FLOW by Apollo - Satoshi Kurosaki

Interview de Satoshi Kurosaki

FLOW by Apollo - Satoshi KurosakiAu Japon, il y a cette culture des espaces confinés que l’on retrouve par exemple dans la culture du thé, avec les cha-shitsu (NDLR : littéralement « salles de thé »). Il y a cette idée que les petits espaces, les lieux clos peuvent être source d’équilibre, de tranquillité intérieure. C’est je crois une constituante de l’identité japonaise, et d’ailleurs on en trouve bien d’autres exemples : les karaoké box, les capsule hôtel… Il y a aussi les bistrots où l’on se retrouve pour boire et s’amuser en groupe. Ils sont souvent faits de petits espaces isolés les uns des autres.

Et depuis longtemps déjà il y a ce qu’on appelle le cha-no-ma, ce petit espace où la famille se réunissait. C’est là où l’on mangeait, où l’on dormait aussi. C’était le lieu de la communication. Les chambres individuelles sont quelque chose de récent. Ce qu’on appelle le LDK (NDLR : Living Dining Kitchen), ce mode de disposition des pièces moderne, à l’américaine, est arrivé au Japon dans les années 50, après la guerre. Jusque-là, le Japon était toujours dans cette culture du cha-no-ma. Un espace collectif, le même pour tous, que ce soit pour les enfants quand ils font leurs devoirs ou pour dormir le soir, après avoir sorti les futons. C’était pour beaucoup des logements bon marché, les murs étaient très fins et les constructions de piètre qualité. On pouvait entendre les bruits de l’extérieur. En Europe aussi on a construit beaucoup de logements comme ceux-là.

Ce que nous faisons ici à Tokyo se situe dans la continuité de cette culture et c’est quelque chose que je trouve très intéressant parce que c’est aussi une culture de l’achèvement, de la perfection.

NM : Mais est-ce que ce manque d’espace ne peut pas être aussi source de frustration ?

SK : Pour moi ce n’est pas un défaut, bien au contraire. J’y vois la marque d’une identité, d’un style original. La question après c’est de savoir ce que l’on en fait. C’est là l’un des enjeux, trouver comment s’exprimer dans cet espace, trouver la forme appropriée. Ce n’est pas la maison d’un autre, c’est la mienne, elle me correspond. C’est comme le prêt-à-porter et le sur mesure dans la mode. Nous ce que l’on fait c’est du sur mesure. Prendre les mensurations, penser le bâtiment comme l’on ferait pour un vêtement. C’est justement parce que l’espace est limité que l’on peut trouver des solutions originales. Même sans avoir beaucoup d’argent on peut trouver des astuces, et c’est justement pour ça aussi que l’on pourra aimer sa maison, parce qu’on y aura mis du sien. En tout cas c’est comme ça que je vois les choses, dans ce chemin à parcourir.

2 réflexions au sujet de « Interview de Satoshi Kurosaki »

  1. Ping : Tweets that mention Interview de l'architecte japonais Satoshi Kurosaki - Apollo -- Topsy.com

  2. Ping : media掲載 2011 | 建築家 黒崎敏の主宰する建築設計事務所 APOLLO Architects & Associates|News

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *