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Aguri Sagimori et Mote Sinabel

Rencontre avec Aguri Sagimori et Mote Sinabel

Très intrigué par les clichés de la dernière collection d’Aguri Sagimori, Neon magazine est allé à la rencontre des deux artistes pour en savoir un peu plus sur leur collaboration. Ils nous ont reçu dans un showroom à Ebisu où nous avons pu discuter autour d’une table, des guimauves enrobées de chocolat et les photos de la collection devant nous.
Cedric Riveau

Sur son site, Aguri Sagimori présente sa collection Animisic ainsi :

Animisic est animal, animé, animation, musique.
Les images de la situation dansent avec un animal en étant mélangé. Je veux créer des choses que je peux ressentir directement en moi. Des choses qui ne nécessitent pas d’explications avec de longues phrases et non des choses auxquelles je pense de façon désordonnée.
Excepté la critique, la colère ou ce qui y ressemble, je rejoins tout ce qui m’est cher.
Ce que je fais est centré à partir de la communication avec les êtres humains puis je crée. Cependant, je l’ai mélangé avec l’existence contre laquelle je me blottis de manière plus plate cette fois-ci.
Vous êtes dominé par les mots si vous les admirez trop.

Vous trouverez des photos de la collection en bas d’article.

Neon magazine : Animisic mélange « animal », « animation », « musique »…
Aguri Sagimori : Oui, c’est ça.

NM : Pourquoi des photos cette fois-ci ? (NDLR : la dernière collaboration entre eux avait conduit à la vidéo naquid.)
Mote Sinabel : Nous n’avons pas eu assez de temps. Et le budget était plus limité aussi. Nous voulions faire une vidéo et c’est d’abord à la vidéo que nous pensions en fait.

NM : Comment votre collaboration a-t-elle commencé ?
AS : Au départ, je voulais faire une vidéo. Et il y a trois ou quatre saisons, Etsuko Meaux m’a montré plusieurs travaux dont celui de Mote. Je suis devenue fan !
MS : Oui, c’est Eiko Saeki et Etsuko Meaux qui nous ont présenté l’un à l’autre puisqu’elles travaillaient chacune avec l’un de nous. (NDLR : Saeki san et Meaux san travaillent comme relations publiques pour la mode.) Aguri et moi nous sommes rencontrés longuement à Paris. Aguri avait donc déjà vu mon travail avant ce premier rendez-vous.

NM : Et vous, connaissiez-vous le travail d’Aguri auparavant ?
MS : Non. Comme je suis basé à Paris, je ne connaissais pas encore son travail.

NM : Comment s’est passée la collaboration pour Animisic ?
MS : Aguri et moi, on se comprend très bien. Il y a une excellente connexion entre nous.
AS : Mote peut faire beaucoup de choses : de la vidéo, de la photo… mais l’idée de départ était de revenir à des ustensiles moins sophistiqués, des techniques non numériques, ce qu’il a accepté sans problème. Et nous nous sommes stimulés l’un et l’autre. Les dessins sont vraiment beaux et il a fait cela en deux heures !
NM : Vous avez peint sur un mur ?
MS : Non, non, sur un papier noir posé sur le sol. Comme elle mentionne les animaux dans le nom de sa collection, j’ai fait des dessins qui se rapprochent des animaux avec un contraste noir et blanc.
AS : Ensuite, nous avons fait les photos ici à Tokyo, avant la présentation de la collection à Paris.
MS : J’ai fait les dessins et les photos le matin même et je suis rentré sur Paris ce jour-là !

NM : Aguri, qu’est-ce que vous aimez dans le travail de Mote ?
AS : Il y a plein de choses en fait… (elle réfléchit) J’aime tout en fait ! (rires) Le côté sombre qui me correspond… mais c’est plutôt notre travail ensemble. Il suffit que je dise vaguement ce que je veux et Mote comprend tout de suite. Ca marche tout de suite. De plus, on se complète. Des choses auxquelles je n’ai pas pensé viennent de Mote parce qu’il comprend très bien mon travail. Quand il prend les modèles en main, ce qu’il produit correspond exactement à ce que je voulais faire sans même que j’ai à l’expliquer longuement.
MS : Sur mon site internet, on voit que mes premiers travaux sont effectivement assez sombres. Mais pour moi, c’est plus du zen, plus pointu. Et c’est justement cela qu’on partage tous les deux. Dès qu’elle dit quelque chose, paf, je comprends aussitôt et je peux le développer pour elle. Quand je travaille avec quelqu’un, je suis inspiré par ce qu’il ou elle fait et je peux me projeter dans ce que souhaite cette personne. Pour moi, la sensibilité est importante pour obtenir un résultat final intéressant. Et pour Aguri et moi, nos sensibilités sont justement très semblables.
NM : Et vous Mote, comment définissez-vous le travail d’Aguri ?
MS : (il réfléchit) De l’obscurité tordue. (rires) Même si pour moi, comme je le disais, ce n’est pas sombre, ce n’est pas négatif. Pour moi, c’est une image de tranquillité dans laquelle je peux sentir ce qui m’entoure.

NM : Quand on regarde naquid et quand on regarde animisic, on pense aux contraires comme par exemple les anges et les démons.
MS : Oui, oui. Noir et blanc. L’ombre et la lumière. C’est une combinaison dans laquelle nous nous exprimons. Les deux vont ensemble.
AS : Oui et le nom de la collection mélange aussi les genres. Je pense qu’on aime bien ça tous les deux.
NM : Nous, ce qu’on aime, c’est la force qui se dégage des clichés et aussi, il ne s’agit pas de clichés de mode traditionnels.

NM : Alors Aguri, vous avez réussi votre rêve : faire un défilé à Paris. (NDLR : voir notre article précédent) Comment ça s’est passé ?
AS : Je suis très heureuse bien sûr, le nombres de magasins a augmenté aussi mais pour les affaires, c’est plus dur. Qui plus est, le yen est très haut en ce moment. Donc pour le business, c’est dur mais faire un défilé à Paris, c’était un rêve.
Cedric Riveau
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Site d’Aguri Sagimori
Site de Mote Sinabel

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Cedric Riveau

Jin Kuramoto Studio

Neon magazine a rendu visite à Jin Kuramoto dans son studio.
Designer d’objets d’intérieur, l’homme a été récompensé pour son travail avec, notamment, les prix IF Design et Good Design. Il a fondé son propre studio en 2008 après avoir travaillé pendant 7 ans comme designer à partir de 2000. Ces rock vases étant sans doute sa création la plus connue, il a aussi réalisé des choses aussi diverses que des porte-manteaux, un service à thé, des chaises ou encore des lampes. (voir la galerie en bas de page.)
Cet homme sympathique nous a fait faire le tour de son endroit – où il est installé depuis 2010, juste à côté de la station Nakameguro – avant de répondre à quelques unes de nos questions. (Interview en page 2)
Jeune designer à la recherche d’un stage, rendez-vous en page 2 pour une petite annonce.

Cedric Riveau
L’espace, séparé en deux par une longue bibliothèque, est constitué par la partie avec les bureaux et l’atelier de conception à gauche et la partie pour les clients à droite. La moitié de l’espace est consacrée aux réunions pour que les clients se sentent bien. Perché en haut d’un immeuble, la vue est exceptionnelle et l’orientation est-ouest apporte beaucoup de lumière.
Les prototypes sont fabriqués ici même, côté bureaux, principalement à partir d’une mousse bleue taillée.
Cedric Riveau
La bibliothèque, centre névralgique de l’endroit, fourmille de livres de designers appréciés par Jin. Comme la table de réunion, Jin l’a dessinée et construite lui-même. Sur le dessus, on trouve de multiples maquettes de produits réalisés par le designer, des échantillons de matériaux pour donner une aperçu aux clients ainsi que des objets qu’il affectionne. Les livres et magazines qu’on y trouve servent de source d’inspiration aux visiteurs.
Cedric Riveau
L’équipe est composée de trois personnes : Yui, 23 ans, assistante designer, Jin Kuramoto, 35 ans et Katsu Nakano, concepteur designer, 30 ans.
Cedric Riveau
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Sélection de Noël

Noël, c’est dans un mois. Pour vous aider dans vos achats de fin d’année, toute l’équipe de Neon magazine s’est réunie pour vous proposer un petit guide d’achats tendance, design ou simplement pratique.[table "11" seems to be empty /]

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Izima Kaoru pour Neon magazine

Rencontre avec Izima Kaoru, photographe

Prénom : Kaoru. Nom : Izima. Profession : photographe. L’artiste a reçu Neon magazine dans son studio du sud de Tokyo. Au dernier étage d’un immeuble de la fin des années 60, avec des canapés design et quelques meubles éclairés par un magnifique lampadaire, tous de la même époque, nous avons pénétré dans ce vaisseau spatio-temporel de l’ère Showa avec ses fenêtres arrondies, ses chambranles en poutres et son véritable parquet qui craque. Un endroit entièrement rénové. De toute beauté. Assis sur le sofa, dans une atmosphère bon enfant, le photographe Izima nous a raconté son histoire, son rapport à la mode, ses magazines. Rencontre avec un touche à tout qui éclate de rire souvent mais qui cache une farouche détermination et qui poursuit le même objectif depuis des années : faire ce qu’il aime. Interview.

Cedric Riveau pour Neon magazineNeon magazine : Izima san, nos lecteurs ne vous connaissent pas forcément. Pourriez-vous présenter votre carrière et ce que vous faites.
Izima Kaoru : Je n’aime pas bien faire ma propre présentation… (rires) En général, les Japonais n’aiment pas beaucoup ça. (rires) Comment vous dire… (il réfléchit) J’ai toujours fait de la photo. Au départ, je faisais plutôt des reportages, des documentaires. Après, comme j’avais des amis musiciens, je me suis mis à faire des photos et à l’occasion des couvertures d’album ou des vidéos clips de plusieurs musiciens. Ensuite, des photos de mode pour des magazines. Et après, des photos de publicités et aussi des publicités pour la télévision… j’ai fait beaucoup de choses qui se sont enchaînées au fur et à mesure. Ce n’est que plus tard, en regardant en arrière, que j’ai réalisé que j’avais fait tout ça. À ce moment-là, j’ai aussi créé des magazines. Le premier s’appelait Sale, c’était un magazine gratuit… quand j’avais 25 ans environ. Je n’avais pas de travail à ce moment-là et je me suis dit que si je voulais travailler, il fallait que je fasse quelque chose moi-même. On distribuait nous même la publication et on vendait des pages de publicité à des magasins pour financer la publication.
Ensuite, avec des amis, avec toutes les photos sur la musique qu’on avait, on a fait un magazine qui s’appelait Cassette magazine. Ça faisait 16 pages. On vendait le magazine accompagné d’une cassette, le tout dans un sac.
Après, en revoyant mes photos de mode, j’ai pensé à faire un autre magazine. Quand je regardais les publications de l’époque, je les trouvais ennuyeuses. J’étais content de travailler pour des magazines mais je n’ai jamais vraiment eu un grand intérêt pour la mode. Bien sûr, je travaillais dans d’excellentes conditions : des grands mannequins, des vêtements magnifiques. J’ai appris beaucoup mais petit à petit, c’est devenu moins intéressant.
On me disait aussi qu’il fallait montrer les vêtements comme ci ou comme ça, devant un mur blanc pour ci ou pour ça. C’est devenu ennuyant. J’avais envie de photographier autrement, différemment des standards visuels, ce que je faisais déjà un peu d’ailleurs. Et je me suis dit : « Tiens ça serait bien si le modèle était un « corps », même pour une photo de mode ». Aucun magazine ne m’a permis de prendre des photos de modèles comme cela. C’était regrettable pour moi parce que je savais qu’il y avait là une idée à creuser. Je voulais donc développer ça coûte que coûte et le montrer aux gens. La seule façon de pouvoir le faire était donc de créer mon propre magazine. C’est comme cela que j’ai commencé zyappu.
J’ai donc pu publier mes photos comme je voulais pendant 5 ans. Et au bout de 5 ans, l’éditeur a mis la clé sous la porte donc on a arrêté le magazine.
Pour cette série que je voulais continuer, une galerie allemande m’a demandé de faire une exposition solo. J’avais enfin un regard extérieur qui me disait de continuer parce que cela avait un intérêt. C’est ce que j’ai fait, sans avoir à publier de magazine. J’ai pu développer les photos telles quelles et commencer à les vendre.

NM : Nous sommes en quelle année là ?
IK : En 2000. C’est en 2000 que j’ai commencé à montrer et à vendre mes photos à travers des expositions. Tout en faisant cela, j’ai continué à réaliser ce que je faisais avant : des publicités, des clips…

NM : Et maintenant, vous travaillez sur quelque chose de nouveau ?
IK : En plus de ma série des corps, il y a la série One Sun (NDLR : sur des photos ronde, avec un fisheye et une pause allant jusqu’à 24h, Izima san retrace le parcours du soleil dans le ciel), il y a des travaux que je n’ai pas encore annoncés, des essais que je suis en train de faire et qui deviendront des travaux photographiques. Il y en a plusieurs pour le moment.
Il y a aussi une exposition pour l’année prochaine, en juillet (NDLR : voir la note n°1 en bas de la page 2). Je vais présenter de nouvelles photos sur ma série des corps.

NM : Bonne nouvelle ! On a hâte de voir ça !
IK : Merci ! (rires) Il s’agit d’une exposition collective au musée de la ville de Toyota sur le thème de la mort.

NM : Des photos de grandes tailles ?
IK : Oui, oui, comme celles que vous avez vues à Tokyo photo 2011.

NM : Oui, parce que quand nous avons vu cette grande photo de Maki Sakai en Jil Sander, nous avons tout de suite eu envie de faire un papier sur vous.
IK : Mais vous savez, c’est très difficile d’exposer des photos de cette taille dans les galeries. Je suis donc très content de faire cette exposition à Toyota parce qu’on pourra mettre des grands tirages. C’est en fait le premier musée japonais à m’avoir invité.

NM : Ah bon ?!
IK : Oui, il y a finalement peu de réaction de la part des musées japonais et du public.

NM : Comment considérez-vous votre travail ? Mystérieux ou ironique ?
IK : C’est une question intéressante… parce que je n’avais pas pensé à ça. (rires) Je n’ai pas l’intention de faire un travail mystérieux ou ironique. Je pense que je suis quelqu’un d’assez direct. Mais les gens qui se posent des questions sur mon travail pensent que je cherche à rendre positif un aspect des choses qui peut être négatif. Ce n’est pas histoire de changer quelque chose. C’est plutôt de dire que ce n’est pas quelque chose de négatif. Ce que les gens considèrent comme négatif, au contraire, je le vois comme positif. C’est ce que je cherche à dire avec mes photos. À propos de la mort, c’est quelque chose que les Japonais ont plutôt envie d’éviter. Les gens n’ont pas vraiment envie de parler de ça, de s’en approcher.

NM : La mort est plutôt un sujet tabou dans beaucoup de cultures.
IK : Oui, oui, les hommes en ont plutôt peur. Mais aussi, chez nous, il y a une certaine dimension esthétique de la mort avec par exemple les kamikaze, harakiri… Les gens pensent donc souvent que moi aussi, je fais un travail esthétique sur la mort. Pour moi, pas particulièrement. En fait, la mort n’est pas si différente de la naissance. Les deux sont au même niveau. La naissance est quelque chose qu’on célèbre et qui est merveilleux. Pourquoi la mort ne serait-elle pas la même chose ?

NM : Mais vous ne montrez pas de vrais morts.
IK : Exactement ! Mais aucun de nous ne peut voir sa naissance ou sa mort. Quand on voit une naissance, on pense que c’est merveilleux parce qu’on sait que nous-même on est né et que c’est fabuleux d’être de ce monde. C’est aussi ce que chacun pense de la naissance d’un autre. Mais pour son propre décès, on ne peut pas savoir comment cela va se passer. Une fois décédé, on peut se demander : « Comment je suis mort ? dans la douleur ? dans la maladie ? » Quand les gens regardent en arrière, ils devraient se dire que leur vie a été célébrée, que leur vie a été intéressante et c’est comme cela que la mort de chacun devrait se dérouler. C’est l’image que je souhaite donner. Et la personne elle-même décédée célèbre sa propre mort. C’est cela que je veux montrer. C’est pourquoi je ne cherche pas à montrer une mort réaliste mais mon image de la mort, ma philosophie sur ce moment.

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Kumisolo, de Paris à Tokyo

Parisienne depuis bientôt dix ans, Kumisolo est de retour au Japon pour une série de concerts. L’occasion de faire le point avec elle et de revenir sur le chemin parcouru, entre Paris et Tokyo. En attendant de la retrouver, sur scène cette fois en tête d’affiche du festival 13complex Vol. 16. dimanche prochain au Trigram, interview et morceau bonus !

NEON Magazine : D’abord, est-ce que tu peux te présenter pour les personnes qui ne te connaissent pas encore ?

Kumisolo : Bonjour les internautes de NEON Magazine ! Je m’appelle kumisolo et je fais de la musique pop à Paris.

NM : Tu es installé à Paris depuis longtemps déjà. Pourquoi Paris et pas une ville comme Londres, que l’on imagine plus ouverte musicalement parlant ?

KS : Cela fait 10 ans que j’habite à Paris. À la base j’étudiais la langue française à l’université au Japon pendant 4 ans et même avant cela, j’aimais bien la nouvelle vague, la chanson française, etc. au lycée. Donc je suis attirée naturellement par Paris. Londres est une ville musicale où il faut faire du rock j’imagine.

NM : Est-ce que trouver ta place à Paris a été facile ?

KS : Oui, je trouve que c’était relativement facile pour moi de trouver ma place car depuis Tokyo je connaissais Mehdi de shobo shobo, un illustrateur français qui a fait la pochette du disque, et il m’a dit, « Si jamais tu viens à Paris, tu peux compter sur moi ». Du coup, j’ai vraiment compté sur lui et j’ai été logée au début de mon séjour chez lui, sa copine et leur chat.

Et très vite, j’ai rencontré des musiciens qui étaient sur le label active suspension grâce au fait que je faisais déjà la musique au Japon car j’imagine qu’ils m’ont trouvé différente.

En tout cas, j’ai de la chance d’être si bien entourée à Paris !

NM : En plus de la musique, tu animes une émission sur konbini.tv, Bento box. Quels sont tes projets pour les mois à venir ?

KS : Bento Box est une émission présentée par kumisolo sur konbini.com et à chaque épisode, j’essaie d’enseigner ce que j’aime transmettre comme savoir faire. Pour l’instant, il y a eu un épisode sur le Origami, un sur le chant, un sur le sleeveface et un sur la recette des beignets aux haricots rouges.

On compte tourner d’autres épisodes fin novembre-début décembre pour pouvoir les mettre en ligne en décembre. Autrement, je vais signer avec un label pour sortir un EP normalement.

NM : Un mot enfin sur la soirée 13complex Vol. 16, est-ce que tu peux nous dire quelques mots sur la programmation ? Tu connais déjà certains artistes qui y participent ?

KS : Je connais Crystal, ils sont venus jouer plusieurs fois à Paris et je connais bien Digiki aussi, je l’avais rencontré à Paris avant qu’il parte à Tokyo. J’ai beaucoup entendu parler de Kyoka, elle a collaboré avec Hypo qui a arrangé un de mes morceaux qui s’appelle « Vodka ». Il y aura beaucoup d’autres groupes qui ont l’air chouette et je suis sûre que cette soirée va être super !

YACHT vs KUMISOLO – Danse Music (YACHT Remix)

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

13complex Vol. 16
@ Trigram (Omotesando)
06/11/2011, 17H-23H

Photo Kumi solo habillée par Andrea Crews

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NEON NIGHT Vol.1 : Gutevolk

10 ans bientôt que Hirono Nishiyama a créé Gutevolk, 10 ans et une place bien à elle sur la scène musicale japonaise, quelque part entre l’electronica la plus pointue et la chanson pop d’une Kimura Kaela. Aujourd’hui, avec quatre albums à son actif, Gutevolk est un nom qui compte et NEON Magazine est d’autant plus heureux de l’accueillir pour souffler sa première bougie que ses concerts sont rares. Interview gourmande et cinéphile, à 24 heures de la NEON NIGHT Vol.1.

NEON MAGAZINE : Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Hirono Nishiyama : Je m’appelle Hirono Nishiyama. Depuis 2002, je fais de la musique sous le nom de Gutevolk.

Je compose, j’écris et je chante. Parfois aussi je travaille sur l’image. Mon dernier album, le quatrième, est sorti il y a tout juste un nom, il s’intitule Taiyo no chandelier, en anglais Sun chandelier.

A côté de ça, j’écris aussi des musiques pour des publicités TV, des sites web, des spectacles, des défilés de mode… Et je remixe des morceaux d’autres musiciens.

NM : Pouvez-nous nous parler de ce qui intéresse le plus actuellement, vos passions du moment ?

HN : Alors il y a plusieurs choses qui me passionnent en ce moment, et la première c’est la cuisine. Ces derniers temps je m’intéresse tout spécialement à la cuisine macrobiotique. Je trouve que la façon qu’on y a d’assortir les ingrédients est vraiment originale. Souvent, les plats ont l’air bon rien qu’en les regardant. Et puis réfléchir à la façon de disposer les aliments nous amène aussi à nous intéresser à la nature, aux plats que l’on utilise.

Ce qu’il y a de reseemblant entre la musique et la cuisine, c’est la concentration que ça demande quand on fait ça seul, on en arrive à ne plus pouvoir penser à autre chose. Nos mains s’agitent mais notre cerveau lui est complètement occupé ailleurs. Un peu comme dans le yoga, peut-être. Alors que quand on fait la cuisine à plusieurs c’est complètement différent. J’ai deux filles et elles veulent toujours cuisiner avec moi. Comme elles sont petites elles ne peuvent pas encore tout faire. Couper par exemple reste difficile mais je leur demande souvent de passer quelque chose au mixer, ou de le hacher. En général il se passe plein de choses plus ou moins prévues. C’est une sorte de collaboration, et quelque part ça ressemble à ce qui se passe pendant un concert.

Ensuite il y a la lecture. J’ai toujours un livre dans mon sac. Parfois c’est un livre de cuisine mais ce que je lis le plus quand même ce sont les romans. Je lis un peu de tout mais il y a un écrivain que j’aime par dessus tout depuis l’adolescence, c’est Tatsuhiko Shibusawa. Au mois d’octobre d’ailleurs, le label noble va sortir une compilation autour de l’univers de Shibusawa, et j’ai moi-même composé un morceau pour cette compilation.

Et puis il y a le cinéma. J’ai beaucoup Seijun Suzuki, sa trilogie Taisho notamment. Dans ses films il y a beaucoup de scènes de repas et les personnages donnent vraiment l’impression de se régaler quand ils mangent de la cuisine japonaise. J’aime aussi les films avec Yujiro Ishihara, et de façon générale les vieux films : les images, les vêtements, les bâtiments aussi et leur décoration, je trouve ça terriblement moderne et « cool ». Je regarde aussi des films tchèques.

NM : Dernière question, est-ce que l’on peut vous demander ce que vous avez prévu pour la soirée NEON le 16 septembre ?

J’ai l’intention de faire une sorte de « mini karaoke live » avec à la fois des chansons que j’ai écrites et des images que j’ai créées. Ce sera mon premier concert depuis 1 an ! En fait je n’avais pas vraiment envie de faire des concerts depuis un petit moment mais comme les artistes qui vont jouer le 16 ont tous l’air intéressants j’ai eu envie de participer moi aussi.

Je connais déjà Masato Tsutsui et Moskitoo mais pour les autres par contre ce sera la première fois. Je suis très impatiente de faire leur connaissance !

NEON Magazine présente la NEON NIGHT Vol. 1
Vendredi 16 septembre @ M Event Space & Bar
21:00-05:00

Musique « picnic » by Gutevolk, vidéo by Yuichi Kodama

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Mayuri, itinéraire d’une techno-addict

C’est l’une des figures de la scène électronique japonaise, l’une de celles par qui la techno est arrivée à Tokyo, il y a près de 20 ans. Infatigable derrière les platines, Mayuri est aussi à l’origine de l’un des plus importants festivals de musique électronique du Japon, Metamorphose. Interview à deux semaines de l’édition 2011.

NEON Magazine : Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Mayuri : Je suis DJ, tendance techno/techno-house. Et aussi productrice du festival Metamorphose.

NM : Vous mixez depuis déjà longtemps je crois, est-ce que vous pouvez nous parler de votre parcours ?

M : Oui, en fait ça fait près de 20 ans que je mixe. J’ai habité pendant quatre ans à Londres. À l’époque, l’acid-house venait d’apparaître, ce devait être en 1987. Mais je n’ai commencé à mixer moi-même qu’une fois rentrée au Japon. J’adorais la techno mais à l’époque cela n’existait pas encore à Tokyo. Et donc j’ai voulu faire connaître cette musique ici, puisque personne d’autre ne s’en chargeait.

NM : Quels étaient les clubs à la mode à Tokyo à l’époque ?

M : À l’époque à Tokyo il y avait surtout le Gold, un très grand club vers Shibaura beaucoup plus grand que le Womb aujourd’hui par exemple. On y passait toujours de la house. Le club faisait cinq étages, avec la piste principale au 2è étage. Il y avait une autre piste au-dessous, une au-dessus et un bar au dernier étage.

NM : Vous organisiez des soirées là-bas ?

M : Oui, j’ai commencé en même temps à en organiser et à mixer. La soirée s’appelait Odyssey et j’y mixais moi-même. Odyssey comme la découverte d’un nouveau monde, d’un nouveau monde musical.

NM : Depuis cette époque avez-vous l’impression que le Tokyo des clubs et de la nuit a beaucoup changé ?

M : Oh oui, ça a beaucoup changé. Les soirées Odyssey ont d’ailleurs changé elles aussi, en se rapprochant de plus en plus de la trance psychédélique. Cette musique a d’ailleurs connu un grand boom dans tout le Japon et le nombre de soirées a explosé.

NM : Mais le Gold a fermé ?

M : Oui, il a fermé. Il restait alors le Yellow (NDLR : actuel Eleven). Les soirées Odyssey ont elles disparu en 1995 et à cette occasion, j’ai organisé une sorte de rave-party sur 3 jours avec mon ex-mari. Mais ça a vraiment été terrible…

NM : C’était organisé où ?

M : À Izu, comme Metamorphose d’ailleurs, un peu plus du côté des montagnes. Nous avions toutes les autorisations mais il a fait mauvais, il a plu et ça a vraiment été quelque chose… En plus, avec les préparatifs je n’avais pas dormi de la semaine. J’adore les soirées comme ça, sur plusieurs jours. À Londres j’allais à des rave-party chaque semaine et je voulais en organiser une moi-même. Mais ça a été plus terrible encore que ce que j’avais imaginé. Et j’ai décidé d’arrêter les soirées pour un moment tout en continuant à mixer. Ça devait être entre 1995 et 2000.

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ILLUMINANCE Cover Design Idea foil

Rinko Kawauchi – Illuminance

Cedric RiveauLes photos de Rinko Kawauchi sont comme hors du temps. Elles nous parlent de choses simples, les objets qui nous entourent, le temps qui passe, les êtres qui nous sont chers. À l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Illuminance, elle nous a reçus pour une interview intime et délicate au café ART + EAT Bakuro-cho, à quelques pas de la galerie Foil avec laquelle elle travaille aujourd’hui.

Neon magazine : Bonjour Rinko. Pour commencer, est-ce que vous pouvez nous expliquer quand et comment vous avez commencé la photographie ?
Rinko Kawauchi : Quand j’étais à l’université. J’étudiais le graphisme à cette époque et j’avais un cours de photographie une fois par semaine. J’ai aimé de plus en plus et je me suis concentré sur la photo plus que sur le graphisme.

NM : Et le graphisme dans tout ça ?
RK : Plus rien ! À priori, je n’en ferai jamais.

Quand j’ai fini mes études, j’ai travaillé dans un studio photo, je faisais des publicités. À Osaka. En fait, je suis née à Shiga mais j’ai grandi à Osaka. Dans ce studio, je n’ai travaillé qu’un an. Après, je suis venu m’installer à Tokyo où j’ai aussi travaillé en studio pendant deux ans avant de devenir indépendante.

NM : Pourquoi venir à Tokyo ?
RK : Ben vous savez… Osaka… Vous y êtes déjà allés ? Je veux dire c’est une ville sympa, pour vivre… mais en ce qui concerne le boulot, c’est pas terrible surtout pour la photo. Il y a très peu d’éditeurs ou de boîtes… donc j’ai décidé de venir à Tokyo aussi parce que j’avais besoin de m’améliorer, d’apprendre d’autres techniques, de travailler l’éclairage, la manipulation des appareils photo… ce que je ne pouvais pas trouver à Osaka. Vous savez, mon travail consistait à prendre des objets, des choses de peu d’intérêt… ça ne m’excitait pas vraiment.

La quantité de studios dans la capitale est aussi bien plus importante et je pouvais trouver des choses plus intéressantes à faire.

NM : Vous connaissiez quelqu’un quand vous êtes arrivée ?
RK : Non.

NM : Vous pouvez nous expliquer comment vous travaillez ?
RK : (Elle réfléchit) J’aime les détails, les petites choses qui nous entourent. En fait, le quotidien me fascine. Ce qui est à des kilomètres, loin de moi, ça me parle beaucoup moins. Surtout si je ne connais pas. Mais une tasse par exemple, elle peut représenter le monde qui m’entoure. Le petit univers qui m’entoure lui m’intéresse beaucoup parce que c’est celui dans lequel je vis.

NM : On pourrait donc définir votre travail par quelque chose comme: « Voici mon univers » ?
RK : Oui, c’est ça.

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Expos, la sélection du printemps

S’il fallait n’en choisir qu’un alors c’est sûr ce serait lui, la star de ce printemps : Takashi Homma fait l’événement avec son exposition New documentary à la Tokyo Opéra City Art Gallery – nous vous en parlions dés l’ouverture. Avec Photographs, la Gallery 360 degrees expose elle une trentaine de clichés sélectionnés par le photographe lui-même parmi ses séries les plus célèbres : Tokyo suburbia, Tokyo & My daughter ou M. A ne pas rater, évidemment !

Gallery 360 degrees
Du 25 avril au 21 mai

L’exposition Be alive ! a ouvert à la mi-janvier, aucune allusion donc dans son titre à la catastrophe qui a touché le Japon depuis. N’empêche, si l’art peut transmettre quelque chose de ce qu’est la vie, alors cette exposition est un message d’espoir à ne pas rater : Yoshitomo Nara, Miwa Yanagi, Kohei Nara ou encore Yasumasa Morimura, difficile de faire mieux. Et comme de toute façon tous les prétextes sont bons pour aller faire un tour au Musée Hara on n’hésite pas un instant !

Hara Museum of Contemporary Art
Jusqu’au 12 juin

La première fois que l’on a entendu son nom c’était au Llove, l’hôtel éphémère ouvert pendant la Design Tide 2010. Hideyuki Nakayama en avait imaginé la chambre 301, Little big room, la plus japonaise de toutes avec ses tatamis et ses cloisons de papier. Il est aujourd’hui à l’honneur à la Gallery Axis avec ses Small Big House et c’est l’une des jolies découvertes du printemps.

AXIS Gallery
Du 27 avril au 8 mai

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Yoshitaka Haba, le passeur de livres

Cibone, Loveless, The Contemporary Fix… La liste des réalisations du BACH de Yoshitaka Haba ressemble comme deux gouttes d’eau à un guide idéal du Tokyo chic et tendance. Pas surprenant venant de celui qui a révolutionné la façon dont on vend et classe les livres. Il nous a recus dans ses bureaux, à Aoyama pour nous parler de livres, bien sûr, mais aussi de l’Ipad, de Kenji Miyazawa et d’un mystérieux citron qui se prend pour une bombe… Interview.

NEON Magazine : Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter pour les lecteurs de NEON Magazine ?

Yoshitaka Haba : À l’origine, je travaillais dans une librairie, le Aoyama Book Center de Roppongi, j’ai travaillé là-bas jusqu’en 2002. J’ai un peu tout fait là-bas, et même jusqu’à la caisse, mais à l’origine j’étais en charge de l’architecture et du design. C’est moi qui m’occupais des acquisitions, par exemple.

En fait, à l’université, ma spécialité c’était le droit et les sciences politiques. Ce n’est pas que ça ne m’intéressait pas du tout, mais moi ce qui passionnait c’était l’art. J’étudiais tout seul, par moi-même, et aussi avec un professeur, chez qui j’allais. Et puis comme c’est vrai aussi que j’avais toujours aimé ça, je me suis retrouvé à travailler dans cette librairie.

Et c’est justement à l’époque où j’ai commencé à travailler dans cette librairie que le marché du livre s’est considérablement transformé avec l’essor d’Amazon. Les gens ont commencé à moins venir dans les librairies. Et c’est là que je me suis dit : « Et bien, si les gens ne viennent plus dans les librairies, il faut que les librairies aillent à eux. »

Donc, après avoir quitté Aoyama Book Center, j’ai voulu créer mes propres librairies, ou plus exactement des lieux où l’on pourrait vendre des livres. C’est comme ça que sont nées par exemple les boutiques du National Art Center ou l’espace librairie de la boutique Cibone. Plus récemment, j’ai aussi travaillé sur une boutique de vêtements à Yokohama.

C’est ce qui me motive maintenant, créer des lieux de rencontres entre les gens et les livres. J’ai commencé en 2003 avec le Tsutaya Tokyo, celui qui est installé au bas de Roppongi Hills, à côté des boutiques de luxe. C’est moi qui me suis chargé de la sélection des livres proposés. Les résultats ont été bons, en termes de chiffres d’affaires comme en termes d’images, ce qui ma permis de recevoir d’autres propositions.

À l’étranger, ce genre de lieux c’est quelque chose qui existait déjà, mais au Japon c’était nouveau. Jusque-là, les librairies devaient être des lieux impeccables, et les livres tous bien rangés et en parfait état.

NM : Oui, le Tsutaya Tokyo c’est celui où il y aussi un Starbucks, et on peut prendre les livres avec soi pour les feuilleter en buvant son café.

YH : Oui, et comme en plus il est situé à Roppongi (NDLR : l’un des quartiers les plus animés de Tokyo, la nuit notamment. Les étrangers y sont nombreux) il est ouvert 24h/24, ou presque, un peu comme certains grands cinémas. L’idée, ce n’est pas seulement de créer un espace pour les livres, c’est de créer un lieu de rencontres, un média presque. Et donc ensuite j’ai reçu d’autres propositions et j’ai pu travailler sur d’autres projets.

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Takashi Homma - New Documentary"

Takashi Homma, « New Documentary »

Takashi Homma - PortraitTakashi Homma est un chroniqueur.
Avec ses photos, il nous montre un Tokyo loin des paillettes, un album de famille, une chaîne de restauration rapide, la vie de tous les jours d’une petite fille ou encore des traces de sang sur la neige. Son bonnet en coton vissé sur la tête, il se balance sur sa chaise tout en répondant aux questions pour parler du choix du titre de sa rétrospective. Il parle de son travail sans vraiment en parler parce que ça ne l’intéresse pas d’en faire une analyse. Il parle avec son cœur, signe son œuvre de son sang justement. Lui, il veut juste que les gens voient ce qu’ils ont envie de voir devant ses photos. Comme si ce n’était pas déterminé. Une chose est sûre pourtant, New Documentary montre bien à quel point il ne veut pas qu’on le rattache au photo-journalisme. Ce nouveau documentaire se différencie de l’uniformité des images qu’on nous balance tous les jours, surtout en cette période de catastrophe nationale après le séisme du 11 mars, parce qu’il souhaite montrer des points de vue différents. D’ailleurs, l’organisation de l’exposition a été revue jusqu’à la dernière minute. On entre par la sortie habituelle, l’emplacement des photos a été finalement décidé vers 5 heures, le matin du vernissage.
On navigue donc dans le grand cœur de cet homme modeste avec cette rétrospective qui n’en est pas tout à fait une. Interview.

 

Neon Magazine : Pourriez-vous vous présenter s’il vous plaît ?
Takashi Homma : Je suis un photographe qui s’intéresse à l’art contemporain et à la photographie. En fait, au Japon, la plupart des gens pensent que la photographie est juste de la photographie, que ce n’est pas un art contemporain. Mais je dirais que la photographie est en rapport avec l’art contemporain. C’est pour cette raison que je fais des expositions dans des musées d’art contemporain.

NM : Vous voulez dire que vous ne voudriez pas exposer au musée de la photographie à Ebisu par exemple ?
TH : Oui, en fait, il y a plusieurs années, ils m’ont contacté mais j’ai refusé pour cette raison précise. Le musée de la photographie d’Ebisu n’est pas un musée d’art contemporain. Dans quelques temps, je n’exclus pas la possibilité d’exposer là-bas mais d’abord, pour une grande exposition comme celle-ci, je tiens à le faire dans un musée d’art contemporain. Comme à Kanazawa au musée du XXIe siècle où cette rétrospective a commencé.

NM : Comment définissez-vous votre travail ?
TH : Avec cette exposition, j’avais la possibilité de montrer tout mon travail mais je n’ai pas souhaité cela. J’ai voulu montrer mes travaux récents, mes travaux en cours. En fait, l’idée de faire une rétrospective qui montre tout ne m’intéresse pas en soi. Donc j’ai décidé de changer le concept de cette exposition avec mes travaux en cours. C’est ce qu’on peut voir réparti ici dans les différentes pièces.

NM : Selon vous, quelle est la constante dans votre travail ?
TH : Les gens me disent souvent que ce que je fais est très disparate, que mes travaux sont très disparates. Mais pour moi, il n’y a pas de différence. Je choisis toujours le concept et le sujet n’est pas si important. Je recherche une façon de prendre des photos, une façon de faire en tant que photographe. Ici, j’ai mis New Documentary (NDLR : titre de l’exposition) parce que les gens pensent au documentaire comme une partie intégrante du journalisme, comme dans les reportages photo des magazines par exemple. Pour moi, ce n’est vraiment qu’un aspect… je réfléchis à d’autres façons, des chemins alternatifs parce que je pense qu’il y a beaucoup de manières d’approcher un thème ou un fait de société. Je veux ainsi proposer plusieurs chemins pour voir un documentaire. Par exemple, avec Tokyo and my daughter, j’ai fait un album photo. L’album photo de famille est un type de documentaire très important. Surtout avec le séisme du 11 mars, beaucoup de gens ont perdu leur famille et l’album de famille est un devenu un objet précieux pour eux quand ils le regardent. C’est un souvenir, une chose très importante et la photographie leur rappelle ce qui est perdu par exemple.

NM : Votre travail est-il objectif alors ?
TH : Les gens font ce qu’ils veulent de mes photos. Je propose une façon de voir ce qui m’entoure mais l’audience est libre de le voir comme elle le veut. Pour moi, un bon travail ou une bonne photo se trouve dans la combinaison de toutes les façons avec lesquelles on peut la regarder. Par exemple dans Trails (NDLR : son dernier travail), les gens voient ce qui apparait devant leurs yeux comme bon leur semble. « Oh, c’est du sang de cerf » pour l’un ou « Tiens des taches de peinture ! » pour l’autre et ça c’est ok. Justement, tout à l’heure, une femme qui m’interviewait me demandait : « Mais comment vous avez fait pour mettre du sang à cet endroit ? » (rires) Mais je trouve ça super, ça me fait plaisir. Une personne va voir du sang, une autre de la peinture ou autre chose et c’est ce que je veux !
À l’opposé, le documentaire photographique typique ne propose qu’une lecture : « Oh, regardez cet enfant qui meurt de faim ! » ou quelque chose comme cela. C’est très triste parce qu’il y a plein de possibilités dans chaque photo et que c’est ainsi qu’il faut les montrer.

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Bread, Espresso

Bread & Espresso

Bread & EspressoCafé Nalu, Bio Ojiyan Café, Mother Kurkku, sans oublier celui par qui tout a commencé ou presque, le Lotus : pas sûr qu’il y ait dans Tokyo plus forte concentration de cafés que dans le dédale des rues et ruelles de Jingumae. À Nakameguro peut-être, ou Shimokitazawa, et encore. Autant dire que le Bread, Espresso & n’a pas choisi la facilité en s’installant ici. Deux ans plus tard le pari est pourtant gagné et on n’est pas vraiment surpris. Il faut dire que le café dispose d’un atout de choix : sa terrasse, petite certes, quelques tables et un long bloc de béton faisant office de comptoir, mais plus ensoleillée que celle du Unmarble tout proche, moins bruyante aussi. Un véritable amour de terrasse.

Et il n’y a pas que ça, évidemment : il y a les pains, préparés et cuits sur place, baguettes bien sûr mais aussi petits pains au lait de soja, à la tomate ou à la framboise. Il y a les thés et les cafés, expressos notamment, excellents – mais avec un nom pareil on ne pouvait pas s’attendre à moins. Et puis il y a la déco, très dans l’air du temps, avec ses tons blanc-bleu, ses chaises de bois aux couleurs chaudes et ses luminaires tout en rondeurs. Très scandinave dans son inspiration, et surtout très réussie.

Au final on adore et vu la foule qui se pressait lorsque nous y sommes passés nous ne sommes pas les seuls. Tant mieux pour eux, et surtout bon anniversaire le Bread, Espresso & !

Bread, Espresso &
Ouvert tous les jours de 8H à 20H (sauf les 2ème et 4ème lundis du mois)
3-4-9 Jingumae Shibuya-ku Tokyo 150-0001
Tél. : 03-5410-2040
Accès Wi-fi

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FLOW by Apollo - Satoshi Kurosaki

Interview de Satoshi Kurosaki

TEPE by Apollo - Satoshi KurosakiPas mal de temps déjà qu’ici, à NEON, on suit les réalisations d’Apollo Architects & Associates, dans Designboom ou ailleurs. Pureté des lignes, sens de l’espace, sans oublier les matériaux, béton et verre notamment… Dans leurs travaux on retrouve tout ce qui fait qu’on aime tant l’architecture japonaise, et Tokyo avec.

Satoshi Kurosaki, le maître des lieux, nous a reçus et il fut question de béton justement, un peu, des Small Houses, beaucoup, et aussi du cha-no-ma, cet espace de vie à la vie japonaise. Interview.

Satoshi Kurosaki : Nous essayons de construire des choses sans âge, comme hors du temps. Pour les bâtiments de commerces ou de bureaux, la question peut se poser différemment mais pour les lieux d’habitation, nous visons quelque chose qui reste dans la norme, de supra normal, comme hors du temps.

NEON Magazine : C’est vrai que Tokyo peut sembler une ville sans âge, l’histoire y est beaucoup moins présente que dans les villes européennes, par exemple. Ce qui marque aussi à Tokyo c’est l’effet de surprise sans cesse renouvelé que procure la ville.

SK : Oui, il faut savoir que la quasi totalité des terrains situés à l’intérieur de Tokyo sont la propriété de particuliers et non d’institutions ou de collectivités. On dit que la ville est constituée de 1.800.000 terrains, et seulement 100.000 sont la propriété de ces institutions. Ce qui veut dire que c’est d’abord l’initiative privée qui dessine la ville. Cela signifie une certaine liberté dans la construction, chacun peut construire le bâtiment qu’il veut. Et en même temps, de mon expérience, je peux dire que cela passe aussi par un souci du voisinage, le respect des règles de bonne manière. Les propriétaires s’inquiètent toujours de ne pas déranger les habitations voisines.

NM : Lors d’une interview avec Shinobu Nomura, la commissaire d’exposition de Tokyo Opera City Art Gallery lors de l’exposition consacré à Dominique Perrault, celle-ci nous expliquait que contrairement aux architectes européens, qui vont toujours se soucier des bâtiments voisins lorsqu’ils réalisent un projet, pour les architectes japonais cela n’est pas si important dans la mesure où les bâtiments voisins ne dureront peut-être pas.

SK : Oui, c’est vrai. Et il ne faut pas oublier non plus que tout ça c’est aussi une question de stocks et de flux. À Tokyo, la durée de vie moyenne d’un bâtiment est de 26 ans. Un bâtiment devient vieux très vite et si en Europe les bâtiments prennent de la valeur avec le temps au Japon c’est le contraire. Par exemple, pour les constructions en bois, au bout de 10 ans on dit qu’elles ne valent plus rien, 0 yen. Ce qui veut dire que les investissements ne sont pas rentables, on perd de l’argent au contraire. Et ça vaut aussi pour les terrains. Au Japon, l’investissement foncier n’existe pas. Dans d’autres pays d’Asie où les terrains appartiennent pour beaucoup à l’état ou aux collectivités, il y a pour les plus riches ce désir de devenir propriétaires. C’est vrai en Chine, en Corée aussi. À Tokyo, il est toujours possible de bâtir sa propre habitation, y compris ici à Jinbocho, même si c’est souvent sur une surface très réduite. En cela Tokyo est une ville un peu folle et c’est ce qui la rend je crois très intéressante.

Bruce Mennel

9/6/12 – Carte blanche to Redbox – HPT

En cloture du festival Hors Pistes Tokyo, le collectif Redbox avec carte blanche pour organiser une soirée au WWW à Shibuya.
Masayuki Kawai & Ryota Hamasaki ont ouvert le spectacle, suivi de notre ami hajimeinoue avec la dernière installation de nos autres amis RDV. Au coeur de la soirée, Optimo est monté sur scène pour un set enflammé.
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Photos : Bruce Mennel

Hors Pistes Tokyo

Soirée Redbox – Hors Pistes Tokyo

Ce samedi 9 juin, dans le cadre du festival Hors Pistes Tokyo, la soirée Carte blanche à Redbox va réunir une paire d’artistes qui vous donne envie de vous déplacer pour en prendre plein les mirettes et les esgroudes !
Ca se passe au WWW à Shibuya, ça commence à 23 heures et vous pourrez entendre :
JD Twitch
– Gonno
– Notre cher ami hajimeinoue
L’installation visuelle sera assurée par nos autres amis : RDV.

Venez nombreux !

Hors Pistes Tokyo 2012

soirée RedboxEt voilà, c’est parti pour la deuxième version de Hors Pistes Tokyo !

Du 2 au 10 juin 2012, le festival des nouvelles tendances artistiques présentera une grande sélection d’artistes du monde entier issus du cinéma, de la musique, de la danse, de la photographie, de la vidéo ou encore de l’art digital.
La présence de Chris Marker est remarquée pour les soirées du 3, 9 et 10 juin à l’institut français de Tokyo.

Le 4 juin aura lieu une soirée de projections au M à partir de 18h30

Du 5 au 7 juin, une série de courts métrages d’artistes internationaux au Uplink

Le 7 juin, une soirée de performances live auront lieu au Uplink à partir de 19h

Le 9 juin, la performance Bestiaire se déroulera au musée Hara de Tokyo

La soirée de cloture du 9 juin est à ne pas rater avec une carte blanche à Redbox à partir de 23h au www

Venez vous faire surprendre et admirer. Venez rencontrer les artistes et discuter avec eux.
Plus d’informations et de détails sur le site officiel de Hors Pistes Tokyo ou avec le programme (5Mo)

Otomo Katsuhiro – GENGA Exhibition

Difficile de présenter Ôtomo Katsuhiro sans abuser de superlatifs ! Figure tutélaire du manga contemporain, cité comme influence majeure par bon nombre de mangaka, et loué même par le grand Moebius, l’homme a signé dans les années 80 un mythe de la science-fiction en bande dessinée, Akira. Et c’est bien sûr autour de cette œuvre de poids, qui fut pour nombre d’occidentaux la porte d’entrée vers le manga et/ou la culture japonaise, qu’est structurée la rétrospective Otomo Katsuhiro GENGA Exhibition ouverte depuis le 9 avril dans les lumineux espaces du Chiyoda Arts Center. Akira, oui bien entendu, mais pas que…
Neon magazine était au vernissage. Impressions.

La plus grande salle rassemble les planches originales de titres moins connus du grand public mais tout aussi forts, comme Dômu – Rêves d’Enfants, Highway Star, ou Magnetic Rose, ainsi qu’une multitude d’illustrations couleurs tirés d’Akira, Robot Carnival, ou des deux art-books Kaba, des réalisations pour la publicité, pour les magazines, pour la télévision ou encore quelques (trop) rares crayonnés et celluloïds.
Comme pour la peinture classique c’est la puissance de la couleur, la maitrise du trait, sa technicité, le foisonnement de détails ou même l’épaisseur du papier, les petites erreurs corrigées parfois, et toutes les petits choses qui échappent aux reproductions imprimées qu’on à le plaisir de découvrir et à étudier ici, s’extasiant devant tant de finesse, de précision, d’inventivité et même d’humour parfois.

Si l’aura des 3000 planches originales d’Akira reste intact pour les fans, ravis de pouvoir vérifier chaque trait, chaque phylactère, ou chaque aplat de la série culte, c’est surtout du côté de la dernière salle que l’effervescence est à son comble : pour une poignée de yens reversées à l’association caritative Think the Earth (engagée entre autre dans la reconstruction du Tôhoku) vous pouvez en effet enfourcher la rutilante monture de Kaneda et enfiler son tout aussi iconique cuir rouge.

Le mur éclaté par la force psychique d’un des protagonistes de Dômu a beau être également impressionnant, difficile de rivaliser avec un deux roues mythique…

Mais plus encore que ces attractions taille réelle c’est l’immense fresque inaugurée par le maître himself et le gratin du manga et de l’animation lors du vernissage (Inoue Takehiko, Matsumoto Taiyô, Moriyama Kôji, Taniguchi Jirô, Urasawa Naoki, Terada Katsuya et beaucoup d’autres…) qui devrait attirer vos faveurs ; une fresque hommage complétée depuis par les visiteurs plus ou moins anonymes. Un bien beau final !

La rétrospective se tient jusqu’au 30 mai 2012. Foncez-y !

Informations billetterie (en japonais)
Chiyoda Arts Center
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Pleq – La mélancolie du son

Au début, avouons-le, on a cru qu’il était japonais. Autant d’amis ici, ça ne pouvait pas s’expliquer autrement. Tout faux. Pleq – de son vrai nom Bartosz Diadoz – est polonais, ce qui ne l’empêche pas de sortir certaines de ses productions sur des labels nippons, l’excellent Progressive fOrm notamment. Il est aujourd’hui dans NEON avec en bonus track exclusif le magnifique One night in Tokyo, un morceau signé Pleq et Aki Tomita.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.


NEON Magazine : Pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?
Pleq : Je m’appelle Bartosz Dziadosz. J’ai 28 ans, je suis philosophe et je travaille comme musicien expérimental.

NM : Lorsque vous parlez de votre musique, vous utilisez souvent les mots « glitch » et « mélancolie », est-ce que vous pouvez expliquer ces deux mots, et pourquoi ils sont si importants pour vous ?
Pleq : Ce sont deux mots qui correspondent parfaitement à ma musique même si elle ne se réduit pas à cela. Je n’ai pas la prétention de créer une musique d’un genre complètement nouveau, ou que la musique que je produis nécessite un nom à part. En fait, je crois que la plupart de mon travail a à voir avec la mélancolie, une mélancolie dans laquelle viennent s’introduite des éléments de glitch,les boucles par exemple.

NM : Vous semblez avoir beaucoup d’amis au Japon : Aki Tomita, Shintaro Aoki, Fraqsea, Hajimeinoue, etc. Comment expliquez-vous cette proximité ? Est-ce que cela signifie que votre musique a quelque chose en commun avec la sensibilité japonaise, ou quelque chose comme ça ?
Pleq : Je crois que ma musique se rapproche beaucoup de ce que peuvent faire tous ces artistes, mais ce ne sont pas les seuls et il y en a d’autres dans de nombreux pays. Je pense par exemple à Ametsub, qui a masterisé mon CD « Good Night Two » sorti en février 2011 chez Progressive Form. Il y a aussi mon ami manager du label mAtter (NDLR: Yukitomo Hamasaki) à Tokyo. Nous avons eu l’occasion de jouer ensemble à Wroclaw, en Pologne. Ça a été une expérience incroyable. Et pour ce qui est de la sensibilité, ça vient peut-être du fait que je suis fasciné par la culture japonaise. J’ai d’ailleurs l’impression que ma musique y est plus appréciée, mieux comprise que n’importe quel autre pays.

NM : J’aime tout particulièrement votre morceau One night in Tokyo, enregistré avec Aki Tomita, et j’ai été vraiment surpris en découvrant que vous n’étiez jamais allé à Tokyo. Comment avez-vous composé ce morceau ? Est-ce que vous aviez des images de Tokyo en tête ? Des sons ?
Pleq : Merci. Oui, c’est quelque chose d’étrange parce que je n’y suis encore jamais allé mais je travaille beaucoup avec Tokyo, mes CD sont vendus là-bas. En tout cas, oui c’est comme ça que j’imagine une nuit à Tokyo.

NM : Quelques mots sur vos projets à venir ? Des sorties prévues ?
Pleq : Ah, c’est une des mes questions préférées. À Noël dernier, j’ai sorti mon premier vinyl sur le label Berliner. Pour ce vinyl, j’ai collaboré avec Hiroki Sasajima et Harry Towell (Spheruleus). Un autre projet est une collaboration avec Jason (Offthesky) à partir de musiques de films mais je ne sais pas encore exactement quand ça va sortir. Je suis aussi en discussion avec Low Point, Experimedia et Spekk.
Un autre projet est un CD avec Hakobune qui devrait sortir en juin mais je ne sais pas encore sur quel label. Il y aussi des EP avec LUUP, un artiste grec qui joue de la flûte, ça devrait sortir sur le label islandais Wist Rec. Il y a aussi un double Box Cdr avec Spheruleus qui sortira sur Time Released Sound. Et enfin quelques complilations CD sur les labels Progressive FOrM et Mille Plateaux.

Neon magazine

14/4/12 – Womb 12th Anniversary

Neon magazineLe Womb (la matrice) fêtait ses 12 ans le 14 avril avec une belle brochette d’artistes (Shinichi Osawa, Dexpistols, Aki pour ne citer qu’eux)  et Neon était de la party, histoire de ne pas manquer cet événement d’un des grands clubs tokyoïtes. Accueil floral et parfumé à l’entrée, dégustation de sushis, des pin’s pour les chanceux et un peu plus loin, le dancefloor – la matrice donc -, qui pour ce jour spécial avait été redécoré : écrans géants, néons et une moquette blanche feutrée. Sur un piédestal, les artistes maîtrisaient la salle qui levait les yeux pour les voir et profiter de animations de Human.
Vivement les 13 ans !

– Programmation –
DJS
SHINICHI OSAWA, DEXPISTOLS, AKi, YUUKi MC, OHNISHI, SODEYAMA, Dr. SHINGO, TECHRIDERS, RYUSUKE NAKAMURA, SATOSHI OTSUKI, TAKUYA, KIKIORIX, AKR, RAHA, SON, TIMO, PUNCHI, HARRY, YMASA
VJ
NUMAN
LIGHTING
SAITO
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Bruce

Coïncidence – Adrien M / Claire B

Coïncidence, c’est Claire et Adrien. C’est une plasticienne et un danseur informaticien. C’est de la danse et du visuel. C’est un mélange de virtuel et de réel. C’est une performance dansée et jonglée. C’est magique, poétique et nous à Neon, on adore. Pour leur passage rapide à Tokyo en clôture du Mois du numérique, nous les avons rencontrés juste à la fin de leur performance le 7 mars dernier. Interview.

Neon magazine - BruceNeon magazine : pouvez-vous nous dire qui vous êtes et ce que vous faites ?
Adrien M : Moi, je suis jongleur et informaticien. J’ai commencé les deux en même temps, à la fac. Et j’ai travaillé dans l’informatique pendant une paire d’années avant de quitter pour me lancer sur la scène. On se donne à 300% sur les projets.
Claire B : On est partenaires sur la conception de ces spectacles. Moi, je suis plasticienne, donc designer graphique et scénographe.

NM : quels sont vos rôles dans le spectacle ?
CB : Adrien danse et moi j’anime les points et les lettres, toute la matière projetées avec lui, ce qui donne la sensation qu’il danse avec cette matière-là.

NM : Avez vous joué quelque part au Japon avant cette soirée de clôture du mois du numérique ?
AM : Non, nous étions en tournée en Thaïlande avant et nous sommes arrivés avant-hier…
CB : C’est une première au Japon ! (rires)

NM : pouvez-vous nous parler de vos tournées ?
AM : En fait, on aime beaucoup jouer à l’étranger parce qu’on travaille dans les arts visuels qui n’ont pas les barrières du langage qui se posent en général dans les spectacles. Et on adore découvrir de nouveaux endroits, de nouveaux gens.
CB : Le public en Asie est visiblement un public très attentif et enthousiaste.

NM : Quelles sont vos impressions par rapport à la scène japonaise ?
CB : Une écoute précise et fine du public qui nous a marquée.

NM : Quels sont vos projets à venir ?
AM : Il y en a plein !
CB : On déborde de projets !
AM : Il y a une exposition qui s’appelle « XYZT, les paysages abstraits » qu’on fait tourner et qui évolue constamment. On a aussi trois spectacles en tournée et on essaie de penser au prochain projet scénique qui est prévu pour début 2014.
CB : On espère revenir au japon avec une exposition qui permet aux spectateurs de rentrer dans un dispositif numérique et d’expérimenter cette matière numérique vivante.

Quelques photos de la soirée
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Voici la bande annonce du spectacle

Bruce

31/3/12 – Clash @ Ageha

Ce samedi 31 mars 2012, à Ageha, a eu lieu la soirée CLASH.
Un tel plateau a bien sûr fait salle comble et il va sans dire que la qualité musicale était au rendez-vous. On a eu aussi un gros coup de cœur pendant le set de Planetary Assault System, le saxophoniste présent sur scène a donné un peu plus de couleur à une performance qui était déjà excellente. Et aussi, les animations sur écran géant ont décoiffé.
Vivement la prochaine !

Programmation
[ARENA]
GUEST LIVE : Planetary Assault Systems a.k.a LUKE SLATER(UK)
LINE UP : Joel Mull(SWE), Takky Ishino, DJ Sodeyama, VJ : VJ Nakaichi
[ISLAND]
LIVE : dsitb
LINE UP : Shigeto Takahashi, Tadashi Oda, Aki Yoshioka, chivarhythm, Dazy a.k.a W.T.R, AGB
LIGHTING ART DIRECTION : KEVIN 8
[WATER]
GUEST : Masanori Morita
LINE UP : Dantz, TakuyaTokyo, DJ Ayumi and more
[BOX]
LINE UP : colorcolumn, sayuka, Masahiro Sato, ayabe, Rosso
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Nozomi Ishiguro – Taboo

Cedric Riveau
En dehors de la Japan Fashion Week de la semaine dernière, Nozomi Ishiguro a présenté sa collection automne-hiver 2012 dans le kitschissime club New Japan à Kabukicho ce 28 mars.
Sous le nom de « Taboo », Ishuguro san a composé des patchworks dans les tons gris et beige sous l’inspiration de Paul Celan et son poème de 1967 Ein Dröhnen.

Ein Dröhnen: es ist die Wahrheit,
selbst unter die Menschen getreten,
mitten ins Metapherngestöber.

Cliquez sur la photo suivante pour voir quelques exemples. Une fois ouverte, déplacez-vous de gauche à droite pour voir l’ensemble de la photo.
Cedric Riveau
La collection complète sur Fashion press.