Tokyo vu par… Bruno Quinquet, photographe

Deux samedis par mois, « Tokyo vu par… » c’est le regard d’une personnalité de l’art, du design ou de la culture sur la ville : ses quartiers, ses magasins, ses souvenirs aussi. Un regard sincère et personnel sur Tokyo et autant d’idées de promenades et de découvertes.

Bruno Quinquet n’a pas toujours été photographe. A Paris, c’est comme ingenieur du son qu’il travaillait. Dans son fondement même, sa pratique de la photographie est donc indissociable de Tokyo, la ville qui l’a vue naître. Avec son Bureau d’études japonaises, il y photographie le réel, rien de plus mais rien de moins : Tokyo et ses intérieurs, Tokyo et ses salarymen dont les silhouettes dessinent la ville. Pour NEON Magazine, il a accepté de mettre en mots « son » Tokyo.

Neon magazineBruno Quinquet : « À ma première venue au Japon fin 2001, je ne me doutais pas que le bric-à-brac urbain que je voyais du train qui m’amenait de Narita à Tokyo deviendrait mon terrain de jeu dans une vie future. À l’époque, j’étais ingénieur du son parisien. Dix ans plus tard, me voila photographe Tokyoïte, à la tête d’un improbable « bureau d’études japonaises », atelier de recherches poétiques et photographiques.

Lorsque je me sens à cours d’inspiration pendant mes longues expéditions dans Tokyo, un passage au parc d’Hibiya s’impose. Cet écrin de verdure coincé entre ministères et quartiers d’affaires est pour moi un lieu de prédilection. J’y trouve le parfait cocktail business/nature qui forme la charpente de ma série « salaryman project ». Présenté sous forme d’agenda professionnel illustré, ce travail est une étude de la masculinité dans le monde de l’entreprise, doublé d’un jeu de cache-cache s’amusant de la tension entre photographie candide et vie privée. S’y exprime aussi un certain sens de la saison, perception qui s’est affinée chez moi au contact de la culture japonaise.

Un autre grand plaisir urbain est la découverte de vieux quartiers résidentiels. J’y glane des photos de boîtes aux lettres, fenêtres, plantes, tous ces signes extérieurs qui donnent une identité à chaque habitation et renseignent discrètement sur le style de vie de leurs résidents. De cette collecte est née la série 2LDK (appartement F3), photo collage ou j’installe des fenêtres inconnues dans des vues de mon propre appartement.

On reproche souvent aux villes tentaculaires de générer un certain anonymat. Personnellement, j’adore le sentiment d’isolement dans la foule et je me sens à l’aise avec la retenue japonaise. Je pense que ma découverte de la photographie au Japon m’a permis d’exprimer mon approche contemplative et intériorisée de la ville. »

Photos Bruno Quinquet

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