Takashi Homma - New Documentary"

Takashi Homma, « New Documentary »

Takashi Homma - New DocumentaryNM : Vous demandez donc aux gens d’apporter leurs histoires dans votre travail ?
TH : Tout à fait. J’aime beaucoup le mélange et les allers-retours entre la fiction et la réalité. C’est vraiment ce que j’aime, ce qui me plaît.

NM : Que dites-vous à quelqu’un qui vous dit qu’il n’aime pas ou ne comprend pas votre travail ?
TH : Je dirais… Mais vous savez, il y a tellement de types de gens… mais je me moque de ce que tout le monde peut penser.

NM : Quelle œuvre vous a le plus influencé ?
TH : Pas mal de choses… je dirais… les artistes contemporains qui utilisent la photographie mais pas les photographes qui font de la photographie. Comme Ed Ruscha ou Richard Prince.

NM : Qu’avez-vous acquis lors de votre deux années à Londres ?
TH : C’était au début de la trentaine. Je me cherchais à cette époque-là. Mon expérience principale là-bas est « l’individualité ». En fait, les Japonais sont très polis, gentils, aimables mais tout le monde regarde ou pense de la même façon. Je suis moi-même japonais mais déjà quand j’étais enfant, je trouvais ça lourd, difficile à porter. À Londres, l’individualité m’a beaucoup influencé, non pas comme une façon d’aller dans une autre direction mais plutôt de ne pas copier les autres. Pour moi, aller à Londres n’était pas seulement partir mais plutôt de devenir original ! Quand on part, on doit expliquer pourquoi, les gens ne comprennent pas et face à cela, j’ai fini par me dire que j’avais peut-être tort. Or, après Londres, j’ai su que j’avais eu raison de partir car j’avais pu me prouver quelque chose, trouver mon chemin. C’est une expérience très importante et très positive pour moi.

NM : Vous seriez prêt à repartir vivre à l’étranger ?
TH : Non… je suis trop vieux pour ça. (rires) Voyager me convient. De plus à Londres, au départ, je travaillais pour moi-même. Je photographiais la communauté gay, des soirées clubbing, des transsexuels… je faisais des portraits. Et un jour, j’ai montré mon travail au directeur artistique du magazine i-D (NDLR : Takashi Homma y a travaillé pendant son séjour) et il m’a félicité sur mon travail. Mais il ne comprenait pas pourquoi moi, un japonais hétéro, j’allais photographier des gays anglais. (rires) À l’époque, je me suis dit que je devais trouver ma personnalité photographique, ma marque. Ça a été un déclic. Et c’est après cette expérience que j’ai pu commencer Tokyo suburbia. Même si je peux voyager un peu partout car j’ai des amis un peu partout, maintenant je veux travailler sur Tokyo.

NM : Tokyo, amour de ma vie ?
TH : (rires) Non mais Tokyo est super stressante… mais je l’adore. C’est une vraie relation d’amour et de haine, moitié-moitié. Mais c’est cela aussi que j’ai compris quand je vais quelque part. Il y a du positif et du négatif. C’est aussi pour cela que je souhaite travailler sur ma ville.

NM : Pour prendre des gens en photo ?
TH : Je continue à prendre des gens en photo, des jeunes. Vous ne le savez peut-être pas mais en décembre dernier, j’étais éditeur en chef du magazine Coyote qui est spécialisé dans les portraits. Je continue ma recherche sur différents types de portraits. Par exemple, dans ce magazine, j’ai fait une quinzaine de pages du portrait de la même jeune fille de dix ans dans sa vie de tous les jours.

NM : Merci pour cet interview aujourd’hui. Une dernière petite question : quel adjectif choisiriez-vous pour qualifier votre travail ?
TH : « Superflat » créé par Murakami est intéressant et c’est d’ailleurs assez évident pour le Japon où tout est « superflat » comme avec les estampes par exemple. Mais en même temps, je n’ai pas vraiment de qualificatif pour mon travail.

À la Art Gallery de Tokyo Opera City en ce moment et jusqu’au 26 juin.
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