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Rinko Kawauchi – Illuminance

Illuminance - Rinko KawauchiNM : Pourquoi « petit » ?
RK : Non non, c’est l’objet ou le sujet qui est petit ! Et cet objet ou ce sujet est inclus dans le monde qui l’entoure qui lui est grand. Et justement, tous ces objets du quotidien, nous les relions entre eux. Ils sont reliés. Et moi-même, je suis reliée à eux. Une tasse donc, je peux ressentir de la sympathie pour elle. C’est ça mon monde, un monde qui est en expansion grâce à mon quotidien, ma vie de tous les jours, des objets interconnectés entre eux par moi.

NM : Vous faites des collections d’objets ?
RK : Oui, j’aime beaucoup la vaisselle justement. Ce verre par exemple. (Elle nous montre le verre qui est là, devant elle, dans le café).

NM : Très « japonais ».
RK : Oui, oui

NM : Dans vos photos, la couleur dominante est le bleu. Est-ce que vous voyez le monde en bleu ?
RK : (rires) Non je ne pense pas. Ce monde bleuté… c’est plus une couleur qui me va bien, qui me plaît et que j’aime utiliser.

NM : À quoi vous fait penser le bleu ?
RK : Le bleuté ?… la clarté. La tristesse… ce genre de choses.

NM : Vous avez travaillé dans la publicité où vous preniez aussi des objets. C’était si différent que ça ?
RK : Oui bien sûr. Pour moi, c’est un travail commercial. Vous devez vendre quelque chose. Vous devez prendre une photo pour une compagnie commerciale. Point. Rien d’artistique. J’ai appris des choses à ce moment-là et j’ai bien aimé ce que je faisais. J’ai aussi cette capacité à faire du commercial mais ça s’arrête là.

NM : Qu’est-ce qui a fait que vous avez voulu devenir une photographe artistique et non plus une photographe commerciale ?
RK : Je n’y ai jamais vraiment réfléchi. Le travail commercial et le travail artistique sont tellement différents pour moi. Je veux dire que ce que je fais en tant qu’artiste vient de mon intérieur, du fond de moi. On est à l’opposé d’un travail commercial qui n’est qu’une « mission ».

NM : C’est votre œil, votre voix interne qui vous dit de prendre une photo ?
RK : Mon instinct. Comme une voix interne. En fait, quand je prends une photo, mon corps bouge de lui-même pour prendre la photo. Je ne suis pas en train de penser à comment sera le cliché suivant… c’est mon instinct qui guide mon corps. Comme si j’étais une athlète. C’est au moment de la post-production que je commence à réfléchir à ce que j’ai pris ou à pourquoi j’ai pris ça. Dans ma chambre noire. C’est un moment très important pour moi, un moment où je communique avec mes photos.

NM : Qui sont les personnes qui vous ont influencée ?
RK : Ma mère. Elle n’était pas artiste, elle était femme au foyer. Mais elle travaillait tellement dur pour nous. Mon père avait sa propre entreprise commerciale à Shiga et elle a fait faillite suite à de nombreuses erreurs. J’avais 4 ans et nous avons dû partir à Osaka. Nous avons tout perdu : logement, argent… c’était vraiment très dur. Ma mère n’avait pas le choix. Elle a dû se mettre à travailler très dur, tous les jours du matin jusqu’au soir, sept jours sur sept. Pour cette raison, j’ai beaucoup de respect pour elle.

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