

C’est l’une des figures de la scène électronique japonaise, l’une de celles par qui la techno est arrivée à Tokyo, il y a près de 20 ans. Infatigable derrière les platines, Mayuri est aussi à l’origine de l’un des plus importants festivals de musique électronique du Japon, Metamorphose. Interview à deux semaines de l’édition 2011.

NEON Magazine : Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Mayuri : Je suis DJ, tendance techno/techno-house. Et aussi productrice du festival Metamorphose.

NM : Vous mixez depuis déjà longtemps je crois, est-ce que vous pouvez nous parler de votre parcours ?

M : Oui, en fait ça fait près de 20 ans que je mixe. J’ai habité pendant quatre ans à Londres. À l’époque, l’acid-house venait d’apparaître, ce devait être en 1987. Mais je n’ai commencé à mixer moi-même qu’une fois rentrée au Japon. J’adorais la techno mais à l’époque cela n’existait pas encore à Tokyo. Et donc j’ai voulu faire connaître cette musique ici, puisque personne d’autre ne s’en chargeait.

NM : Quels étaient les clubs à la mode à Tokyo à l’époque ?

M : À l’époque à Tokyo il y avait surtout le Gold, un très grand club vers Shibaura beaucoup plus grand que le Womb aujourd’hui par exemple. On y passait toujours de la house. Le club faisait cinq étages, avec la piste principale au 2è étage. Il y avait une autre piste au-dessous, une au-dessus et un bar au dernier étage.

NM : Vous organisiez des soirées là-bas ?

M : Oui, j’ai commencé en même temps à en organiser et à mixer. La soirée s’appelait Odyssey et j’y mixais moi-même. Odyssey comme la découverte d’un nouveau monde, d’un nouveau monde musical.

NM : Depuis cette époque avez-vous l’impression que le Tokyo des clubs et de la nuit a beaucoup changé ?

M : Oh oui, ça a beaucoup changé. Les soirées Odyssey ont d’ailleurs changé elles aussi, en se rapprochant de plus en plus de la trance psychédélique. Cette musique a d’ailleurs connu un grand boom dans tout le Japon et le nombre de soirées a explosé.

NM : Mais le Gold a fermé ?

M : Oui, il a fermé. Il restait alors le Yellow (NDLR : actuel Eleven). Les soirées Odyssey ont elles disparu en 1995 et à cette occasion, j’ai organisé une sorte de rave-party sur 3 jours avec mon ex-mari. Mais ça a vraiment été terrible…

NM : C’était organisé où ?

M : À Izu, comme Metamorphose d’ailleurs, un peu plus du côté des montagnes. Nous avions toutes les autorisations mais il a fait mauvais, il a plu et ça a vraiment été quelque chose… En plus, avec les préparatifs je n’avais pas dormi de la semaine. J’adore les soirées comme ça, sur plusieurs jours. À Londres j’allais à des rave-party chaque semaine et je voulais en organiser une moi-même. Mais ça a été plus terrible encore que ce que j’avais imaginé. Et j’ai décidé d’arrêter les soirées pour un moment tout en continuant à mixer. Ça devait être entre 1995 et 2000.

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