Yoshitaka Haba, le passeur de livres

Vous le savez sans doute, l’homme qui avait tué plusieurs personnes à Akihabara vient d’être condamné à mort. Quand j’ai découvert les images du drame à la télévision, c’était en 2008, ça m’a d’abord fait peur. Et puis je me suis souvenu d’un livre, Lemon de Motojiro Kajii. C’est un livre qui a été publié dans les années 1920. Le personnage principal, qui habite à Kyoto, apprend qu’il a la tuberculose. À l’époque, la tuberculose c’est une maladie dont on ne guérit pas donc évidemment le personnage principal de ce roman est désespéré, « Ah, je vais mourir…« . Il se dit que sa vie n’aura été qu’un échec et il marche dans la ville, comme ça, d’une humeur sinistre. C’est alors qu’il trouve un citron, et ce citron lui évoque la forme d’une bombe. La bombe qu’il a en lui et qui est en train de le tuer, petit à petit. Alors il va chez Maruzen (NDLR : nom d’une grande chaîne de librairies) et il le laisse là, ce citron. C’est tout. C’est juste l’histoire comme ça d’un homme désespéré qui a un geste insensé.

Et donc en découvrant les images de la tuerie à la télévision, je me suis dit que le désespoir que l’on peut ressentir aujourd’hui et celui qu’a pu ressentir le héros du roman, dans les années 1920 donc, et bien ce désespoir il ne devait pas être très différent. Il paraît même qu’à l’époque où est sorti le livre, plein de gens sont venus comme ça, déposer un citron chez Maruzen. Ça devait être quelque chose de cher pourtant à l’éppque, un citron. En tout cas voilà, le désespoir d’aujourd’hui est sans doute le même mais aujourd’hui il y a comme ça un homme qui a décidé de tuer. Et si cet homme avait connu ce roman, Le citron, peut-être qu’il n’aurait pas tué. Peut-être que ça aurait été du 50/50. Évidemment, ça restait son choix mais au moins il y avait une autre possibilitê. Et le fait qu’il y ait cette autre possibilité, ce choix en plus, un peu comme les tiroirs dont je parlais tout à l’heure, c’est je crois très important, très « élégant ».

NM : La dernière question : si vous deviez conseiller un livre, un seul, à quelqu’un qui voudrait savoir comment c’est, le Japon, quel livre choisiriez-vous ?

YH : Un livre… C’est une question très difficile… Ah oui, pourquoi pas ce livre, Katachi, de Yoshio Hayakawa. C’est un livre qui est sorti dans les années 1960, je crois, un livre sur le design des objets traditionnels au Japon. Alors, ils sont classés par matières, vous avez le bois par exemple. Les photos de ces objets ont un style assez particulier. Voilà, c’est le livre que je conseillerais.

http://www.bach-inc.com

Une réflexion au sujet de « Yoshitaka Haba, le passeur de livres »

  1. Roxie

    Any government that needs “new streams of re2#eue&n82v1; should have their legislature and executive branches donate their salaries back into the public coffers. Oh, wait. I forgot. We’re their indentured servants, so they just need to find more ways to steal our money. Why should they even bother to consider the unintended consequences when there’s always someone else to rob?

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