AntiVJ, label visuel

AntiVJ, c’est quelques personnes qui se sont retrouvées autour d’un même concept sur la vidéo-projection. Cherchant à aller plus loin que le cadre un peu fermé du VJ, ils se sont pris par les coudes pour sortir des clubs, à la recherche d’endroits pour poser leurs projecteurs, que ce soit sur des objets de la ville ou des installations entièrement conçues par eux. Dans le cadre du festival du Mois du numérique, ils montent une « pièce » pour l’institut français de Tokyo du mercredi 8 au 24 février 2012, tous les soirs sauf le dimanche. Un vrai projet de vidéo mapping à Tokyo, ça faisait un moment qu’on voulait voir ça à Neon et qu’on voulait rencontrer les artistes.
Ce jour-là, en pleine préparation, ils étaient quatre pour représenter AntiVJ : Nicolas Boritch, Simon Geilfus, Romain Tardy et Thomas Vaquié. Rencontre.
Cedric Riveau
Neon magazine : AntiVJ, c’est quoi ?
Nicolas Boritch : On définit le groupe en tant que « label visuel », comme un label de musique mais du coup, visuel. Il y a donc des artistes visuels qui sont au nombre de 5 (Simon Geilfus, Romain Tardy (NDLR : présents lors de l’interview), Yannick Jacquet, Joanie Lemercier et Olivier Ratsi (NDLR : qui ne sont pas venus au Japon). Pour faire court, le label a démarré en 2007. À l’initiative de Joannie Lemercier qui avec Romain, Yannick et Olivier cherchaient à tirer les projections, à les sortir de l’écran.
Romain Tardy : On était tous VJ à la base déjà. On ne se connaissait pas vraiment si ce n’est pas internet, via des forums etc. Et c’est Joanie qui a donné cette impulsion de faire en sorte qu’on se rencontre car avec Nicolas, ils organisaient des soirées à Bristol en Angleterre avec un artiste ou un groupe visuel invité et des DJs. On se retrouvait dans ces soirées et ça été le point de départ.
NB : Oui, le lien, c’était ça en fait. Le point de départ du label, c’était les quelques projets de ces personnes-là et on avait ces points communs d’utiliser de la vidéo projection, d’être VJ mais on en avait un peu marre du format et du contexte dans lequel évoluait les VJs, un cadre contraignant : une image carrée, plate sur un écran, derrière un DJ, dans un club… un cadre qui restreint ce que tu peux faire. Du coup, surtout Yannick, Joanie et Romain ont commencé à faire des installations avec le vidéoprojecteur qui projetait des choses sur des objets en volume, des structures assez simples ou avec des matières transparentes comme des tissus pour Yannick. C’est le point de rassemblement qui est toujours au cœur du label : utiliser les projecteurs dans l’espace qui nous entoure.
RT : Il y a aussi la volonté d’abolir la frontière entre la vidéo et la lumière. Le projecteur devient une source de lumière et non un simple objet, un simple vidéoprojecteur. L’idée générale du vidéoprojecteur est de projeter un film ou quelque chose sur une surface. Là, on utilise cet outil là pour finalement projeter de la lumière qu’à certains endroits. Nous, on utilise cette technique pour augmenter des objets, avoir un contenu qui soit en relation avec le volume, avec l’objet et pas un simple contenu plat.

NM : On voit aussi dans votre travail les gens se déplacer à l’intérieur de la lumière.
RT : C’est ça !
NB : Oui, l’immersion. C’est toujours dans la même idée de projeter dans l’espace autour de nous plutôt que d’avoir des choses uniquement frontales. On a décliné ça à travers des projets sur différents types de formats. On travaille sur trois types de formats. Les projections architecturales, un « mapping » sur un bâtiment, les installations audiovisuelles présentées dans des galeries, des festivals et les performances audiovisuelles, les lives comme par exemple une collaboration de Simon avec Murcof (NDLR : voir la photo et les vidéos en page 2) qu’on développe depuis presque deux ans maintenant. On a aussi des scénographes où là on construit une scène qui devient un support de projection.

One Response to AntiVJ, label visuel

  1. Fred says:

    Je vais essayer de passer à Tokyo : ça a l’air vraiment sympa !

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